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Transmission de la COVID-19 par l’air : « Des preuves émergent », reconnaît l'OMS

Un homme qui porte une blouse de protection et un masque ajuste sa visière.

L'OMS reconnaît que des preuves commencent à émerger quant à la transmission du nouveau coronavirus par aérosols, soit de fines gouttelettes qui demeurent en suspension dans l'air.

Photo : Getty Images / Mario Tama

Radio-Canada

Des preuves commencent à émerger sur la transmission par l'air de la COVID-19, a reconnu mardi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), après qu'un groupe de scientifiques de partout dans le monde eut sonné l'alarme quant à ce mode de contagion, la veille.

Nous reconnaissons que des preuves émergent dans ce domaine et, par conséquent, nous devons être ouverts à cette possibilité et comprendre ses implications, a déclaré Benedetta Allegranzi, une responsable de l'OMS, lors d'une conférence de presse virtuelle.

La veille, un groupe composé de 239 scientifiques provenant de 32 pays avait sonné l'alarme quant à ce mode de contagion dans un article publié dans la revue Clinical Infectious Diseases. La Dre Caroline Duchaine, qui est professeure de microbiologie et directrice du Laboratoire de recherche sur les bioaérosols de l'Université Laval, fait partie des signataires.

Les particules qu'on appelle aérosols sont des particules pour lesquelles la gravité n'agit à peu près pas, donc elles restent dans l'air et suivent les courants d'air, un peu comme un gaz finalement, elles vont se promener un petit peu, a expliqué la Dre Duchaine en entrevue à 24•60.

Ce que la lettre demande à l'OMS, c'est de reconnaître ce risque-là, mais dans certaines situations particulières [...] : les endroits avec beaucoup d'achalandage, donc plusieurs personnes, contacts prolongés et mauvaise ventilation.

On revient à la situation des CHSLD, où c'est ce qui se passe, a-t-elle ajouté. Il y a beaucoup de gens malades, il y a un contact prolongé et il n'y a pas de ventilation dans plein d'endroits.

Transmission de la Covid-19 par l’air : des preuves émergent

La missive de ce groupe de scientifiques a donc porté ses fruits, puisque mardi, l'OMS a admis que cette possibilité d'une transmission par voie aérienne dans les lieux publics, particulièrement bondés, ne peut pas être exclue.

Or, les preuves doivent toutefois être rassemblées et interprétées, a soutenu Benedetta Allegranzi, une responsable de l'OMS, lors d'une conférence de presse virtuelle, recommandant une ventilation efficace dans les lieux fermés, une distanciation physique.

Lorsque ce n'est pas possible, nous recommandons le port du masque, a-t-elle ajouté.

L'OMS devrait publier une fiche d'information « dans les prochains jours » au sujet de ce mode de transmission. Reste à voir si l'organisation onusienne reverra ses recommandations au public.

« Une tempête dans un verre d'eau »

En Colombie-Britannique, la médecin hygiéniste en chef, Bonnie Henry, estime que l'article signé par ce groupe de scientifiques ne fait que « fomenter la controverse » et que le désaccord entourant la transmission de la COVID-19 par l’air fait toujours l'objet d’un débat, à l'instar d’autres maladies telles que l’influenza.

Je pense qu’il s’agit un peu d’une tempête dans un verre d’eau. Nous sommes d’accord sur les extrêmes, mais nous ne nous entendons pas sur l’importance à accorder à ce qui se trouve entre ces extrêmes, a-t-elle expliqué lundi lors de son point de presse.

Depuis le début de la pandémie, la Dre Henry soutient, comme le dit l'OMS, que la COVID-19 se transmet par les gouttelettes projetées par le nez et la bouche, qui retombent relativement rapidement.

Un virus transmissible par l’air serait quant à lui en mesure de voyager par les conduites d’aération, ce qui n’est pas le cas du SRAS-CoV-2, soutient la Dre Henry.

Ce n’est pas transmissible sur de longues distances par les conduites d’aération. Nous sommes tous d’accord avec ça, tranche-t-elle.

La preuve de la transmission n'est pas encore complètement faite, a reconnu la Dre Duchaine. Mais parmi les informations scientifiques qu'on a, il y a de petites évidences, a-t-elle ajouté, soutenant que quelques cas ont été documentés dans le monde, notamment dans un restaurant en Chine, où l'air a semblé jouer un rôle dans la transmission.

Enquête sur les origines du virus

Des experts de l'OMS se rendront en Chine cette fin de semaine pour préparer une étude sur les origines du nouveau coronavirus, apparu en décembre dans la province de Wuhan, et sur la manière dont il a été transmis aux humains par les animaux.

« Le meilleur endroit pour commencer est évidemment celui où la maladie est pour la première fois apparue chez les humains, et c'est à Wuhan que la maladie a émergé, que les premiers foyers de pneumonies atypiques ont été observés », a ainsi expliqué le Dr Mike Ryan, directeur des programmes d'urgence de l'OMS.

Durement critiquée par les États-Unis et d'autres pays qui l'accusent d'opacité et de réponse tardive face à l'épidémie, la Chine dit avoir toujours agi avec transparence, dès l'apparition du coronavirus.

L'étude de l'OMS sera menée en étroite concertation avec les ministères chinois impliqués dans la gestion de l'épidémie, a promis le Dr Ryan.

Les États-Unis ont par ailleurs entamé officiellement leur retrait de l'OMS, qu'ils accusent d'être trop indulgent face à la Chine et d'avoir tardé à réagir pour endiguer la pandémie.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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