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L’arrestation musclée d’une adolescente d’origine philippine dénoncée à Montréal

Gros plan sur un badge du SPVM sur la manche d'une chemise.

Le SPVM assure que les interventions de ses agents visent des infractions et non pas des personnes selon leurs origines ethniques, leur sexe ou leur âge.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada

La mère d'une jeune fille de 15 ans arrêtée de façon musclée par des policiers, la semaine dernière, dans un parc de l'arrondissement de Notre-Dame-de-Grâce, veut rencontrer le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Lisa Sim estime que sa fille, d'origine philippine, a été victime de profilage racial.

Parmi un groupe d'une trentaine de jeunes qui ne respectaient pas la distanciation physique et qui consommaient de l'alcool, Jia Li Riddell est la seule à avoir été arrêtée de façon musclée.

L’adolescente a été projetée au sol par un policier qui procédait à son arrestation. La scène a d’ailleurs été filmée par une personne qui se trouvait avec le groupe.

Il n’y a aucune raison pour qu'ils [les policiers] aient été si agressifs avec ma fille, a soutenu sa mère, Lisa Sim.

On se demande pourquoi toute cette escalade-là, surtout avec [des] jeunes, a-t-elle ajouté.

Portrait de Lisa Sim qui donne une entrevue à la télé.

Lisa Sim estime que sa fille de 15 ans a été victime d'une arrestation arbitraire par les policiers du SPVM.

Photo : Radio-Canada

Le 29 juin dernier, lorsque des cadets ont demandé au groupe de jeunes de quitter le parc Notre-Dame-de-Grâce pour respecter la distanciation physique, Jia Li Riddell affirme avoir obtempéré. Puis, la police est arrivée sur les lieux.

Elle a vu des policiers courir après elle, a relaté Lisa Sim. La vidéo montre un agent qui jette l'adolescente au sol, mais elle ne montre pas ce qui s'est déroulé juste avant.

Elle dit que ce n'est pas juste. Elle était la seule minorité, et aucune autre personne n'a eu les mêmes mesures qu’elle, a encore expliqué la mère de l’adolescente.

L’invitation est ouverte pour venir nous parler et discuter, et être sûr que ça n’arrive pas à d’autres jeunes dans le futur, a lancé Lisa Sim à l’intention du chef du SPVM.

Arrestation d'une jeune fille d'origine philippine

Une politique contre le profilage attendue

Pour le moment, le dossier de l'adolescente, qui a déjà reçu une contravention de 120 $ pour avoir consommé de l’alcool dans un parc, est entre les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Des accusations d'entrave et de résistance à son arrestation pourraient être déposées.

Le SPVM n’a donc pas souhaité réagir directement à cette histoire. On affirme toutefois que les interventions visent des infractions et non des personnes en fonction de leur origine ethnique, de leur sexe ou de leur âge.

Cet incident survient à la veille de la présentation, mercredi, par le chef du SPVM de sa politique d'interpellations policières. Celle-ci était promise à la suite d'un rapport qui fait état de préjugés systémiques au sein du corps policier envers les Noirs, les Arabes et les Autochtones.

La mairesse de Montréal s'attend à ce que les choses changent grâce à cette nouvelle politique. On a reconnu via une déclaration qu'il y a du racisme systémique, alors il est évident que je m'attends à ce que le corps policier de la Ville de Montréal adhère à ces principes-là, et fasse preuve de sensibilité et d'écoute, a indiqué Valérie Plante.

Aussi, à l'instar de Toronto, le conseiller d'arrondissement de Côte-des-neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Marvin Rotrand, déposera une motion en faveur d'une réforme du service de police.

On veut s’assurer qu'ils peuvent travailler en toute sécurité, mais on doit s’assurer également qu'ils travaillent en toute légalité et que la population est respectée, soutient le conseiller.

Avec les informations de Valérie-Micaela Bain

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