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L'Association des parents noirs de l'Alberta réclame des excuses au CSCN

Un groupe de personnes Noires tiennent des pancartes devant un édifice.

L'Association des parents noirs de l'Alberta veut que des mesures soient mises en place avant la rentrée.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Dans une pétition signée par plus de 500 personnes, l'Association des parents noirs de l'Alberta (APNA) dénonce le racisme, la discrimination directe, indirecte et systémique dans les écoles élémentaires et secondaires du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN).

D’ailleurs, 35 membres de l’association ont manifesté lundi devant les locaux du conseil scolaire pour exiger la fin du racisme et des excuses officielles de la direction. Parmi eux figurait Apatcho Coulibaly, une mère de deux enfants qui réclame l'égalité dans les écoles francophones.

Portrait d'une femme noire.

Apatcho Coulibaly étudie au Campus Saint-Jean pour devenir enseignante.

Photo : Radio-Canada / Nathan Gross

Nous souhaitons avoir le respect, le respect, franchement le respect. Nous sommes noirs, oui, c’est vrai, mais nous méritons le respect duCSCN affirme Mme Coulibaly, qui étudie également pour devenir enseignante : nous constatons un racisme systémique dans l’embauche, le recrutement dans les écoles du CSCN.

Un constat que dénonce également Dieudonné Bessasse, coordinateur à l’APNA et parent d’un enfant qui étudie dans une des écoles francophones d'Edmonton.

Un homme tient un mégaphone.

Dieudonné Bessasse demande au Conseil scolaire Centre-Nord de prendre des mesures appropriées pour embaucher plus d'enseignants Noirs.

Photo : Radio-Canada / Nathan Gross

Il déplore le manque de représentation chez les enseignants, mais aussi au niveau de l’administration. Environ 40 % de la clientèle de cette école sont des élèves noirs ou des élèves issus de minorités, mais les enseignants dans leur intégralité, jusqu’à la direction [...], sont tous des personnes blanches, pour ainsi dire, ajoute M. Bessasse.

Une pancarte sur laquelle il est écrit : ''nos enfants doivent être respectés dans les écoles du Conseil scolaire Centre-Nord''.

Les parents noirs estiment que la discrimination dans les écoles du Conseil scolaire Centre-Nord désavantage leurs enfants.

Photo : Radio-Canada / Nathan Gross

Selon lui, il faut recruter plus d’enseignants noirs, car ils connaissent mieux la réalité des enfants de la diversité : Il y a des élèves réfugiés qui viennent de zone de guerre, comme la République démocratique du Congo. [...] Un enseignant noir comprendra mieux la psychologie dans laquelle se trouve l’enfant.

Une plainte récurrente

Ce n’est pas la première fois que ce conseil scolaire fait face à de telles accusations. En 2014, la première pétition du genre avait recueilli 500 signatures. Les réactions à cette pétition avaient enclenché la création du Comité ad hoc intégration professionnelle, présidé par Karen Doucet.

Des manifestants marchent sur le trottoir en tenant des pancartes.

Les manifestants scandent : « Nous sommes Noirs et francophones ».

Photo : Radio-Canada / Nathan Gross

Dans le bulletin de la réunion mensuelle du 16 juin 2015, on peut d'ailleurs lire que le conseil scolaire a accepté le rapport de Karen Doucet, qui proposait plusieurs recommandations, comme l’adoption du Plan d’action 2015-2018 pour modifier les politiques, procédures et pratiques d’embauche au sein du CSCN.

Le directeur général actuel du CSCN, Robert Lessard, dit que les changements n'arrivent pas du jour au lendemain, mais affirme toutefois que 22 % des enseignants dans ses écoles sont issu de la minorité visible.

Robert Lessard, directeur du Conseil scolaire Centre-Nord

Robert Lessard est le directeur général du Conseil scolaire Centre-Nord depuis 2016.

Photo : Radio-Canada

On reconnaît qu'il y a des choses qui ont eu lieu dans le passé et qui peut-être perdurent encore aujourd'hui et on veut certainement s'améliorer, dit le directeur général de ce conseil scolaire.

Mais selon le directeur général de Francophonie albertaine plurielle (FRAP), Alphonse Ahola, il y a un manque de bonne volonté.

Alphonse Ahola, président de Francophonie albertaine plurielle (FRAP), a formé une coalition pour demander plus d'autonomie pour le Réseau en immigration francophone de l'Alberta, le RIFA.

Alphonse Ahola reconnaît tout de même que le conseil scolaire essaie de trouver une façon d'améliorer la situation.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Pelletier

Il affirme que de nombreux enseignants noirs formés dans les universités canadiennes comme le Campus Saint-Jean à Edmonton restent suppléants pendant de nombreuses années, sans espoir de recrutement permanent.

Ce n'est pas compréhensible que la majorité ou tout au moins une majorité des enseignants qui sortent de ces écoles, qui ont la qualification, ne puissent pas trouver de poste d'enseignant dans nos écoles, complète le directeur de la FRAP.

Avec des informations d'Andréane Williams.

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