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L'hydroxychloroquine « à long terme » ne protège pas des formes graves de COVID-19

Une main qui tient du Plaquenil.

Un paquet de Plaquenil qui contient de l’hydroxychloroquine, un traitement actuellement étudié pour soigner la COVID-19.

Photo : afp via getty images / GERARD JULIEN

Agence France-Presse

Les patients traités « à long terme » avec de la chloroquine ou de l'hydroxychloroquine, notamment pour des maladies auto-immunes, n'ont pas été moins touchés par des formes graves de la COVID-19 durant l'épidémie, montre une étude française.

Cette étude, menée sur près de 55 000 patients, ne suggère pas de rôle préventif de l'utilisation des antipaludéens de synthèse (APS) au long cours sur le risque de survenue d'une hospitalisation, d'une intubation ou d'un décès liés à la COVID-19, concluent ses auteurs.

Même si la nature observationnelle de l'étude ne permet pas de conclure formellement à l'absence de bénéfice des antipaludéens de synthèse pour la prévention d'une forme sévère de la COVID-19, ces résultats ne plaident pas en faveur d'une utilisation préventive de l'hydroxychloroquine dans la population, y compris la population la plus à risque, et ce, en dehors d'essais thérapeutiques dédiés, insistent les chercheurs.

Ils ont étudié l'ensemble des personnes ayant reçu au moins six délivrances remboursées d'antipaludéens de synthèse (hydroxychloroquine ou chloroquine) entre le 1er janvier 2019 et le 15 février 2020, dont la dernière au cours du dernier trimestre 2019 ou début 2020.

L'hydroxychloroquine, dérivée de l'antipaludéen chloroquine, est en particulier prescrite dans le traitement de maladies auto-immunes, comme le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.

Les résultats mettent même en évidence un surrisque d'hospitalisation, d'intubation et de décès liés à la COVID-19 parmi les patients sous APS au long cours par rapport à la population générale française.

Mais les analyses réalisées suggèrent que ce surrisque est expliqué par les caractéristiques liées à la pathologie chronique sous-jacente de ces patients, notamment la comédication par corticoïdes oraux, plutôt que par l'exposition aux APS elle-même.

Cette étude a été réalisée par Epi-phare, structure réunissant l'Agence du médicament (ANSM) et l'Assurance maladie, à partir des données de cette dernière (en particulier les remboursements de médicaments) et des dossiers médicaux des hôpitaux (dates d'hospitalisation, diagnostics, actes médicaux et médicaments délivrés, etc.).

La plupart des essais cliniques testant l'hydroxychloroquine ont été stoppés fin mai, après la publication d'une étude négative dans la revue médicale The Lancet (rétractée par la suite après des soupçons de fraude), puis après les résultats début juin d'un vaste essai britannique, Recovery, selon lesquels l'hydroxychloroquine ne montre pas d'effet bénéfique pour les malades de la COVID-19.

En France, l'autorisation dérogatoire de prescription de l'hydroxychloroquine à l'hôpital dans le traitement de la COVID-19, en dehors des essais cliniques, a été retirée le 4 mai.

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