•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Montréal n’a pas besoin de permission pour imposer le masque, estime Valérie Plante

La mairesse, Valérie Plante, porte un masque.

La mairesse Plante, qui a notamment participé à une distribution de masques en mai dernier, estime que les villes ont le pouvoir d'imposer de telles mesures par voie de règlement.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La mairesse de Montréal, qui a annoncé lundi que le port du masque sera obligatoire dans les lieux publics intérieurs de la ville à compter du 27 juillet, estime qu’elle n’a aucune permission à demander au gouvernement du Québec pour instaurer un tel règlement.

En entrevue à Radio-Canada, mardi, Valérie Plante a défendu la légitimité politique d’une telle décision sur le territoire de la métropole.

Il faut savoir que les villes, on a un règlement municipal, et chaque ville peut décider de mettre en place des règlements. D’ailleurs, la petite Ville de Côte-Saint-Luc a décidé en fin de semaine de mettre en place un règlement [sur le port obligatoire du masque]. Alors, je n’ai pas besoin de la permission [de Québec], mais bien sûr, ça se fait toujours en collaboration, en toute transparence, a déclaré la mairesse.

Valérie Plante est d'avis que le port du masque obligatoire dans les espaces publics fermés s'inscrit dans la continuité des mesures de protection adoptées jusqu’ici pour éviter de devoir se remettre en confinement, surtout dans la ville la plus touchée du Canada par la pandémie de coronavirus.

Quand le gouvernement a décidé de rendre le port du masque obligatoire dans les transports collectifs […] moi, j’ai décidé d’aller plus loin assez rapidement, parce que Montréal, ça a été ici l’épicentre.

Honnêtement, je préfère agir trop vite que d’agir trop tard. […] Pour moi, c’est juste le pas supplémentaire, ce vers quoi on s’en allait de toute façon.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Québec n'était pas au courant, mais y pense

Questionné par les journalistes en point de presse sur la démarche de l’administration Plante, le premier ministre du Québec, François Legault, a précisé qu’il n’était pas au courant de la volonté de la mairesse d’imposer le port du masque dans les lieux publics intérieurs et qu’il l’avait appris lundi, en même temps que les médias.

Sans manifester un enthousiasme débordant pour l’initiative, François Legault a précisé qu’une telle mesure fait partie des prérogatives des villes et que Mme Plante peut prendre cette décision-là, comme l’ont fait les gens de Côte-Saint-Luc.

Je ne suis pas fermé à cette idée, ça fait partie des scénarios qu’on a examinés, a ajouté le premier ministre.

François Legault ainsi que le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, disent réfléchir à la possibilité d’étendre l’obligation du port du masque dans les lieux publics fermés à l'extérieur de Montréal.

De passage mardi à Joliette, le Dr Arruda a indiqué qu’il évaluait les avantages et les inconvénients de recommander au gouvernement de rendre le port du masque obligatoire. Il a dit notamment craindre qu'une obligation n'incite une partie de la population à y résister et à s'y opposer.

Ce que je peux dire, c'est qu'on a des discussions très intenses à ce sujet-là avec le cabinet du premier ministre, a-t-il affirmé. On a toujours voulu avoir une approche par étapes. Faire confiance à la population du Québec parce que la coercition, ça a ses effets pervers.

Tout en précisant qu’une décision reviendrait ultimement au gouvernement, le directeur national de santé publique a indiqué que ses équipes étaient en train de faire les dernières analyses par rapport à cet enjeu et qu'il l'évaluait lui-même très, très fortement.

Le port du masque obligatoire : entrevue avec Cécile Tremblay

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une décision justifiée

Selon Valérie Plante, l'épreuve qu'a traversée Montréal au cours des derniers mois justifie amplement cette décision.

Le gouvernement agit pour l’ensemble de la province, et ça, je le respecte, mais il y a 5000 personnes qui sont décédées à Montréal, rappelle la mairesse. Notre économie a souffert et continue à en souffrir.

Moi, je suis sur le terrain, et ce que les gens me disent c’est : "On ne veut pas que ça se reproduise".

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Mais qu’entend exactement la mairesse par lieux publics?

D'après Mme Plante, il s’agit de s’assurer que les règles sanitaires sont respectées là où il y a des gens qui se rassemblent, ce qui inclut les bars et les restaurants.

Valérie Plante en entrevue à l'extérieur.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Photo : Radio-Canada

Amendes et fermetures possibles

Pour veiller au respect du règlement, la mairesse propose un ensemble de mesures, sans toutefois exclure la fermeture des établissements qui refuseront de s’y plier.

Pour moi, c’est un cocktail de mesures; en général, c’est ce qui marche le mieux. […] Le port du masque à l’intérieur des bars et des restaurants, je pense que c’est une bonne chose, parce que ça va sensibiliser les gens au fait que, même si la soirée avance et qu’on a pris quelques verres, ce masque-là est important. Le virus, il est là, il ne disparaît pas, explique Mme Plante.

Mais fermer des établissements, ça va à un autre niveau, et le gouvernement du Québec doit nécessairement s’impliquer, concède Valérie Plante qui prévoit cependant des amendes à l'égard autant des citoyens que des établissements qui ne respecteront pas la réglementation.

Après que j’[aurai] passé le règlement, il va y avoir des amendes pour les individus, mais également pour des établissements récalcitrants, précise Valérie Plante. […] Si ça fait plusieurs fois qu’il y a des policiers qui se rendent et qui donnent des contraventions et que, clairement, le commerçant ou le propriétaire continue, bien, il va falloir qu’on passe à une autre étape.

Ce n’est pas souhaitable, mais à un moment donné, il faut que, collectivement, on soit responsable, conclut la mairesse.

Manifestation antimasque à Saint-Jérôme

Des citoyens brandissent des affiches et scandent des slogans.

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté à Saint-Jérôme contre les mesures imposées depuis des mois maintenant par le gouvernement pour lutter contre la pandémie de COVID-19.

Photo : Ivanoh Demers

Mais l'imposition du port du masque dans les lieux publics intérieurs et les transports en commun ne fait pas que des heureux. De l'avis de certains citoyens, il s'agit d'une privation de liberté injustifiée, décidée par les gouvernements.

Plusieurs dizaines de personnes se sont d'ailleurs rassemblées mardi à Saint-Jérôme, dans les Laurentides, où le premier ministre Legault était de passage, pour manifester leur colère contre l'imposition des mesures de distanciation et du port du masque dans les lieux publics. Si certains trouvent abusives ces exigences, d'autres remettent carrément en cause l'existence même du virus.

Interrogé sur la colère exprimée par ces manifestants, François Legault a déclaré : On a eu plus de 5000 décès, c'est vrai, le virus. [...] Je comprends qu'en exigeant de porter un masque ça brime certaines libertés, mais c'est pour le bien collectif. On veut sauver le maximum de vies, ce n'est pas pour le plaisir qu'on demande aux gens de porter un masque.

Même s'il a affirmé ne pas être d'accord avec les gens qui remettent en doute l'existence du virus, François Legault a dit comprendre les gens qui demandent au gouvernement de tenir compte des inconvénients qu'entraînent ces mesures, notamment pour la relance de l'économie.

Tout est une question d'équilibre, a conclu le premier ministre, en ajoutant qu'il est impossible de plaire à tout le monde et à sa mère.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique municipale

Politique