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Sécurité ferroviaire compromise à Shawinigan?

Une voie ferrée.

En Mauricie, des citoyens s'inquiètent pour leur sécurité.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Une récente décision du Canadien National (CN) entraîne la suppression de plusieurs emplois de grandes qualités à Shawinigan, mais selon l’Union des municipalités du Québec, elle place aussi la population à risque; particulièrement les gens qui demeurent aux abords d’un chemin de fer.

Au cours des derniers mois, le Canadien National a diminué considérablement ses activités de tri à Shawinigan. Ces manœuvres consistent essentiellement à retirer ou ajouter des wagons à un convoi afin de livrer différentes matières dans d’autres régions.

Depuis vendredi, la gare de triage Garneau n’est plus considérée par la compagnie comme un centre désigné. Les activités y seront de plus en plus rares.

Ce qui inquiète les citoyens, c’est qu’après chaque manœuvre de tri, la Loi sur les transports ferroviaires exige une inspection complète du train.

Pour entendre une entrevue sur le sujet avec le maire de Shawinigan, Michel Angers, à l'émission 360 PM, c'est ici.

À Charette, le train qui transporte des produits chimiques et pétroliers passe en plein coeur du village.

On parle de vies humaines. Notre école est tout près de la voie ferrée. C’est de minimiser les risques. Plus il y a d’inspections, moins les risques sont élevés, soutient le maire de Charette, Claude Boulanger.

En ne s’arrêtant plus en Mauricie pour du triage, c’est un point de contrôle potentiel de moins pour un train de marchandises qui, par exemple, circulerait de Saguenay à Montréal ou même de Montréal à l’Abitibi.

Si l’inspection se fait à Montréal, rendu ici ça se peut qu’il soit rebrisé.

Claude Boulanger, maire de Charette

Chaque jour, entre 250 et 550 wagons y étaient habituellement inspectés selon le syndicat des travailleurs.

On met la population à risque. Ce qu’on craint ce sont des événements comme on a connu il y a sept ans à Lac-Mégantic. Des événements comme on connaît périodiquement, comme c’est arrivé au nord de Parent il y a quelques semaines, un déraillement de 18 wagons.

Jean-Maurice Matte, maire de la municipalité de Senneterre

Plus on demande à un convoi de faire une longue distance, plus on met en péril la sécurité ferroviaire. Je suis d’une région qui est l’Abitibi-Témiscamingue. Nos wagons qui partent de chez nous passent par chez vous, par le centre de triage Garneau. Pour nous, il est très important que l’ensemble de ces wagons soient inspectés le plus souvent possible. Il y a comme un désengagement en ce moment du Canadien National envers les régions, on le sent très bien, explique le maire de Senneterre.

Le CN estime que tout est sécuritaire puisque des inspections complètes se feront encore lors des manœuvres de triages dans d’autres gares ainsi qu’avant le départ du train, mais ça ne rassure pas pour autant les résidents des secteurs par où passe le train.

Je ne voudrais pas voir un wagon dérailler chez nous parce qu’il n’y a pas eu d’inspection faite correctement durant le parcours. Pour nous, ici dans notre coin à Saint-Boniface, c’est une sécurité que d’avoir des inspections réalisées dans un centre de triage et c’est la même chose dans bien d’autres régions du Québec, explique Magalie Beaulieu qui réside en bordure du chemin de fer.

Étrange coïncidence

Cette décision devient effective au moment même où l’on soulignait lundi le septième triste anniversaire de la tragédie de Lac-Mégantic.

Selon le maire de Senneterre et président du comité ferroviaire de l’Union des municipalités du Québec, le Canadien National (CN) a pris une décision qui va à contresens de la volonté publique et politique d’accroître la sécurité ferroviaire au Québec.

Joint par Radio-Canada, le porte-parole de Transports Canada, Simon Rivet, a confirmé que l’organisation a été saisie du dossier.

Transports Canada procède actuellement à des activités de surveillance et des inspections du matériel roulant, en vertu de la Loi sur la sécurité ferroviaire et de ses règlements pour nous assurer qu’il n’y a pas de risque identifié. S’il s’avérait que des cas de non-conformité et des risques potentiels soient identifiés, Transports Canada n'hésitera pas à prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité ferroviaire, soutient-t-il.

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Mauricie et Centre du Québec

Transports