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Le réchauffement climatique actuel annule les effets de 6500 ans de refroidissement

La Terre vue de l'espace.

La Terre vue de l'espace.

Photo : NASA

Radio-Canada

Le réchauffement observé dans les 150 dernières années a complètement annulé les effets du refroidissement global des six derniers millénaires.

Les travaux du Pr Darrell Kaufman et de son équipe de la Northern Arizona University montrent que l'accélération des émissions de gaz à effet de serre a contribué à ce que les températures moyennes mondiales dépassent aujourd'hui de plus de 1 °C celles du milieu du 19e siècle.

L'équipe américaine, avec l’aide de scientifiques de partout dans le monde, a reconstitué la température moyenne de la planète durant les 12 000 dernières années, une période géologique connue sous le nom d'Holocène qui a suivi la dernière grande ère glaciaire.

Un nouveau refroidissement stoppé

Avant le réchauffement climatique, il y avait un refroidissement de la planète, expliquent les chercheurs dans un communiqué publié par l’Université.

Des travaux antérieurs avaient montré que la planète s'est naturellement et lentement refroidie pendant au moins 1000 ans avant le milieu du 19e siècle, où la température moyenne mondiale a inversé sa trajectoire en même temps que l'accumulation de gaz à effet de serre.

Extrait de l'étude

Cette étude, basée sur une nouvelle compilation de données paléoclimatiques déjà publiées, combinée à de nouvelles analyses statistiques, montre donc qu’un refroidissement planétaire avait commencé il y a environ 6500 ans.

Plus tôt cette année, un groupe international de 93 paléoclimatologues de 23 pays avait publié un ensemble de données paléoclimatiques des 12 000 dernières années, compilant 1319 données basées sur des échantillons prélevés sur 679 sites dans le monde.

À chaque endroit, les chercheurs ont analysé les informations écologiques, géochimiques et biophysiques des archives marines et terrestres, telles que les dépôts lacustres, les sédiments marins, le pergélisol et la glace de glaciers, afin de déduire les changements de température passés.

Le taux de refroidissement qui a suivi le pic de chaleur était subtil, d’environ 0,1 °C sur 1000 ans, explique le chercheur Michael Erb dans un communiqué.

Ce refroidissement semble dû à des cycles lents dans l'orbite de la Terre, qui ont réduit la quantité de lumière du soleil en été dans l'hémisphère Nord, culminant dans le petit âge glaciaire observé dans les derniers siècles.

Michael Erb

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Nature Research’s Scientific data (Nouvelle fenêtre) (en anglais) expliquent que depuis le milieu du 19e siècle, le réchauffement climatique a atteint environ 1 °C, ce qui suggère que la température mondiale moyenne de la dernière décennie (2010-2019) a été plus élevée que jamais au cours de la période postglaciaire actuelle.

L’un des coauteurs de l’étude, Nicholas McKay, qui a développé certaines des approches statistiques pour synthétiser les données, note que les décennies ne sont pas prises en compte individuellement dans la reconstruction des températures sur 12 000 ans, ce qui rend difficile la comparaison avec les décennies plus récentes.

La dernière décennie sera probablement plus froide que ce que seront celles du reste de ce siècle et au-delà, qui continueront très probablement à dépasser de 1 °C les températures préindustrielles, explique-t-il dans le communiqué.

Il est possible que la dernière fois que la température mondiale moyenne a été supérieure de 1 °C au 19e siècle a été observée avant la dernière période glaciaire, il y a environ 125 000 ans, lorsque le niveau de la mer était supérieur d'environ 6 mètres à celui d'aujourd'hui.

Darrell Kaufman

Des connaissances importantes

L'étude de l’évolution naturelle des températures dans l'espace et dans le temps nous aide à comprendre et à quantifier les processus à l'origine du changement climatique, ce qui est important pour nous préparer aux changements climatiques futurs dus à des causes tant humaines que naturelles, explique Cody Routson, qui a également participé à ces travaux.

Notre climat futur dépendra en grande partie de l'influence des facteurs humains, en particulier l'accumulation des gaz à effet de serre. Cependant, il sera également influencé par des facteurs naturels, et il sera compliqué par la variabilité naturelle du système climatique, note Cody Routson.

Les projections futures du changement climatique seront améliorées par une meilleure prise en compte des facteurs tant anthropiques (causés par l’humain) que naturels, conclut Cody Routson.

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