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Service Canada reste confiné, des citoyens sont exaspérés

La fermeture prolongée des bureaux rend impossibles les rendez-vous en personne pourtant nécessaires pour obtenir certains documents officiels.

Des gens font la file devant un bureau de Service Canada.

En raison du coronavirus, Service Canada recommande que les demandes d'assurance-emploi soient soumises en ligne (photo datant du 19 mars 2020).

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Près de quatre mois après le début du confinement, les centres de Service Canada demeurent fermés au public. Des voix s’élèvent pour que le gouvernement fédéral accélère leur réouverture, et elles soulignent que les citoyens qui ont besoin d’aide directe sont livrés à eux-mêmes.

Le bureau de circonscription du député de Richmond–Arthabaska, Alain Rayes, semble presque transformé en succursale de Service Canada. L’élu conservateur affirme être inondé d’appels de citoyens et d’entrepreneurs à la recherche d’informations sur les différents programmes fédéraux.

Mise à jour :

Quelques heures après la publication de ce reportage, Service Canada a finalement fait savoir que le gouvernement canadien recommencera dans les prochains jours à offrir certains services en personne.

N’importe quel député de n’importe quel parti politique pourrait vous le dire. Cette frustration est généralisée, soutient-il. Les gens ne savent plus de quel bord se lancer pour avoir de l’information.

C’est un fiasco en terme d’aide directe aux citoyens.

Alain Rayes, député conservateur de Richmond–Arthabaska

Ottawa a annoncé la fermeture des bureaux de Service Canada le 27 mars, en indiquant que la prestation de services se ferait dorénavant en ligne et par téléphone. Dès le début, certains se sont inquiétés de cette fermeture, affirmant qu’il s’agissait d’un service essentiel.

Des mois plus tard, le député Rayes s’explique mal le statu quo, d’autant plus que le déconfinement est bien amorcé dans la plupart des provinces. On a l’impression que c’est improvisé. Ça n’a aucun bon sens le délai [et] le fait qu’on n’a pas de date de retour au travail, déplore-t-il.

Alain Rayes, député du Parti conservateur du Canada dans la circonscription de Richmond-Arthabaska, à la Chambre des communes à Ottawa.

Le lieutenant politique du Parti conservateur du Canada au Québec, Alain Rayes

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

De son côté, le bureau du ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social Ahmed Hussen, responsable du dossier, n’avance toujours pas de date de réouverture pour les bureaux de Service Canada.

Dans un courriel, on rappelle que le gouvernement a fermé ses points de service pour assurer la sécurité des fonctionnaires et des citoyens. Une source gouvernementale indique néanmoins qu'une annonce de réouverture devrait être faite prochainement.

Le casse-tête d’une diplômée

Si le gouvernement fédéral a tant bien que mal tenté d’offrir des services à distance, certaines prestations doivent se faire en personne et sont donc annulées jusqu’à nouvel ordre. C’est le cas de la collecte de données biométriques, un exercice nécessaire pour obtenir un permis de travail.

Depuis le mois de mars, les projets de carrière de nombreux immigrants sont donc mis en veilleuse, par exemple ceux de Fatima Ouedraogo, une diplômée en droit installée à Montréal.

C’est très énervant de se dire qu’on se fiche complètement de nous, alors qu’on a respecté tout ce qu’il fallait pour s’établir ici en tant que travailleurs.

Fatima Ouedraogo, diplômée en droit

Depuis le 31 mars, quand j’ai reçu ma lettre pour fournir mes données biométriques, j’attends encore aujourd'hui de pouvoir le faire, explique la jeune femme qui considère que cette situation freine sa carrière.

Ce sont des projets de vie qui sont mis sur stand by par cette attente. On n’a rien en retour comme information, déplore la Burkinabée d’origine. On nous garde dans le flou et c’est vraiment fatigant.

Les entrepreneurs de Gatineau aussi dans l’attente

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau admet de son côté avoir constaté quelques retards auprès de Service Canada. Mais Pierre Samson estime que les entrepreneurs gatinois n’ont pas trop souffert de la prestation réduite de services.

Les gens sont très coopératifs, considère-t-il.

Pierre Samson à l'extérieur par une journée ensoleillée.

Pierre Samson est le président de la Chambre de commerce de Gatineau. Il constate un ralentissement des activités avec le fédéral depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

L’entrepreneur souligne néanmoins que la fermeture des bureaux du gouvernement fédéral – notamment ceux de Service Canada – a été un coup dur pour les centres-villes d’Ottawa et de Gatineau.

On a des centres-villes qui sont déserts et c’est triste à voir, déplore-t-il. C’est atroce pour les gens d’affaires de la région d’être dans l’indécis, de ne pas savoir ce qui va se passer.

Pierre Samson redoute une ouverture tardive des bureaux du gouvernement fédéral, cet automne par exemple, qui aurait selon lui un effet atroce sur les commerces de proximité.

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