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La relance économique de North Bay « compromise » par le retrait d'Air Canada

La ville de North Bay, en bordure du lac Nipissing

Des gens d'affaires et la VIlle de North Bay estiment que la reprise économique sera difficile alors que l'aéroport n'accueillera plus le transporteur Air Canada.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Les appels à l’aide se multiplient à North Bay pour assurer la viabilité financière de l’aéroport Jack-Garland, après la décision d’Air Canada de suspendre sa ligne North Bay-Toronto. Les clients de l’aéroport, la classe politique ainsi que les gens d’affaires locaux craignent que le développement économique de la région ne soit mis en péril si rien n’est fait.

Le président du Collège Canadore de North Bay, George Burton, a toujours du mal à comprendre la décision du transporteur aérien. La surprise et le choc qu’il a ressentis juste après l’annonce, le 30 juin, l’habitent toujours.

Le programme d’aviation du Collège est offert à l’aéroport Jack Garland, dont Air Canada était le plus gros client.

Étant donné le contexte actuel du secteur de l’aviation, il n’était pas surprenant que la suspension temporaire des vols soit prolongée, mais la fin de la présence d’Air Canada à North Bay nous a surpris, indique-t-il.

Vêtu d'un complet bleu, George Burton s'arrête le temps d'une photo dans le nouveau pavillon « The Village ».

George Burton est président du Collège Canadore de North Bay. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

Il ajoute que l’établissement analyse toujours l’impact [de la décision d’Air Canada] sur ses activités à moyen et à long terme, mais peut déjà en identifier des conséquences potentielles.

Ça crée de l’incertitude dans la vie des gens qui envisagent une carrière en aviation.

George Burton, président du Collège Canadore

M. Burton croit aussi que le retrait d’Air Canada changera l’image de la Ville de North Bay auprès des étudiants et des entreprises qui voudraient déménager à North Bay, et croit même qu’il pourrait devenir ainsi plus difficile pour son collège de recruter des étudiants étrangers.

C’est ici que je crois que les gouvernements doivent intervenir, parce que la seule manière dont nous nous remettrons de la crise est d’avoir une économie vibrante dans tous les coins de la province, note-t-il.

Le président de la Chambre de commerce de North Bay et du district, Peter Chirico, s’inscrit dans la même logique.

Il souligne que l’annonce faite par le transporteur aérien le 30 juin a déçu plusieurs membres de la Chambre de commerce, notamment ceux qui font affaire avec des entreprises étrangères et se servaient fréquemment de la ligne aérienne North Bay-Toronto.

Nous avons toujours été fiers de dire que nous avions un service d’Air Canada à notre aéroport régional et maintenant, il y a une barrière additionnelle que nous allons devoir franchir en essayant d’attirer de nouvelles entreprises.

Peter Chirico, président de la Chambre de commerce de North Bay et du district
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Le programme d'aviation du Collège Canadore est offert à l'aéroport Jack Garland.

Photo : Radio-Canada / Frederic Projean

Selon M. Chirico, la région misait également sur la présence d’Air Canada pour sa relance économique, après une crise qui a fait mal à l’économie de toutes les municipalités, dont North Bay.

Tout cela est compromis. Nous avions, du moins avant la pandémie, une industrie cinématographique florissante et le retrait d’Air Canada compliquera l’attraction des acteurs, réalisateurs et producteurs, affirme-t-il.

La viabilité financière de l’aéroport à risque

Avant la pandémie, environ 80 % des revenus de l’aéroport Jack Garland provenaient des voyages de passagers, selon Chris Mayne, membre du conseil d’administration dudit aéroport. Ce dernier accueille aussi quelques vols de Bearskin Airlines et Sunwing, notamment.

En raison de la suspension de nombreux vols engendrée par la crise sanitaire, le conseil municipal de North Bay, dont fait aussi partie M. Mayne, a approuvé l’octroi d’une subvention mensuelle de 200 000 $ à l’aéroport jusqu’à la fin de l’année.

Selon M. Mayne, l’aéroport n’a pas encore eu besoin de cet argent jusqu’à présent, préférant d’abord puiser dans ses réserves. Mais le conseiller municipal mentionne que la Ville ne pourrait pas appuyer financièrement l’aéroport indéfiniment.

La viabilité financière de l'aéroport à moyen et à long terme est une réelle inquiétude. Ce sera un grand défi de gérer l’aéroport avec un budget si limité sans obtenir de soutien financier.

Chris Mayne, conseiller municipal de North Bay et membre du conseil d’administration de l’aéroport Jack Garland

Il croit que les gouvernements provincial et fédéral se doivent d’intervenir dans le dossier, afin de convaincre Air Canada de changer d’avis.

Le conseiller municipal rappelle que l’aéroport Jack Garland est l’un des quelques aéroports de la province à être dotés d’une piste de plus de 3000 mètres de longueur, ce qui en fait une infrastructure importante non seulement pour North Bay, mais pour toute la région.

M. Mayne précise que cette semaine, le conseil d’administration de l’aéroport évalue de manière détaillée des stratégies afin de minimiser ses coûts d’opération et de nouveaux partenaires avec qui l’aéroport pourrait s’associer pour maintenir le même niveau de service.

Par courriel, une porte-parole de Transports Canada indique que le gouvernement fédéral reconnaît que l’industrie de l’aviation a été lourdement touchée et [continue] d’être en contact avec les aéroports.

Pour sa part, le ministère des Transports de l’Ontario souligne être déterminé à travailler avec ses partenaires fédéraux pour soutenir les aéroports de la province.

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