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Statues controversées : il faut « corriger le tir » de l'histoire, croit un sociologue

Un monument couvert de graffitis et de peinture.

Le monument érigé à la mémoire de l'ex-premier ministre John A. Macdonald, place du Canada, à Montréal, est régulièrement la cible des militants antiracisme.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Radio-Canada

La résurgence du mouvement qui vise à déboulonner des monuments et les statues de personnages historiques controversés a refait surface au cours des dernières semaines, autant aux États-Unis et en Europe, qu’à Montréal en passant par la Saskatchewan.

Alors que le débat au sujet du retrait des statues de généraux sudistes aux États-Unis, ou de celle du 1er premier ministre du Canada, John A. Macdonald reprend de l'ampleur, le sociologue à la retraite et fransaskois Wilfrid Denis croit qu’à certains égards il faut corriger la mémoire collective de l’histoire passée sans toutefois effacer l’histoire complètement.

[Ces statues] représentent une certaine mémoire collective, mais la mémoire collective dépend aussi du groupe qui a cette mémoire. Habituellement, ces monuments, ces statues, ont été créés par les groupes au pouvoir, ce qui représente leur force, leur autorité, leur position dans la société contre d’autres groupes, explique M. Denis.

À mesure que le contexte historique change, notre perception de ces gens-là va aussi changer, ajoute-t-il.

À la lumière de tels changements, le sociologue à la retraite croit que des critères doivent être établis afin de déterminer l’avenir des statues et des monuments historiques qui sèment la controverse.

Il croit qu’il vaut mieux retirer des endroits publics les statues de personnes qui ont commis des crimes contre l’humanité, telles que Francisco Franco ou Benito Mussolini.

Quand ce sont des personnes qui ont posé des gestes peut-être génocidaires, mais indirects, comme [John A.] Macdonald avec [les pensionnats autochtones et la création des réserves] (...) il s’agit peut-être d’afficher des plaques historiques sur le côté pour expliquer le contexte et ce qui est répréhensible dans la pensée de ces gens-là à mesure que les idéologies ont changé, explique-t-il, ou bien, on les déplace.

L’idée d’ajouter une plaque explicative à la statue d’un personnage jugé important dans l’histoire, mais dont l’héritage est controversée, est d’ailleurs ce qu’a proposé le maire de Regina pour celle de John A. Macdonald située dans sa ville, la dernière de lui toujours en place dans l’Ouest canadien.

Des manifestants devant la statue de John A. Macdonald au parc Victoria à Regina.

Depuis le 16 juin, des activistes pour les droits des autochtones organisent un sit-in pour que la ville de Regina déboulonne la statue de John A. Macdonald.

Photo : Radio-Canada / Raphaële Frigon

C’est le genre de situation où on pourrait déplacer la statue dans un endroit public, mais beaucoup moins visible, [et] ajouter aussi toute une explication historique de pourquoi cette personne a joué un rôle historique, mais quels ont été les aspects négatifs de sa présence dans l’histoire, souligne M. Denis.

Wilfrid Denis réitère qu’il ne faut pas pour autant effacer l’histoire.

Des personnages historiques, comme John A. Macdonald ou George Washington, sont des exemples de personnes qui ont contribué de façon importante, à certains égards, pour la création de nations ou certains mouvements historiques très importants.

Je pense qu’il est très important de corriger le tir, de combler les lacunes ou les errements de ces personnes.

Avec les informations d'Elsie Miclisse

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