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Une députée fédérale de la Nouvelle-Écosse victime de menaces misogynes

Lenore Zann devant des plantes vertes.

Lenore Zann, le vendredi 3 juillet 2020

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La Presse canadienne

Une députée libérale fédérale de la Nouvelle-Écosse, Lenore Zann, dit avoir dû installer un système d'alarme dans sa résidence après avoir reçu des menaces et des commentaires dégradants en ligne et par téléphone.

Ces réactions abusives seraient liées à ses positions pour le contrôle des armes à feu et une analyse féministe de la tuerie en Nouvelle-Écosse.

Lenore Zann affirme avoir remarqué une hausse du taux de vitriol dans les commentaires après qu'elle eut appuyé le projet de loi du gouvernement visant à bannir de nombreuses armes d'assaut et qu'elle eut ajouté sa voix à celles qui réclament une enquête sur la tuerie des 18 et 19 avril sous l'angle de la haine envers les femmes.

Le bilan de 22 victimes comptait une majorité de femmes.

Un montage de photos en noir et blanc des visages disparus lors de la tragédie.

Les 22 victimes de la tragédie en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada

Selon une adjointe du bureau de circonscription de Cumberland-Colchester, Darlene Blair, un flux continu d'appels a été déclenché par le soutien de la députée au projet de loi sur le contrôle des armes à feu.

Les commentaires des interlocuteurs se font méchants, ignobles et répugnants, et au moins 15 de ces appels dégradants faisaient spécifiquement référence au fait que Mme Zann est une femme.

Darlene Blair raconte qu'un interlocuteur a fait jouer l'hymne nazi au téléphone et un autre homme a menacé l'adjointe en disant que ses amis possédaient des armes et qu'il voulait me prévenir que du sang allait couler.

Plus récemment, un résident de Truro en colère contre la députée Lenore Zann a publié sur Facebook un message obscène la visant personnellement et dans laquelle il dit vouloir sa tête sur un plateau.

Lenore Zann révèle que la Gendarmerie royale du Canada a été informée de l'appel concernant la menace selon laquelle du sang allait couler. Elle a également communiqué directement avec les policiers de Truro au sujet du message publié sur Facebook.

La députée fédérale a aussi confié avoir entrepris des démarches pour procéder à l'installation d'un système d'alarme dans sa résidence.

Un homme à l'origine de menaces exprime des regrets

Un homme du nom de Bradley McLellan a confirmé en entrevue avec La Presse canadienne, vendredi, qu'il était l'auteur de la publication menaçante sur Facebook. Il a supprimé le message et affirme regretter son geste. Le compte Facebook utilisé pour la publication ne porte pas son véritable nom.

Dans un texto, M. McLellan dit avoir transmis ses excuses à la députée Zann pour lui confirmer que je me sens terriblement mal de lui avoir fait peur et l'assurer qu'elle ne subirait aucune forme de violence de ma part.

M. McLellan mentionne que son commentaire n'était pas motivé par la demande d'une analyse féministe de la tuerie dans le cadre d'une enquête publique ni par les positions du gouvernement libéral contre les armes à feu.

Il affirme être en colère contre le fait qu'elle se préoccupe de ces enjeux plutôt que de s'intéresser à d'autres problèmes comme la pauvreté en milieu rural, les dépendances et la faiblesse du développement économique dans la communauté de Truro et des environs.

Je ne m'attaque pas au féministe... Je lui ai demandé à de nombreuses reprises : "Êtes-vous sûre que votre temps est bien utilisé?", a-t-il justifié en entrevue téléphonique.

Malgré tout, Mme Zann estime que la publication, coïncidant avec ses déclarations à la télévision locale sur une analyse féministe de la tuerie, était inacceptable et l'a inquiétée.

Ça fait mal. C'est une image effrayante et j'ai senti que c'était fait avec colère et dans le but de m'intimider, a-t-elle décrit.

Une vague de haine à l'égard des femmes

C'est Cheryl Paris, la présidente du Centre Lotus, une ressource pour femmes de Truro, qui a porté la publication à l'attention de Mme Zann.

Dans un échange de courriels, Mme Paris a souligné que l'utilisation d'un vocabulaire injurieux pour viser les femmes en politique est devenue bien trop commune. Elle ajoute que les citoyens doivent prendre conscience qu'il ne s'agit pas d'incidents isolés.

Une publication menaçante [qu'elle soit nuancée ou autre] donne du pouvoir au lecteur et permet à d'autres de renchérir avec l'approbation du groupe, a-t-elle écrit.

D'autres commentaires laissés par M. McLellan, dont un concernant le fait qu'il habitait près de son domicile, a renforcé les craintes de Mme Zann, qui a communiqué avec la police de Truro.

Elle précise ne pas avoir demandé à ce que les policiers entrent en contact avec M. McLellan. Ce dernier a confirmé ne pas avoir été approché par les policiers.

Trump comme instigateur?

La députée fédérale dit croire que le comportement du président américain Donald Trump sur les réseaux sociaux, qui multiplie les commentaires agressifs, encourage les citoyens à diffuser leurs propres commentaires grossiers à l'endroit des politiciens.

Des gens peuvent croire que c'est correct d'être impitoyablement cruel, déplore-t-elle.

Son adjointe de bureau de circonscription, Darlene Blair, qui compte six ans d'expérience en la matière, dit n'avoir jamais vécu une telle vague de haine.

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