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Montréal veut rendre obligatoire le masque dans les lieux publics fermés

La mairesse de Montréal Valérie Plante ajuste son couvre-visage.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, dit vouloir éviter que l'épidémie ne reprenne de l'ampleur sur le territoire de la métropole.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La Ville de Montréal prépare un règlement qui vise à rendre obligatoire le port du couvre-visage dans les lieux publics fermés. La nouvelle consigne sanitaire doit entrer en vigueur le 27 juillet, soit la date à laquelle les utilisateurs du transport collectif dans l'ensemble du Québec pourront être sanctionnés s'ils ne portent pas le masque.

Dans un message publié sur Facebook, la première magistrate dit s'inquiéter des éclosions de la maladie signalées ces derniers jours sur le territoire du Grand Montréal, notamment dans un bar du centre commercial Dix30, à Brossard, mais aussi dans le cadre d'une fête organisée en Montérégie.

Ces nouvelles infections pourraient venir miner les efforts que nous faisons depuis le début de cette pandémie, a-t-elle écrit.

Voilà pourquoi, dit Mme Plante, le conseil municipal sera convoqué afin d'adopter le règlement en question, en s'appuyant sur l'exemple d'autres villes canadiennes. À Ottawa, par exemple, une motion similaire au règlement envisagé par Montréal doit être déposée au conseil municipal de la capitale fédérale le 13 juillet.

À Toronto, il est déjà interdit, depuis quelques jours, d'utiliser les transports collectifs municipaux sans porter de couvre-visage.

En entrevue à ICI RDI, Mme Plante a précisé que le règlement s'appliquerait dans les arénas, les centres sportifs, les restaurants, les bars, les bibliothèques, mais aussi les commerces, l'épicerie, le boulanger....

Évidemment, les gens vont devoir enlever leur masque pour manger et prendre une bière. Mais à l'entrée du commerce, par exemple, il faudra avoir son masque. On veut maximiser nos chances d'éviter une deuxième vague, a-t-elle précisé.

La mairesse reconnaît toutefois que, dans le domaine privé, la Ville peut difficilement s'en mêler, mais il y a une réflexion qui doit se faire, notamment pour les tours de bureaux.

Qu'est-ce que le gouvernement donnera comme directives aux employeurs?, demande Valérie Plante.

Et si l'obligation du port du couvre-visage n'est pas encore en vigueur, Mme Plante invite déjà les Montréalais à prendre cette habitude.

Protéger la relance économique

Dans son message sur Facebook, la mairesse Plante mentionne aussi avoir rencontré plusieurs commerçants ayant fait état de grandes difficultés à faire respecter les règles en matière de distanciation et d'hygiène.

Pour plusieurs, un relâchement menant à un reconfinement éventuel impliquerait carrément de mettre la clé sous la porte, ajoute Mme Plante.

Un retour en arrière serait un désastre pour des vies humaines et pour notre économie.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

La Ville de Montréal se réserve aussi le droit de sévir contre les établissements contrevenants. C’est un pan complet de notre économie, ainsi que la santé et le salaire de milliers de travailleurs, qui est en jeu, souligne encore la mairesse dans son message.

Je l'ai dit et je le répète : on ne veut pas que Montréal devienne un État policier, et ça, ça tient toujours, a rappelé Mme Plante à ICI RDI.

Ce que je souhaite, c'est que les Montréalais et Montréalaises se responsabilisent, comme ils l'ont fait pendant le confinement.

On travaille avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour savoir quelles seraient les contraventions en cas de non-respect du règlement, a ajouté Mme Plante, qui dit souhaiter éviter que le commerçant ne doive encaisser tout le poids des gestes posés par les personnes délinquantes.

Dans certains cas, ce sont des individus qui auront des contraventions; dans d'autres cas, ce sera le propriétaire d'un commerce ou d'un restaurant qui ne respecte pas les règles. Dans un cas comme dans l'autre, a mentionné la mairesse, les amendes seront salées. On veut donner le ton avant la rentrée, a-t-elle indiqué.

Je considère que les gens pour qui les droits individuels sont plus importants que les droits de la société, eh bien, cela va avoir un coût.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

La métropole québécoise a été la région la plus touchée du pays par la maladie, avec plus de 27 000 contaminations et au-delà de 3400 morts, pour l'instant.

Une bonne décision, mais trop tardive, dénonce l'opposition

Le chef de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville salue l'annonce de la mairesse Plante, mais juge que l'administration a perdu deux mois avant d'agir dans ce dossier.

Nous avions proposé, dès le mois d'avril, le port obligatoire du couvre-visage dans le transport collectif, et, au mois de mai, nous avions déposé une motion avec un amendement pour l'obliger également dans les lieux publics fermés, affirme Lionel Perez, chef par intérim d'Ensemble Montréal.

Malheureusement, la mairesse et son équipe de Projet Montréal ont voté contre.

Aux yeux de M. Perez, une interdiction aussi rapide était nécessaire en prévision du déconfinement à venir et avec l'augmentation des interactions interpersonnelles.

On a perdu presque deux mois avec le manque de leadership de la mairesse, a martelé Lionel Perez, qui accuse cette dernière d'avoir mis la population montréalaise en danger.

Pas besoin, non plus, d'attendre le feu vert des autorités provinciales, a soutenu le chef de l'opposition. À preuve, dit-il, Montréal a décidé d'agir, lundi, alors que le ministre de la Santé, Christian Dubé, et le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, disaient vouloir suivre l'évolution de la situation, quelques heures auparavant.

Les élus sont choisis par la population; on doit suivre les conseils des différentes directions, notamment de la santé publique, mais il faut parfois aller plus loin, en tenant compte d'autres enjeux, comme le transport collectif, de conclure Lionel Perez.

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