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Rentrée scolaire hybride en Ontario : pas une solution réaliste pour tous les parents

Des élèves en classe portant un masque.

Le retour en classe cet automne inquiète certains parents en Ontario.

Photo : FEEO

À deux mois de la rentrée scolaire, certains parents critiquent les premières propositions d'enseignement en classe à temps partiel. Ce modèle hybride, l'un des trois scénarios présentés par la province, serait un casse-tête pour certains parents qui devront continuer de jongler entre le travail et les enfants à la maison.

La plupart des conseils scolaires en Ontario préparent leur plan de retour à l’école pour le mois de septembre.

Le Conseil scolaire Viamonde, le Conseil scolaire catholique de district des Grandes Rivières et le Conseil scolaire catholique MonAvenir planifient encore les détails de ce scénario.

Il reste encore beaucoup à définir sur la forme concrète que prendra la prestation de l’éducation à partir de septembre prochain. Tout dépendra de l’évolution de la pandémie, des consignes des autorités de santé publique et des directives ministérielles à cet effet.

Virginie Oger, conseillère aux communications chez MonAvenir

Mais déjà, les premiers détails présentés par d'autres conseils scolaires comme celui du Centre-Est provoquent de nombreux questionnements de la part de parents d'élèves.

Avec le retour en classe à temps partiel, le nombre d'élèves présents dans une salle de classe à des jours ou à des semaines alternées serait limité à 15, et ce dans toute la province.

La plupart des parents ont, pour l'instant, peu de détails.

« Loin d'être idéal »

À Toronto, Magali Bouhours, mère de quatre enfants à l’École élémentaire Pierre-Elliott-Trudeau, se pose plusieurs questions.

D'un côté j'ai envie de dire que je voudrais que les enfants retournent à l'école pour que ça leur donne un sens de normalité et qu'on puisse reprendre une routine plus habituelle, mais d'un autre côté je ne sais pas à quel point ça va être bon pour eux ou peut-être plus traumatisant que de rester à la maison avec leurs parents.

Magali Bouhours

Pour l'instant, le Conseil scolaire Viamonde ne lui a pas encore demandé son avis, mais le conseil scolaire assure que les familles seront informées [des différents scénarios] dans les prochaines semaines.

Les besoins des élèves au sein d’une même famille seront aussi pris en considération, précise une porte-parole du Conseil scolaire Viamonde par courriel.

Une journée pour un groupe, une journée pour un autre groupe en alternance...Wow, que de problèmes pour les parents, les garderies, les professeurs, etc. Tant qu'à chambouler le système, allez-y à fond, écrit pour sa part Jenn Glazer, une autre mère de famille, sur la page Facebook de Radio-Canada.

Une famille de six assise sur un tronc d'arbre.

Magali Bouhours et sa famille tentent de faire des sorties quand il y a peu de gens à l'extérieur.

Photo : Facebook/Magali Bouhours

Ça me parait être une solution correcte compte tenu des circonstances, mais c'est loin d'être idéal, lance Magali Bouhours qui fait du télétravail à la maison depuis le confinement.

Selon elle, plusieurs aspects ne sont pas pris en compte dans ce plan.

Une fois de plus, il va y avoir plein de mamans qui vont dire adieu à leur carrière pour pouvoir s'occuper des enfants pendant que les papas vont travailler. Il y a plein de situations qui vont être difficiles.

Magali Bouhours, mère de quatre enfants âgés entre cinq et dix ans

En bonne maman égoïste qui travaille à temps plein, j'avoue que l'idée que les enfants retournent à l'école, ça m'arrangerait bien, qu'ils aient une routine, qu'ils retrouvent leurs amis, qu'on puisse enfin travailler à des horaires normaux, dit-elle.

Ça me fait rêver, mais en pratique je pense que je serai très stressée à l'idée que les enfants puissent propager la maladie et que les enseignants ne soient pas en sécurité, note Magali Bouhours.

Trois enfants et une maman qui sourient.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Patricia Gagné et ses trois enfants ont dû s'adapter à la situation comme plusieurs autres familles en Ontario.

Photo : Fournie par Patricia Gagné

Patricia Gagné est mère de trois enfants. Elle vit sur une base militaire à Borden avec son conjoint.

Leur fils de 7 ans est a été diagnostiqué du trouble du spectre de l'autisme il y a moins d'un an.

Son fils de 5 ans et sa fille de 2 ans sont aussi avec elle à la maison.

Patricia Gagné se préparait à retourner sur le marché du travail, mais la pandémie a tout mis sur pause.

Elle n'avait d'autre choix que de tout arrêter pour s'occuper de ses enfants.

Ce n'est pas une solution viable pour les parents qui travaillent. En plus, c'est clairement les parents qui devront compenser pour les trois autres jours et si j'ai bien appris quelque chose dans tout cela, c'est que je ne suis pas [une enseignante], écrit-elle sur la page Facebook de Radio-Canada.

Un modèle flexible

Selon Daniel Lajeunesse, père d'une fille de 16 ans et d'un garçon de 13 ans, le mélange entre cours en ligne et en personne est le scénario le plus réaliste.

Faut que ça soit hybride! Il y a tellement de choses qu'on ne sait pas encore. Le mois de septembre on s'enligne vers une deuxième vague. [...] Si on s'enligne 100 % d'un bord ou de l'autre, je ne trouve pas que ça fonctionne, croit le résident d'Aurora.

Un homme avec des lunettes.

Daniel Lajeunesse et sa famille habitent à Aurora.

Photo : Fournie par Daniel Lajeunesse

Je dois admettre que je suis chanceux parce que mes enfants je peux les laisser, avoue M. Lajeunesse.

Il explique que sa famille arrive rapidement à adapter son horaire.

Ce qui me tracasse un peu c'est pour ceux qui ont des enfants de plus jeune âge, ceux qui doivent prendre le temps d'être avec eux tout le temps et s'ils ne sont pas ensemble, ils ne sont pas en train d'apprendre. C'est juste ce groupe-là qui me fait un peu peur, ajoute-t-il.

Une pétition pour le retour complet en classe

Une pétition contre le modèle hybride et pour un retour complet en classe (Nouvelle fenêtre) a d'ailleurs été lancée sur le web.

La pétition a déjà atteint plus de 5200 signatures.

Sa fondatrice, Julie Corneman, souligne aussi les défis qu'imposerait le scénario d'un retour partiel à l'école cet automne.

Selon elle, le scénario hybride est inacceptable. Elle écrit sur la page de sa pétition que les enfants ont assez souffert par l'isolement et ne pas leur permettre d'aller à l'école en personne ou d'y aller quelques jours par semaine nuirait d'autant plus à leur apprentissage.

Comme Magalie Bouhours et Patricia Gagné, Julie Corneman voit difficilement comment certains parents pourront s'occuper des enfants tous les deux jours tout en travaillant.

C'est improbable, la plupart des travailleurs à temps plein ne peuvent pas se permettre de prendre un jour de congé sur deux, écrit-elle.

Sur les réseaux sociaux, les parents continuent de réagir à cette possibilité.

Je suis pour un retour à 5 jours semaine, écrit Ghislain Levesque, sur la page Facebook de Radio-Canada.

Je ne vois pas pourquoi seulement deux jours. Deux ou cinq, les risques sont les mêmes et pour les parents c’est beaucoup plus compliqué, lance pour sa part Denise Nolet sur la même page Facebook.

À l'école, à la maison ou les deux?

De plus en plus de conseils scolaires sondent les parents afin de connaître leurs intentions relatives à un retour à l’école ou à un enseignement à la maison.

La décision concernant la rentrée scolaire sera prise par le gouvernement de l'Ontario au mois d'août, selon les recommandations de la santé publique.

Dans tous les cas, le retour à l'école sera volontaire et les conseils scolaires devront offrir l’enseignement à distance aux enfants qui resteront à la maison.

Pour ce qui est des enfants avec des besoins particuliers, la province a demandé aux conseils scolaires d'établir un plan en vue du possible retour en classe.

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