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Le masque obligatoire dans les lieux publics intérieurs d'Ottawa et de l’Est de l’Ontario

Une femme porte un masque à motif de melons d'eau.

Le port du masque sera obligatoire dans les lieux publics intérieurs d'Ottawa et de l'Est de l'Ontario.

Photo : CBC

De Cornwall à Smiths Falls, d’Ottawa à Hawkesbury, en passant par Renfrew, le port du masque dans les lieux publics intérieurs sera maintenant obligatoire, ont confirmé les quatre bureaux de santé publique de la région lundi.

Les masques sont les meilleurs outils qu’on puisse utiliser de manière collective pour prévenir une autre augmentation des cas dans notre région, a souligné le Dr Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste du Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO) lors d'un point de presse virtuel.

Il était accompagné des médecins hygiénistes des bureaux de santé du district de Leeds, Grenville et Lanark et du district de Renfrew, ainsi que la Dre Vera Etches, la médecin en chef de Santé publique Ottawa (SPO).

Paul Roumeliotis en mêlée de presse devant un autocar en hiver.

Le Dr Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste du BSEO (archives).

Photo : Radio-Canada / Matthew Kupfer

Les quatre organisations ont choisi de faire front commun en raison de leur proximité. On est proches les uns des autres. C’est pour ça que c’est important d’avoir une approche commune, a précisé le Dr Roumeliotis.

Il a affirmé que les flambées de cas ailleurs dans la province et au sud de la frontière sont de sombres présages de ce qui peut arriver si le déconfinement n'est pas bien encadré.

Si je porte un masque, vous êtes protégé, vous portez un masque, je suis protégé. Si tout le monde porte un masque, tout le monde est protégé.

Dr Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste du Bureau de santé de l’est de l’Ontario

C’est un inconvénient mineur qui peut contenir ce virus qui a le potentiel d'apparaître n’importe où, comme on l’a vu aux États-Unis ou à Kingston, a fait valoir le Dr Robert Cushman, le médecin hygiéniste intérimaire du Bureau de santé du comté de Renfrew et du district.

Une entrée en vigueur par étapes

La nouvelle mesure entrera en vigueur dès le mardi 7 juillet sur le territoire du BSEO. Il y aura cependant une période de grâce d'une semaine pour l'application de la règle, soit jusqu'au 14 juillet.

À Ottawa, les élus doivent se prononcer sur une motion pour créer un règlement rendant obligatoire le port du masque dans les endroits publics intérieurs lors de leur rencontre du 15 juillet. Le décret de SPO sera en vigueur dès mardi, et ce, jusqu'à ce que l'éventuel règlement municipal entre en vigueur.

Le Bureau de santé du comté de Renfrew et du district a indiqué que ses directives sont en cours d'élaboration et que le port obligatoire du masque entrera officiellement en vigueur la semaine prochaine. Entre-temps, le Bureau misera sur l'éducation.

Pour sa part, le Bureau de santé de Leeds, Grenville et Lanark et du district a indiqué que la mesure entrera en vigueur dès mardi et qu'elle sera revue le 30 septembre prochain.

Amendes et exemptions

Le couvre-visage sera non seulement de mise dans les bâtiments ouverts aux membres du public, mais aussi dans les taxis et les voitures de service comme Uber ou Lyft.

Il y aura toutefois quelques exemptions, notamment pour les personnes qui ont des problèmes respiratoires et pour les enfants de moins de deux ans, a expliqué la Dre Etches. Les masques ne remplacent pas non plus l’hygiène des mains et la distanciation physique, ont martelé les experts en santé publique.

La Dre Vera Etches, médecin en chef de Santé publique Ottawa.

La Dre Vera Etches, médecin en chef de Santé publique Ottawa, insiste sur le fait que le masque ne remplacera jamais la distanciation physique et l'hygiène des mains (archives).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

On veut miser sur l’éducation. On ne va pas exiger aux exploitants de demander une preuve d'exemption. On croit à la bonne foi des gens, a souligné le Dr Roumeliotis, interrogé sur la manière dont les autorités pourront faire respecter la directive.

Il a cependant rappelé que les récalcitrants pourraient se voir imposer une amende variant de 500 $ à 800 $, comme le prévoit la loi provinciale.

La Dre Etches de SPO a reconnu que les autorités sanitaires ont changé de cap face au port du masque. Ça peut sembler contradictoire, mais ce n'est pas un secret : les consignes et notre connaissance ont évolué depuis le début de la crise, a-t-elle souligné.

Un tremplin vers la phase 3 du déconfinement

Avec la réouverture de l’économie, le risque d‘infections et de flambées est bien présent, a noté la Dre Etches. Les quatre médecins ont tous souligné que le port du couvre-visage sera crucial pour passer à la prochaine étape du déconfinement et pour assurer une bonne reprise de l'économie tout en réduisant les risques d'un ressac de nouvelles infections.

Si les autorités de santé publique de la région ont décidé de s’unir sur cette question, l’obligation de porter le masque est loin de faire l’unanimité par endroits. C’est du moins ce que constate le président de la Chambre de commerce de Hawkesbury, Marc Lecompte.

Disons que [parmi] nos membres, c’est un sujet où il y a beaucoup de division si on veut, note-t-il, en précisant qu’environ la moitié des entrepreneurs membres de l’organisation s’opposent au port du couvre-visage.

On veut aller de l’avant. Et je crois que la meilleure façon — la seule façon —, c’est d’avoir un plan concret en place. Puis, à ce moment-ci, ce qu’on offre, c’est le port du masque, insiste M. Lecompte. Ça va être inconfortable. C’est du changement. C’est normal. Cependant, il faut bouger. Il faut faire quelque chose.

Un masque chirurgical traîne sur le sol.

Santé Canada rappelle aux citoyens de ne pas jeter les masques à usage unique « dans les chariots de supermarché ou sur le sol où d'autres personnes pourraient entrer en contact avec eux ».

Photo : CBC/Michael Wilson

Plus qu’une seule éclosion institutionnelle à Ottawa

Par ailleurs, SPO a indiqué dans son dernier bilan que l’éclosion au Centre de santé de longue durée Peter D. Clark est maintenant terminée. La COVID-19 a infecté 24 résidents de l’établissement, dont 8 qui en sont morts. Le coronavirus a également emporté un employé du foyer.

Le Centre de santé Perley et Rideau pour les anciens combattants est le seul établissement d’Ottawa encore aux prises avec une éclosion entre ses murs. Sept membres du personnel et quatre résidents ont contracté la maladie jusqu’à présent et un d’entre eux en est mort.

Un panneau annonçant le foyer de soins de longue durée Peter D. Clark (archives).

Le foyer Peter D. Clark était aux prises avec une éclosion depuis la fin du mois d'avril (archives).

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

Dans l’ensemble de la ville, SPO fait état de 8 nouvelles infections par la COVID-19 dans son dernier bilan, ce qui porte le total cumulatif des cas confirmés à 2118. Il ne reste toutefois que 54 cas actifs. Parmi eux, trois sont assez graves pour nécessiter une hospitalisation. Un de ces patients reçoit des soins intensifs.

Le BSEO, lui, a recensé une nouvelle infection sur son territoire depuis son dernier bilan vendredi dernier. Au total, 165 personnes du secteur ont contracté la COVID-19, 11 en sont mortes et 147 en sont guéries. Il reste donc sept malades dans l’est ontarien, dont deux sont hospitalisés.

L'annonce des autorités de santé publique sur le port du masque coïncide aussi avec la réouverture des comptoirs de services municipaux à l’hôtel de ville d’Ottawa et à la Place Ben Franklin.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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