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Éclosion liée à un Américain : la N.-É. resserre, l'Î.-P.-É. sur ses gardes

Un camion sort du pont. En haut du pont, un tableau d'affichage numérique donne des informations sur la COVID-19.

Des véhicules arrivent de l'Île-du-Prince-Édouard et entrent au Nouveau-Brunswick après avoir emprunté le pont de la Confédération le 3 juillet 2020.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

François Pierre Dufault

Les autorités en Nouvelle-Écosse comptent serrer la vis aux résidents de l'extérieur de la « bulle » atlantique afin qu'ils respectent les directives de santé publique, après avoir appris qu'un citoyen des États-Unis en transit dans la province est à l'origine de quatre cas de la COVID-19 à l'Île-du-Prince-Édouard.

Je suis frustré autant que vous l'êtes. Nous n'avons pas travaillé si fort ensemble et nous n'avons pas fait tant de sacrifices pour aplatir la courbe [de propagation du virus], seulement pour voir des gens venir dans notre province et penser qu'ils sont au-dessus de tout, a déclaré avec véhémence le premier ministre Stephen McNeil, lundi après-midi.

Les voyageurs de l'extérieur de la région atlantique qui entrent en Nouvelle-Écosse doivent à présent remplir un formulaire contenant leurs coordonnées, afin que des fonctionnaires de la province les contactent pour s'assurer qu'ils s'isolent bien pendant 14 jours.

Le gouvernement néo-écossais affirme que ce formulaire sera disponible en ligne dès mardi.

Tous les voyageurs venant de l'extérieur de la bulle atlantique doivent fournir une adresse et un numéro de téléphone où ils peuvent être joints 24 heures sur 24. Nous les appellerons chaque jour pendant 14 jours pour nous assurer qu'ils s'auto-isolent, et si nous ne pouvons pas les joindre après avoir essayé trois fois par jour, la police sera appelée, indique Rachel Boomer, une porte-parole du gouvernement néo-écossais.

Un tel système existe à l'Île-du-Prince-Édouard depuis plusieurs semaines.

Les précisions des autorités de la santé en Nouvelle-Écosse et à l'Île-du-Prince-Édouard ont permis, lundi, de retracer l'itinéraire de cet Américain qui aurait transmis le nouveau coronavirus à au moins quatre personnes depuis son arrivée au Canada, le 26 juin dernier, jusqu'à sa mise en quarantaine par les autorités fédérales, dimanche.

Un étudiant étranger accueilli par un Insulaire à Halifax

Lors d'un point de presse, Stephen McNeil a indiqué qu'il s'agissait d'un étudiant étranger qui tentait de se rendre dans la province insulaire. Il est arrivé par avion à Toronto, où il a reçu l'autorisation de prendre un vol vers Halifax, a-t-il détaillé.

Un Insulaire âgé d'une vingtaine d'années se serait alors rendu en Nouvelle-Écosse pour aller chercher cet Américain, lui aussi âgé d'une vingtaine d'années, afin de le ramener avec lui à l'Île-du-Prince-Édouard.

Un affiche identifiant l'aéroport international Stanfield d'Halifax.

Le ressortissant américain se trouve maintenant en quarantaine sous l'autorité fédérale dans un hôtel près de l'aéroport international Stanfield d'Halifax.

Photo : Radio-Canada / CBC

La médecin hygiéniste en chef dans la province insulaire, la Dre Heather Morrison, affirme que les deux hommes, qui sont asymptomatiques, ont résidé au même endroit et qu'ils ont voyagé dans le même véhicule pendant leur séjour en Nouvelle-Écosse.

Les autorités à l'Île-du-Prince-Édouard auraient toutefois refoulé l'étudiant des États-Unis au point de contrôle à la sortie du pont de la Confédération, car il n'avait pas en sa possession la documentation nécessaire pour entrer dans la province, d'après les témoignages des autorités insulaires et néo-écossaises.

En quarantaine sous l'autorité fédérale

Selon le médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, le Dr Robert Strang, le ressortissant américain se trouve maintenant en quarantaine sous l'autorité fédérale dans un hôtel près de l'aéroport international Stanfield d'Halifax.

Le premier ministre Stephen McNeil rappelle que les autorités de sa province n'ont aucun contrôle sur les frontières internationales, qui sont de compétence fédérale.

Stephen McNeil devant des drapeaux de la Nouvelle-Écosse.

Le premier ministre Stephen McNeil préciser qu'aucun cas de COVID-19 dans la région n'est attribuable à la nouvelle bulle atlantique.

Photo : Gouvernement de la Nouvelle-Écosse

Il dit vouloir réduire les risques de propagation de la COVID-19 en imposant des suivis plus rigoureux aux voyageurs de l'extérieur de la bulle atlantique, qui sont toujours tenus de s'isoler à leur arrivée dans la région. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour renforcer la frontière, insiste-t-il.

Aucune nouvelle infection à l'Î.-P.-É. lundi

Après avoir annoncé cinq nouveaux cas de COVID-19 au cours de la fin de semaine, les autorités de la santé à l'Île-du-Prince-Édouard n'ont recensé aucune nouvelle infection, lundi. La Dre Heather Morrison estime que les mesures de santé publique visant à freiner la propagation du virus, et en particulier la recherche de contacts, ont bien fonctionné.

Quatre de ces cinq nouveaux cas sont liés à l'Insulaire qui s'est rendu en Nouvelle-Écosse à la rencontre de l'étudiant des États-Unis porteur du nouveau coronavirus.

Heather Morrison assise à une table devant un drapeau du Canada et un drapeau de l'Île-du-Prince-Édouard.

Dre Heather Morrison, médecin hygiéniste en chef de l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada

À son retour dans la province insulaire, l'homme d'une vingtaine d'années aurait tenté de s'isoler sans succès, selon la Dre Heather Morrison. C'est parfois difficile de vous isoler si vous n'habitez pas dans un endroit où les chambres et les salles de bain sont séparées, a-t-elle fait valoir lors d'un point de presse, lundi.

Les autorités insulaires n'envisagent pas de sanction contre l'individu.

Par ailleurs, aucun cas de COVID-19 n'a été recensé à la Villa Whisperwood, la résidence pour aînés de Charlottetown où travaille une des personnes infectées. La Dre Heather Morrison dit que l'établissement collabore pleinement avec les autorités, et que tous ses résidents ont pu subir rapidement un test de dépistage, à l'exception d'une personne qui a un problème de santé qui l'en empêche. Une deuxième série de tests est prévue d'ici la fin de la semaine.

L'Île-du-Prince-Édouard compte un cinquième cas actif de la maladie respiratoire. Celui-ci n'a cependant aucun lien avec les quatre autres cas. Il s'agit d'un homme âgé d'une cinquantaine d'années qui a voyagé dans une autre province canadienne et qui s'est isolé dès retour à son domicile.

Quatre cas actifs en Nouvelle-Écosse

La Nouvelle-Écosse dénombre quatre cas actifs de COVID-19. Lundi, les autorités néo-écossaises de la santé tentaient d'établir la liste des personnes avec lesquelles l'étudiant américain aurait pu être en contact pendant son séjour dans la province, afin de leur faire subir elles aussi un test de dépistage.

Lors de son point de presse à Halifax, le premier ministre Stephen McNeil a tenu à préciser qu'aucun cas de COVID-19 dans la région n'est attribuable à la nouvelle bulle qui permet, depuis vendredi dernier, aux résidents du Canada atlantique de traverser les frontières de leurs quatre provinces sans avoir à s'isoler.

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