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La police pirate un réseau de téléphonie chiffré et arrête 800 membres du crime organisé

Une personne en complet se sert d'un téléphone cellulaire dans une pièce sombre.

Encrochat garantissait l’anonymat complet à ses utilisateurs et utilisatrices.

Photo : getty images/istockphoto / Kritchanut

Radio-Canada

Divers corps policiers européens ont arrêté plus de 800 personnes malveillantes qui se servaient du réseau de téléphonie chiffré EncroChat, notamment pour trafiquer de la drogue ou des armes. Il s’agit de la « plus importante opération policière » de l’histoire de la police britannique, qui a réussi à pirater le réseau contenant plus d’une centaine de millions de messages.

Nous avons réussi à porter un coup aux plus hauts échelons du crime organisé, là où ça fait mal. [Nous avons pu] arrêter des gens, saisir leur argent et mettre fin à leurs réseaux de distribution d’une manière que je n’ai jamais vue auparavant, a déclaré la commissaire de la police de Londres, Cressida Dick, dans un communiqué.

Les messages ont fourni aux autorités de précieux renseignements sur une quantité sans précédent de crimes sérieux, d’après les autorités néerlandaises, citées par Vice. Des corridors internationaux de trafic de drogue et de blanchiment d’argent sont maintenant connus, a-t-elle résumé.

L’opération a mené à des arrestations dans les trois derniers mois au Royaume-Uni, en Norvège, en Suède, aux Pays-Bas et en France. Des laboratoires clandestins de fabrication de drogue, des milliers de kilos de substances illicites et des dizaines de millions d’euros en argent comptant ont été saisis.

Ce n’est que le début. Nous démantèlerons des réseaux du crime organisé grâce à ces opérations pour les semaines, les mois, et peut-être les années à venir, explique Cressida Dick en entrevue avec la BBC.

Téléphones modifiés

EncroChat n’était pas une simple application chiffrée, mais bien un réseau de communication à part entière, uniquement accessible à partir d’appareils spéciaux vendus par l’entreprise néerlandaise du même nom.

Selon les informations de Vice, les appareils sont des versions modifiées de téléphones Android, dont le BQ Aquaris X2. Ils n’ont pas de GPS, de caméra ou de microphone et sont équipés des logiciels de communication d’EncroChat. Ils étaient vendus pour environ 1000  € (1530 $ CA), mais leurs propriétaires devaient aussi payer un abonnement annuel de 3000  € (4590 $ CA) pour le service de communication ainsi que le soutien technique.

Une image promotionnelle du site d'Encrochat qui montre un téléphone avec le logo de l'entreprise et diverses fonctionnalités du service.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une image promotionnelle du site d'Encrochat.

Photo : Encrochat

L’entreprise garantissait l’anonymat complet à ses utilisateurs et utilisatrices. Sa plateforme permettait notamment d’envoyer des messages qui s'autodétruisaient après un certain temps et d’effacer la mémoire de l’appareil en entrant un code sur son écran d’accueil.

Si Encrochat a cessé ses activités en juin, rien n’indique pour l’instant que les personnes derrière le service sont elles aussi dans la mire des autorités. Leurs identités ne sont pas connues.

Avec les informations de New York Times, Vice, et BBC

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