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Un retour en classe à temps partiel en Ontario à la rentrée?

Les mains d'une enseignante qui appuie sur le bouchon d'une bouteille de désinfectant posé sur un pupitre dans une salle de classe.

Les élèves ontariens pourraient retourner en classe à temps partiel seulement en septembre.

Photo : Getty Images / izusek

Radio-Canada

Nombre de conseils scolaires en Ontario évoquent la possibilité d'enseignement en classe à temps partiel en septembre à cause de la COVID-19, alors qu'ils se préparent à la rentrée.

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, a demandé aux conseils de se préparer à trois scénarios : un enseignement normal en classe avec des mesures de distanciation physique en place, un apprentissage à distance à temps plein et un modèle hybride combinant les deux approches.

Avec le modèle hybride, pas plus de 15 élèves seront présents dans les salles de classe à des jours ou à des semaines alternées.

Dans une récente lettre envoyée aux parents, le Conseil scolaire public anglais d'Ottawa-Carleton a présenté une proposition provisoire en ce sens. La moitié des élèves iraient à l'école le lundi et le mardi, l'autre moitié, le jeudi et le vendredi. Le mercredi serait réservé au nettoyage complet des écoles, ajoute le Conseil.

Un plan similaire est envisagé par le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE). Un groupe d’élèves se présente à l’école les lundis et mercredis et un autre groupe les mardis et jeudis, et un vendredi sur deux pour chacun des deux groupes, explique le Conseil dans une lettre aux parents.

À l'élémentaire, un membre du personnel serait disponible pour répondre aux questions des enfants à la maison en temps réel durant les cours. Au secondaire, le modèle n'a pas encore été finalisé.

Toutes les conseillères et tous les conseillers scolaires ainsi que tous les membres de l’administration sont conscients de l’impact que les scénarios [hybride] ou [apprentissage à la maison] pourrait avoir sur le quotidien des familles.

Réjean Sirois, directeur de l'éducation du CECCE

Un plan hybride est également à l'étude chez le plus important conseil scolaire au Canada, le Conseil public anglais de Toronto (TDSB). Ryan Bird, porte-parole du TDSB, dit que les modèles à l'étude incluent des options qui permettraient aux élèves d'être en classe pendant des jours ou même des semaines décalés.

Le Conseil envisage également de mettre en place des quadrimestres pour les élèves du secondaire. L'année scolaire serait divisée en quatre sections de deux cours chacune.

Le personnel a également pris en compte les exigences (équipement de protection individuelle), comme la capacité de distancer physiquement les élèves et les enseignants, la possibilité de basculer de l'apprentissage à distance à l'apprentissage en personne, et le transport, parmi un certain nombre d'autres éléments, mentionne M. Bird.

Les conseillers scolaires du TDSB doivent débattre d'un plan préliminaire à la mi-juillet.

Notre comité interne travaille à proposer des modèles permettant de s’adapter rapidement en fonction de l’évolution de la pandémie afin de continuer à soutenir l’apprentissage, l’épanouissement et le développement des élèves, indique le Conseil Viamonde, qui promet plus de détails pour les parents dans les « semaines à venir » sans fournir de date précise.

Pour sa part, le Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario compte sonder les parents sur leur intention d'envoyer leur enfant à l'école à la rentrée au cours des « prochains jours ».

Nous avons réalisé un sondage auprès de nos familles afin de connaître leurs intentions d’envoyer ou non leur(s) enfant(s) à l’école en septembre et afin de préparer la rentrée prochaine. Un autre sondage sera envoyé aux parents avant la rentrée et après que le Ministère de l’Éducation ait pris une décision sur le scénario choisi pour la rentrée de septembre afin de connaître leur décision, indique le Conseil catholique MonAvenir.

Le Conseil public du Grand Nord de l'Ontario avait fait un premier sondage auprès des parents avant la fin de l'année scolaire et fera de même à la mi-août pour la rentrée.

Casse-tête pour les parents

Nombre de parents affirment que le modèle hybride leur poserait des défis énormes.

Si mes deux enfants ne sont pas en même temps, je lâche ma job. Plusieurs parents auront de la difficulté.

Sophie Perron Lamouche, mère (page Facebook de Radio-Canada)

Avec plusieurs enfants d'âges différents et donc pas forcément dans les mêmes écoles, ça paraît compliqué si les deux parents travaillent. Car même en télétravail, on ne peut pas travailler correctement et faire prof à la maison, ajoute Sandrine Genest sur la page Facebook de Radio-Canada.

Au secours. Parent célibataire, pas de soutien. Je travaille à partir de la maison et je perds la tête c'est certain! dit Pierre Michaud.

La question des services de garde est une autre préoccupation. Kerri Whitaker, présidente du groupe Sunshine Child-Care Centres, qui exploite plusieurs garderies en milieu scolaire dans la région de Toronto, juge que de nombreux modèles hybrides s'avéreront intenables pour les parents.

Les services de garde fonctionnent déjà à des capacités limitées, souligne-t-elle. Ils seront mal équipés pour accueillir de nouveaux enfants selon un calendrier potentiellement incertain.

Mme Whitaker dit que la fermeture des écoles pendant une journée complète en semaine compliquerait encore plus la vie des parents. Ce sont les mercredis qui posent problème, note-t-elle. Nous ne pourrons tout simplement pas accueillir la plupart des enfants qui auront besoin de nous.

La porte-parole du ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, dit que la sécurité est la priorité du gouvernement, quelle que soit la façon dont les conseils scolaires choisissent de procéder.

Nous nous préparons à tous les scénarios pour nous assurer que, quel que soit le défi qui se présentera à l'automne, l'Ontario sera prêt à continuer à donner des cours aux élèves, soutient Alexandra Adamo. Bien que notre objectif soit de faire en sorte que les élèves soient en classe quotidiennement, cela doit être fait de façon sûre.

De son côté, la professeure de médecine Anna Banerji de l'Université de Toronto dit que la situation pourrait être encore plus « confuse » à la rentrée, alors qu'il pourrait être difficile de distinguer les symptômes de la COVID-19 de ceux de la grippe, notamment.

Malgré les « risques » pour les élèves et les enseignants, elle croit toutefois qu'il n'y a « pas d'autre solution » que de rouvrir les écoles en septembre, pour le « bien-être psychologique » des enfants et pour permettre aux parents de travailler. Elle prône tout de même des précautions pour les élèves plus vulnérables et leurs proches.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario
Avec les informations de La Presse canadienne

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Toronto

Éducation