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Le marché européen de la 5G sérieusement obscurci pour Huawei

Vue d'un écran de téléphone prenant en photo une projection avec le mention 5G.

Huawei est au cœur d'un différend de longue date avec Washington, qui tente de convaincre ses alliés d'exclure le géant chinois des appels d'offre pour la 5G.

Photo : Getty Images / Arne Dedert

Radio-Canada

L'avenir du géant chinois Huawei sur le marché de la 5G en Europe s'est sérieusement obscurci cette fin de semaine : en France, les opérateurs qui l'utilisent vont recevoir des autorisations d'exploitation limitées, alors qu’en Grande-Bretagne, les autorités prévoient se passer du géant chinois des télécommunications.

Dimanche, l'agence française chargée de la sécurité informatique a fait savoir qu'elle restreindrait fortement les autorisations d'exploitation des opérateurs français partenaires du groupe.

Huawei ne fera pas l'objet d'un bannissement total, mais les opérateurs français qui l'utilisent vont, au mieux, recevoir des autorisations d'exploitation limitées à huit ans, selon l'Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques (ANSSI).

Les opérateurs qui n'utilisent pas Huawei, nous les incitons à ne pas y aller, car c'est un peu le sens naturel des choses. Ceux qui l'utilisent déjà, nous délivrons des autorisations dont la durée varie entre trois et huit ans.

Guillaume Poupard, directeur général de l'Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques

Nous ne sommes pas dans du Huawei bashing, ni dans du racisme antichinois, a-t-il assuré.

Seuls trois équipementiers, les européens Nokia et Ericsson et le chinois Huawei, sont capables de fournir les équipements pour les futurs réseaux de télécommunications mobiles 5G.

Il y aura des refus, a indiqué M. Poupard dans un entretien au journal Les Échos, excluant toutefois que ces refus concernent Nokia et Ericsson, et indiquant ainsi en creux que seul Huawei est concerné.

Pékin veut une attitude « juste »

Réagissant à cette annonce, la Chine a appelé lundi la France à garantir un environnement équitable et non discriminatoire à ses entreprises.

Interrogé lors du point de presse quotidien du ministère chinois des Affaires étrangères, le porte-parole Zhao Lijian a émis l'espoir que la France observe une attitude objective et juste, respecte les lois du marché et la volonté des entreprises.

Des gens marchent à côté de poteaux ornés du logo de Huawei.

56 % des Canadiens et Canadiennes invitent le gouvernement fédéral à écarter Huawei de l'implantation du 5G au pays.

Photo : Reuters / China Stringer Network

Parallèlement, en Grande-Bretagne, le premier ministre Boris Johnson devrait annoncer ce mois-ci des plans pour retirer progressivement les équipements Huawei du réseau 5G du pays, selon le Financial Times, citant des sources gouvernementales.

De son côté, Oliver Dowden, ministre chargé du Numérique, de la Culture, des Médias et du Sport, a répété lundi dans les médias britanniques que Downing Street voulait diversifier ses équipements pour réduire la part des fournisseurs à haut risque, Huawei étant le principal d'entre eux.

Un rôle limité en Grande-Bretagne

M. Johnson compte évincer Huawei notamment parce que les sanctions américaines annoncées en mai poseraient, selon un rapport britannique sur la sécurité nationale, de très très sérieuses questions sur la capacité de Huawei à continuer à faire partie des fournisseurs du réseau 5G britannique, écrit le Financial Times.

M. Dowden a confirmé lundi la réception d'un rapport du Centre national sur la cybersécurité à propos de l'impact des sanctions américaines sur Huawei, lesquelles causeront des difficultés.

Ces sanctions sont notamment destinées à couper l'accès de Huawei aux semi-conducteurs fabriqués avec des composants américains. Londres s'inquiète d'un recours du chinois à des équipements de rechange susceptibles de poser de nouveaux risques en ce qui concerne la sécurité, poursuit le quotidien financier.

L'administration Trump accuse Huawei d'être à la solde de Pékin et fait pression dans le monde pour que le chinois soit exclu des réseaux de téléphonie de nouvelle génération.

Selon des médias américains, le Pentagone a publié une liste de 20 entreprises chinoises, dont Huawei, qu'il estime liées à l'armée chinoise.

Huawei a de son côté toujours nié les accusations d'espionnage au profit de Pékin.

Washington cherche par ailleurs l’extradition du Canada de Meng Wanzhou, la fille du fondateur de Huawei, le milliardaire Ren Zhengfei. Elle est accusée de fraude bancaire.

Il est allégué qu'elle aurait menti à un banquier de la HSBC de Hong Kong, en 2013, au sujet de la relation entre le géant des télécommunications et une entreprise qui violait les sanctions américaines contre l'Iran.

Le 27 mai, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a jugé que le crime pour lequel elle est accusée aux États-Unis constitue aussi une infraction criminelle au Canada, conformément au principe de double incrimination. Cette décision permettait la poursuite de la procédure d'extradition.

Avec les informations de Agence France-Presse

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