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Des Hongkongais résidant au Canada pourraient ne plus jamais revoir leur terre natale

Des gens tiennent leur téléphone devant la ligne d'horizon de Hong Kong.

Certains Hongkongais pourraient bien ne plus jamais revoir leur terre natale. (Archives)

Photo : Reuters / Thomas Peter

Radio-Canada

La nouvelle loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin sur Hong Kong est si tentaculaire que des Hongkongais qui habitent au Canada pourraient ne plus jamais revoir leur terre natale.

La nouvelle loi comprend des dispositions qui rendent illégale la subversion. De plus, selon l’article 38 de la nouvelle loi, celles-ci s’appliquent à la planète entière.

Selon certains experts, cela signifie que quiconque a publiquement fait la promotion de la démocratie et du maintien des droits de l’homme à Hong Kong, même si cette personne n’a pas de liens directs avec Hong Kong et a fait cette promotion alors qu’elle n’était pas présente à Hong Kong, s’expose à de sérieuses conséquences si elle y met les pieds.

Il y a environ 600 000 personnes originaires de Hong Kong au Canada, dont beaucoup se sont exprimées et ont fait pression sur le gouvernement canadien pour qu'il soit plus proactif en réponse aux violations par la Chine de la loi fondamentale de la région administrative spéciale de Hong Kong. Toutes ces personnes sont désormais susceptibles d'être poursuivies et extradées en Chine si elles se rendent à Hong Kong pour rendre visite à leur famille ou pour retourner dans leur ville natale, explique Charles Burton, expert de la Chine à l'Institut Macdonald-Laurier et ancien diplomate à Pékin.

Lester Ross, associé responsable du bureau de Pékin du cabinet d'avocats international WilmerHale, abonde dans le même sens.

Les centaines de milliers de citoyens canadiens d'origine chinoise ou hongkongaise qui se prévalent de leurs droits de liberté d'expression qui leur sont accordés au Canada ou ailleurs pour critiquer la nouvelle loi, par exemple, [...] seraient particulièrement vulnérables en raison de leur plus grand intérêt et de leur participation aux questions touchant Hong Kong et la Chine continentale, selon lui.

Des activistes atterrés

Si les Canadiens d’origine hongkongaise qui ont simplement fait quelques déclarations publiques, sur les médias sociaux par exemple, courent un risque en se rendant à Hong Kong, les militants et les activistes les plus en vue ont abandonné l’idée de revoir leur terre natale de leur vivant.

C’est le cas de Davin Wong, directeur des initiatives politiques à Alliance Canada Hong Kong, un organisme canadien qui milite pour les droits de la personne en Chine.

Nous [les membres d’Alliance Canada Hong Kong] ne sommes plus en sécurité à Hong Kong, Macao ou en Chine continentale. Nous hésitons même à visiter les pays qui ont un traité d'extradition avec la Chine, dit-il.

Certains d'entre nous ont des familles qui vivent toujours à Hong Kong et en Chine. Nous avons également peur que nos familles soient ciblées et s'exposent à des représailles pour notre travail de défense des intérêts démocratiques, selon M. Wong.

Amnistie internationale considère qu’être inculpé d'une infraction liée à la sécurité nationale peut être synonyme de détention secrète et de torture. C’est ce qu’a déclaré par courriel France-Isabelle Langlois, directrice générale d'Amnistie internationale Canada francophone, dimanche soir.

Gloria Fung, elle, est née au Cambodge, mais a émigré à Hong Kong avec ses parents à l’âge de six ans. Elle aussi se dit résignée à ne plus jamais y retourner.

J'ai grandi à Hong Kong et j'ai un attachement très fort à cette ville et à ses habitants. C’est triste : je serai une Hongkongaise en exil tant que le Parti communiste chinois sera au pouvoir. Les militants et les activistes canadiens qui exposent la vérité sur la Chine et sur Hong Kong sont tous dans la même situation, explique-t-elle.

Elle est présidente du Canada-Hong Kong Link, un organisme basé à Toronto qui fait la promotion des droits de l'homme et de la démocratie à Hong Kong. En raison de ses activités, il ne serait pas sûr pour moi de retourner à Hong Kong après la mise en œuvre de cette loi sur la sécurité nationale, croit-elle.

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