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Le Wexit n’a pas la cote, mais pourrait coûter cher aux conservateurs

Un homme tient une casquette verte sur laquelle il est écrit « Wexit » devant une table de vente d'objets promotionnels où trônent notamment d'autres casquettes sur lesquelles on propose, en anglais, de «redonner sa grandeur à l'Alberta» (Make Alberta Great Again). Photo prise lors d'un rassemblement visant à créer un Parti du Wexit à Calgary, le 16 novembre 2019.

Selon le sondage, l'Alberta est un terreau fertile au mouvement séparatiste de l'Ouest canadien.

Photo : Reuters / Todd Korol

Radio-Canada

Une majorité de Canadiens s’opposent à l’idée de voir les quatre provinces de l’Ouest se séparer du reste du pays, selon un sondage de la firme Abacus Data, qui souligne toutefois que l’adhésion à l’aile politique du mouvement se ferait surtout au détriment du Parti conservateur.

Les conservateurs fédéraux s’appuient essentiellement sur leur force dans ces provinces pour faire élire des députés, explique le président-directeur général d’Abacus Data, David Coletto. Selon lui, la question à se poser est donc : qui sont les ''wexitistes''?.

Il précise que près de la moitié de ceux qui prônent la séparation de l’Ouest à l’échelle nationale ont appuyé le parti d’Andrew Scheer aux dernières élections fédérales.

Chez ceux qui sont en faveur du Wexit dans les provinces concernées, 81 % ont voté pour le Parti conservateur, ajoute-t-il.

Si l’idée d’une séparation de l’Ouest ne trouve écho que chez 7 % des Canadiens, elle séduit tout de même 15 % des électeurs qui favorisent l’ancien parti de Stephen Harper.

Plus d’appui en Alberta

Ce sont les Albertains qui soutiennent le plus fortement le mouvement, selon le sondage. Alors que 20 % de la population de la province croit qu’une Alberta indépendante est une bonne idée, un autre 26 % des Albertains soutiennent pouvoir vivre avec.

À l’opposé, 54 % des habitants de la province croient qu’il s’agit d’une très mauvaise idée.

David Coletto voit dans ces résultats un point de départ, un public cible prêt à écouter, particulièrement en Alberta, où la plupart des gens ne sont peut-être pas prêts à choisir la séparation, mais pourraient vivre avec.

Cette ouverture à la sécession est, pour le sondeur, une conséquence de l’impression d’être traités injustement par le reste du pays qu’ont exprimée le trois quarts des Albertains dans un sondage de novembre 2019.

L’opinion des habitants de l’Alberta ne marque pas nécessairement un changement à grande échelle de leur perception, mais elle montre l’existence d’un environnement où ce genre de parti et ce genre d’idées peuvent séduire une partie de la population, note M. Coletto.

Une tendance qui se confirme, selon un politologue

Les résultats obtenus par Abacus Data sont similaires à ceux d’autres sondages récents en ce qui a trait à la popularité de l’option souverainiste dans l’Ouest, explique le politologue Duane Bratt, de l’Université Mount Royal, à Calgary.

Cette dernière enquête montre toutefois une augmentation de l’intérêt chez ceux qu’il qualifie de séparatistes mous.

Il y a une petite minorité très active - environ 9 à 13 % - de séparatistes purs et durs. Les autres partisans sont plutôt mous, note-t-il. Leur soutien à la cause pourrait se cristalliser ou s’évanouir au gré des événements ou si un référendum est tenu.

Selon lui, le Parti du Wexit donne également des maux de tête aux conservateurs dans l’Ouest du Canada puisque les quatre candidats qui briguent la chefferie du parti fédéral viennent de l’Est du pays.

La force du mouvement en Alberta est également un boulet pour le premier ministre Jason Kenney, soutient le politologue. Il rappelle que de nombreux partisans de la séparation appuient le Parti conservateur uni et qu’il y en a même quelques-uns au sein du caucus.

Même si le premier ministre se dissocie formellement de l’idée d’une Alberta indépendante, des membres et des députés de son parti ne cachent pas leur penchant pour cette option.

Méthodologie :

Le sondage a été mené par Abacus Data auprès d’un échantillon non probabiliste de 1500 Canadiens invités à répondre à un questionnaire proposé par différents panels de sondage, du 26 au 30 juin 2020.

Les résultats ont été ordonnés de façon à représenter la population canadienne en fonction de l’âge, du sexe, de la scolarité et du lieu de résidence, tels que définis lors du dernier recensement.

S’il avait été réalisé auprès d’un échantillon probabiliste, ce sondage aurait eu une marge d’erreur de +/- 2,8 %, 19 fois sur 20.

Avec les informations de Joel Dryden et Robson Fletcher

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Politique fédérale