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Plan d'irrigation : un professeur de l'Université de la Saskatchewan partage son opinion

Le professeur John Pomeroy croit que le projet devrait être dirigé par une agence fédérale.

John Pomeroy accroupi près d'un plan d'eau. De l'eau s'écoule de ses mains.

John Pomeroy

Photo : Université de la Saskatchewan

Radio-Canada

Le gouvernement de la Saskatchewan a annoncé un plan de quatre milliards de dollars pour accroître l’irrigation à partir du réservoir du lac Diefenbaker. Les travaux devraient se dérouler en trois phases au cours de la prochaine décennie.

Le journaliste de CBC Jason Warick en a parlé avec le président de la Chaire de recherche du Canada et directeur du programme Global Water Futures de l’Université de la Saskatchewan, John Pomeroy.

Que pensez-vous de l’annonce du gouvernement?

L’annonce n’a pas été une surprise. Cela se prépare depuis un certain temps, mais il est certain que la portée est vraiment remarquable, un événement incroyable à bien des égards pour la gestion des ressources en eau de la Saskatchewan. 

L’expansion de l’irrigation était prévue depuis longtemps pour le lac Diefenbaker. L’expansion initiale du projet n’a pas été réalisée. Le réservoir a été conçu pour cela, c’est pour cela qu’il a été construit. 

Quelles sont certaines des questions qui doivent être prises en considération?

Nous sommes en 2020. Nous avons des changements climatiques rapides et nous avons des problèmes non résolus avec des collectivités autochtones. Il y a donc beaucoup de choses à régler au-delà de l’expansion de l’irrigation. 

Cela semble-t-il une bonne idée dans l’ensemble?

En tant que scientifique, je ne dirai pas si c’est une bonne idée ou non. Il y a une volonté de le faire, alors je pense que c’est ce qui est important. Il  y a une base scientifique à sa conception. C’est conçu pour le 21e siècle, non pas le 20e siècle. Il y a des questions transfrontalières et autochtones en jeu, par exemple le fait que cette eau s’écoule au Manitoba. Il y a beaucoup de considérations.

Comme quoi?

Par exemple, si nous prenons l’eau du lac Diefenbaker et l’utilisons pour l’irrigation, elle s'évaporera surtout pas la croissance des cultures. Cela signifie que le lac ne sera plus au même niveau pour fonctionner à travers les turbines pour produire de l’hydroélectricité au barrage Gardiner. Le Manitoba n’aura pas non plus accès à ce flux pour produire de l'électricité.

Pouvez-vous nous parler des effets possibles sur les écosystèmes?

Ce débit ne sera pas non plus disponible pour le Saskatchewan Delta près de Cumberland House, ce qui est crucial pour cet écosystème et pour la vie des communautés autochtones de la région.

Les volumes proposés pour l’irrigation sont-ils durables?

Au cours des 20 dernières années, il y a eu des débits très faibles qui pourraient compromettre un grand projet d’irrigation, mais cela peut fonctionner tant que vous le gérez correctement et comprenez qu’il y a des années où nous devons retenir l’eau.

Il faut aussi tenir compte des changements climatiques qui se produisent dans un climat changeant. Dans 50 ans, dans 100 ans, soit la durée du projet, la Saskatchewan sera beaucoup plus chaude et un peu plus humide, mais beaucoup plus variable. Il y aura quelques inondations et sécheresses. Il pourrait être très utile d’avoir ce projet pour gérer cela.

Le coût est estimé à 4 milliards de dollars. Il irriguera des centaines de milliers d’acres. Quelle est son importance?

Il s’agit d’un projet d’envergure. Il élargirait considérablement l’irrigation par rapport à ce qu’elle est actuellement.

Étant donné que le bassin de la rivière Saskatchewan s’écoule de l’Alberta à la Saskatchewan et au Manitoba, avec les communautés autochtones également, il s’agit certainement d’un projet national. La complexité est immense. La conception devrait être dirigée par un organisme fédéral. Il ne s’agit pas seulement d’un projet de la Saskatchewan.

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