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Des amateurs de voitures modifiées bravent les consignes de la santé publique à Ottawa

Des personnes discutent à proximité de voitures modifiées dans un stationnement le soir.

Les participants au rassemblement de voitures modifiées respectent peu les consignes de distanciation physique.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Bergeron

Radio-Canada

Pandémie ou non, des dizaines et des dizaines de propriétaires de voitures modifiées convergent vers un grand stationnement d’Ottawa pour montrer leurs bolides, faisant fi des consignes de santé publique en matière de distanciation physique.

Selon des participants rencontrés sur place, ces rassemblements ont lieu depuis des années chaque vendredi dans ce stationnement d’un centre commercial à l’angle des rues Merivale et Meadowlands dans le sud-ouest d’Ottawa.

La pandémie de COVID-19 n’a pas su refroidir leurs ardeurs. Les amateurs qui arpentent les rangées de voitures modifiées se comptent par dizaines, voire par centaines au plus fort de la soirée, et ce même si l’Ontario interdit toujours les rassemblements de 10 personnes et plus.

On est mordus de ça [...] On désobéit un petit peu, reconnaît candidement Guy Lacelle, un amateur de bolides venus de Gatineau pour l’événement. J’ai mon masque et je ne le porte pas. On devrait tous avoir un masque, ajoute-t-il.

Alain Boudreault répond aux questions de Radio-Canada dans un stationnement où sont garées des voitures sport.

Alain Boudreault reconnaît qu'il est difficile de respecter les consignes de santé publique.

Photo : Radio-Canada

On essaie de faire attention nous autres, mais je ne pense pas qu’on les respecte comme on devrait les respecter, croit quant à lui Alain Boudreault, un autre curieux venu du Québec pour l’événement.

Le conseiller municipal du quartier, Keith Egli, s'inquiète pour la sécurité des résidents, mais craint aussi une propagation du virus. Chaque fois qu’il y a un grand rassemblement, ça comporte des risques. Plus vous réunissez des personnes, plus il y a un potentiel de propager le virus, dit-il.

Marivale n’est pas le seul endroit dans la ville où ça a lieu. Mais, c’est certainement l’un des endroits clés, ajoute l'élu. Il croit aussi que la pandémie a accentué le phénomène.

Le conseiller précise recevoir plusieurs plaintes de résidents qui dénoncent le bruit.

De son côté, la Ville d’Ottawa explique qu’elle n’entend pas nécessairement sévir contre cette violation flagrante des consignes de santé publique.

Pendant la pandémie de COVID-19, les Services des règlements municipaux accordent la priorité à la sensibilisation et à l’éducation, explique dans un courriel Jennifer Therkelsen, directrice intérimaire des Services des règlements municipaux. L'imposition d'une amende n'est que l'une des voies qui peuvent être utilisées.

L'infectiologue Neil Rau répond aux question d'un journaliste.

Neil Rau croit que les événements extérieurs posent moins de risque que les rassemblements dans un environnement clos (archives).

Photo : Radio-Canada

Cette approche serait d’ailleurs celle à privilégier dans le contexte actuel, croit l’infectiologue Neil Rau. L'éducation, c'est mieux que de donner des amendes et d'avoir un enforcement strict. Avec un renforcement strict, nous allons perdre leur confiance, note-t-il.

Pierre Bastien en entrevue à la caméra de Radio-Canada près d'une voiture dont le capot est ouvert.

Pierre Bastien prend part aux rassemblements de voitures, mais il tient à porter un masque.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Bergeron

Pierre Bastien, lui, est l’un des rares participants qui portait un masque. J’ai pris ça bien au sérieux quand ç’a commencé. Encore aujourd’hui, les gens pensent qu’avec le déconfinement, c’est terminé, relate-t-il derrière son couvre-visage au motif rappelant un drapeau en damier.

Au nombre de personnes qu’il va y avoir ici ce soir, il y en a peut-être un qui ne sait pas qu’il est infecté.

Pierre Bastien

Ça m'inquiéterait si c'était à l'intérieur, nuance cependant le Dr Rau, en citant notamment les manifestations des dernières semaines en appui au mouvement Black Lives Matter.

Ces importants rassemblements extérieurs, fait-il valoir, ne semblent pas avoir engendré une nouvelle augmentation de cas pour le moment. On doit analyser soigneusement ce qu'est l'impact de chacun de ces événements, estime-t-il.

Certains participants craignent toutefois la COVID-19, contrairement à plusieurs de leurs pairs. Généralement, si quelqu’un veut regarder ta voiture, il va te demander la permission. Si tu acceptes, tu gardes tes distances, note par exemple Ro Rahmatullah.

J’ai peur […] On essaie de s’en tenir à notre bulle de 10 personnes avec nos chaises pliantes près de nos voitures , souligne Jonah Vandershaaf.

Avec les informations de Jérémie Bergeron

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Ottawa-Gatineau

Santé publique