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La Ville de Québec veut bannir le glyphosate de ses activités

Une réflexion plus large doit avoir lieu pour restreindre son usage et celui d'autres pesticides par les citoyens, les commerces et les institutions.

Le reportage d'Alexane Drolet

Photo : Reuters / Mike Blake

La Ville de Québec entend renoncer aux herbicides à base de glyphosate pour ses propres activités et sur ses propriétés. Elle évoque même une volonté de l'interdire, si telle chose est possible, sur l'ensemble du territoire.

La conseillère Suzanne Verreault, membre du comité exécutif et responsable des dossiers liés à l'environnement à la Ville, veut aller plus loin que ce qui est actuellement inscrit dans le Plan d'action sur l'agriculture urbaine 2020-2025, présenté plus tôt ce printemps.

Dans ce document, dont la version finale est en cours de rédaction, la Ville exprime le souhait de déterminer les meilleurs moyens pour restreindre davantage l'usage de certains pesticides.

On y fait particulièrement référence aux produits à base de glyphosate, dont le plus connu est le Roundup de Monsanto, ainsi que les néonicotinoïdes, connus pour leurs effets toxiques sur les insectes pollinisateurs comme les abeilles.

Pour la mouture définitive du plan d'action, prévue pour l'automne, Mme Verreault veut que la Ville soit encore plus ferme. Avec sa collègue Émilie Villeneuve, responsable de l'agriculture urbaine, elle planchera sur une façon de durcir le ton.

On va se rasseoir et on va voir comment on peut réajuster dans le plan d'action pour que le message soit plus fort, dit-elle en entrevue à Radio-Canada.

Suzanne Verreault

Suzanne Verreault, conseillère municipale de Limoilou et responsable des dossiers environnement au comité exécutif.

Photo : Radio-Canada

Montrer l'exemple

La Ville, ajoute la conseillère, a le pouvoir de montrer l'exemple sur ses propriétés et ses chantiers en utilisant le moins possible de produits nocifs. Elle peut également encourager d'autres acteurs sur le territoire à changer leurs habitudes.

Sans pouvoir s'engager à bannir complètement certains produits comme le glyphosate, Mme Verreault veut à tout le moins vérifier quelles sont les options légales qui s'offrent à l'administration municipale. Moi, c'est certain que je vais demander pour voir la possibilité, dit-elle.

Mme Verreault va notamment regarder ce qui se passe du côté de Montréal, où l'administration de Valérie Plante a entamé un processus pour bannir le glyphosate de son territoire. Dans la métropole, des enjeux d'application de la nouvelle réglementation, jugée ambitieuse, ont retardé sa mise en oeuvre de 2019 à 2021.

Il faudra voir jusqu'où on peut aller, étant donné que c'est un produit encore permis par les gouvernements. Est-ce que la Ville a un pouvoir assez fort?

Suzanne Verreault

Une interdiction complète signifie que les particuliers, les agriculteurs et les propriétaires commerciaux, comme les terrains de golf, devront trouver une autre façon de se débarrasser des plantes nuisibles.

Dans le cas du glyphosate, la Ville de Montréal a promis d'aller de l'avant en vertu du principe de précaution. Les effets négatifs du glyphosate font en effet l'objet de débats intenses depuis des années.

Son fabricant assure qu'il est sans effet négatif sur la santé, mais l'Organisation mondiale de la santé l'a classé, en 2015, comme cancérigène probable pour la santé humaine.

Aux États-Unis, Bayer, propriétaire de Monsanto, doit payer des milliards de dollars à la suite de recours judiciaires.

Le logo de Bayer de couleur vert et bleu.

Le géant allemand Bayer est propriétaire de Monsanto, créateur du Roundup.

Photo : AFP / ODD ANDERSEN

Des exceptions

À Québec, les usages de pesticides et d'herbicides sont restreints depuis 2002 près des sources d'eau potable, principalement au nord de la ville et autour du lac Saint-Augustin.

Pour les cas où il n'est pas possible d'y échapper et que les moyens naturels n'ont pas fonctionné, la Ville peut autoriser le recours aux pesticides malgré la zone d'exemption. Elle recommande toutefois des produits à faible impact, dont elle dresse une liste.

Les terrains de golf sont également exemptés de la réglementation.

Ce que dit la réglementation :

L’application d’un pesticide est interdite à l’intérieur d’une bande riveraine de 300 mètres d’un plan d’eau servant de source d’approvisionnement en eau potable.

Source : Ville de Québec

Partout ailleurs, l'usage des pesticides n'est pas restreint.

La Ville a tout de même entrepris de diminuer ses usages. Le Roundup peut cependant s'avérer la seule option dans certains cas, rappelle Suzanne Verreault. Le récent dossier du sentier de la falaise de Sillery fait partie de ces rares exceptions, dit-elle.

Pour éradiquer une colonie d'herbe à puce en prévision de l'aménagement du sentier, le Roundup sera utilisé en petite quantité au cours de l'été. La Ville prévoit un seul épandage et n’utilisera, promet-elle, que 156 ml du produit.

Dans ce cas-ci, il a été évalué par la Ville que le risque pour la santé des travailleurs pouvant être exposés aux plantes dépassait le risque d'utilisation du Roundup. Mme Verreault soutient que la Ville fera des recherches pour trouver une alternative pour ces cas extrêmes. Tous les efforts vont être fournis, les recherches, le référencement de ce qui se fait ailleurs, dit-elle.

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