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Trump vante une Amérique « forte » et « fière », mais reste discret sur la pandémie

Ses partisans, dont peu portaient des masques, ont scandé « quatre ans de plus ».

Donald Trump au mont Rushmore. En arrière-plan, les anciens présidents George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln, dont les visages sont sculptés dans le granit.

Donald Trump était de passage le 3 juillet au mont Rushmore afin d'y prononcer un discours.

Photo : Getty Images / SAUL LOEB

Agence France-Presse

Loin de Washington pour un soir, Donald Trump a vanté vendredi une Amérique exceptionnelle dans le cadre majestueux du mont Rushmore, sans s'attarder sur les chiffres alarmants de la COVID-19 dans un pays inquiet qu'il peine à rassembler.

Très critiqué pour sa gestion de la pandémie, le président américain s'est offert, à la veille de la fête nationale du 4 juillet, une soirée de feux d'artifice et un discours au ton très dur en terrain conquis.

Le tempétueux milliardaire s'est exprimé sous le regard de quatre de ses lointains prédécesseurs, taillés dans le granit, dont il a longuement fait l'éloge : George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln.

Sous un ciel sans nuage et devant une foule scandant quatre ans de plus, dans laquelle les masques étaient rares, il s'est posé, à quatre mois de l'élection présidentielle, en défenseur de l'intégrité de son pays.

Nous allons dire la vérité telle qu'elle est, sans nous excuser : les États-Unis d'Amérique sont le pays le plus juste et le plus exceptionnel ayant jamais existé sur la Terre.

Le président Donald Trump

En plein débat sur les symboles de l'histoire du pays, et alors que des statues de généraux confédérés ont été mises à terre par des manifestants antiracistes, il a dénoncé une campagne visant à effacer notre histoire, diffamer nos héros, supprimer nos valeurs et endoctriner nos enfants.

Le désordre violent que nous avons vu dans nos rues et nos villes (...) est le résultat d'années d'endoctrinement extrême et de partialité dans l'éducation, le journalisme et d'autres institutions culturelles, a-t-il ajouté.

La mort filmée de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai, a suscité une vague de manifestations, parfois émaillées de violences, inédites depuis les grandes marches pour les droits civiques des années 1960.

Le milliardaire n'a que très brièvement évoqué la résurgence de cas de COVID-19 dans le sud et l'ouest qui met tout le pays en danger, selon les termes d'Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses.

En mauvaise posture dans les sondages, Donald Trump s'en tient depuis plusieurs jours à un seul message : la crise du coronavirus est gérée, l'économie américaine repart plus fort et plus vite que prévu, et l'année 2021 sera historique.

Les partisans de Donald Trump

Les partisans de Donald Trump, au mont Rushmore. Peu d'entre eux portaient un masque.

Photo : Reuters / TOM BRENNER

Des records de contaminations

Pourtant, dans un contraste saisissant avec l'Europe, des records de contaminations sont battus quotidiennement aux États-Unis.

L'Université Johns Hopkins, qui fait référence, a annoncé que les États-Unis avaient enregistré vendredi 57 683 nouvelles infections dues au coronavirus en 24 heures.

La petite amie de Donald Trump fils, le fils aîné du président, a elle-même été déclarée positive, a rapporté vendredi le New York Times. Kimberly Guilfoyle, 51 ans, était présente au mont Rushmore, mais n'a pas voyagé dans l'avion présidentiel.

Nombre d'États ont dû mettre le déconfinement sur pause, voire faire machine arrière, refermant à la hâte bars et plages.

Au début de ce long week-end férié, l'ancien président démocrate Barack Obama a, lui, appelé à un sursaut. Vaincre ce virus demandera la mobilisation de tous. Portez un masque. Lavez-vous les mains, a-t-il tweeté. Et écoutez les experts, pas ceux qui essayent de nous diviser.

Le locataire de la Maison-Blanche, qui était accompagné de son épouse Melania Trump, savait pouvoir compter sur un accueil chaleureux dans le Dakota du Sud, État qu'il a remporté en 2016 avec plus de 60 % des voix.

Et la gouverneure républicaine Kristi Noem avait indiqué à l'avance qu'elle n'entendait pas gâcher la fête.

Nous avons dit à ceux qui sont inquiets qu'ils peuvent rester chez eux, avait-elle expliqué. Pour ceux qui veulent se joindre à nous, nous distribuerons des masques gratuits, s'ils décident d'en porter un. Mais il n'y aura pas de distanciation sociale.

Manifestation de tribus sioux

Des soldats de la garde nationale et des manifestants se font face.

Des manifestants frappent les boucliers de membres de la garde nationale alors que ceux-ci bloquent la route qui mène au mont Rushmore, dans le Dakota du Sud, le 3 juillet 2020.

Photo : AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Des représentants de tribus sioux ont manifesté pour protester contre l'organisation de cette soirée dans les montagnes de Black Hills – où les têtes ont été sculptées de 1927 à 1941 –, qu'ils considèrent comme sacrées.

Donald Trump parle depuis longtemps de sa fascination pour le mont Rushmore. En 2017, il avait même évoqué, en plaisantant, la possibilité que son visage y soit ajouté un jour. Au-delà de toute considération politique, il est cependant peu probable que cela arrive.

De temps en temps, des individus ou des organisations proposent d'ajouter de nouveaux bustes, mais cela n'est pas possible, explique à l'AFP Dana Soehn, porte-parole de ce parc national.

La roche qui se trouve autour des visages (des présidents) ne permet pas de sculpture supplémentaire, explique-t-elle, rappelant par ailleurs que le sculpteur, Gutzon Borglum, voulait représenter les idéaux des 150 premières années de l'histoire américaine – naissance, croissance, développement, préservation –, et que son œuvre était par conséquent achevée.

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