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Incident nucléaire : l'Iran dit connaître les causes, mais ne les dévoilera pas

L'enrichissement d'uranium a repris en septembre 2019 sur le site de Natanz.

Une vue du bâtiment du complexe de Natanz, où a eu lieu l'incident.

Une vue du bâtiment du complexe de Natanz, où a eu lieu l'incident.

Photo : via reuters / Wana News Agency

Agence France-Presse

L'Iran a établi les causes de l'accident survenu dans le complexe nucléaire de Natanz, mais ne les rendra pas publiques pour l'instant pour des « raisons de sécurité », a déclaré vendredi un haut organe sécuritaire.

Des enquêtes ont permis d'établir avec précision les causes de l'accident (...) au sein du complexe nucléaire de Natanz, a déclaré Keyvan Khosravi, porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale.

Pour certaines raisons de sécurité, les causes et les détails de cet accident seront annoncés au moment opportun, a-t-il précisé, cité par l'agence de presse d'État Irna.

Jeudi, Téhéran avait fait état d'un accident dans un entrepôt sans matériel nucléaire [à l'intérieur et donc] sans potentiel de pollution sur le site de Natanz, selon les propos de Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA).

L'OIEA avait ensuite publié des photos d'un bâtiment endommagé, apparemment par le feu, avec des dégâts limités. Aucune victime n'avait été recensée par les autorités.

Le complexe de Natanz fait partie des installations nucléaires où l'Iran procède à de l'enrichissement d'uranium. Le site est soumis aux contrôles réguliers des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

L'agence onusienne a confirmé vendredi dans un communiqué que le lieu où l'incident s'est produit ne contient pas de matières nucléaires. Elle précise également que les autorités iraniennes lui ont dit, lors de leurs derniers échanges, que la cause de l'accident n'était pas encore connue.

Aucun inspecteur de l'AIEA n'était présent sur le site lors de l'événement, qui n'aura aucun impact sur les activités de vérification de l'agence, ajoute le communiqué.

Quelques heures après l'annonce de l'incident, l'agence Irna avait indiqué que la stratégie de la République islamique consistant à empêcher toute escalade serait fondamentalement revue si des pays hostiles, en particulier Israël et les États-Unis, franchissaient les lignes rouges fixées par l'Iran.

Le New York Times a rapporté jeudi, en citant un responsable des services de renseignement du Moyen-Orient, qui a parlé sous le couvert de l'anonymat, que l'explosion avait été « provoquée par un engin explosif placé à l'intérieur de l'établissement ».

Par ailleurs, selon le site web Iran international, le chef de l’Organisation de la défense civile, Gholam Reza Djilani, a indiqué vendredi à la télévision iranienne que « la majorité des incidents survenus sont dus au non-respect des normes de sécurité, mais certains sont causés par des ennemis de la révolution […] ou une intervention de l’ennemi. S’il est prouvé que notre pays a subi une cyberattaque, nous riposterons ».

Une crise permanente

Washington et Israël accusent l'Iran de développer un programme nucléaire militaire secret, ce que la République islamique dément. L'Iran et les États-Unis ont paru par deux fois au bord de l'affrontement militaire direct depuis juin 2019.

Les tensions sont de plus en plus vives depuis que Washington s'est retiré unilatéralement en mai 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, et qu’il a rétabli plusieurs trains de sanctions contre le pays.

Après le retrait des États-Unis de l'accord, l'Iran a repris l'enrichissement d'uranium en septembre 2019, sur le site de Natanz.

L'annonce de cet accident jeudi est survenue six jours après l'explosion d'un réservoir de gaz dans le secteur de Parchin, dans le sud-est de Téhéran, près d'un site militaire, selon le ministère iranien de la Défense.

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