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SPVM : une vingtaine de policiers promus, aucun issu d'une minorité visible

Un écusson du SPVM.

Le nombre d'enquêtes spéciales a plus que doublé entre 2016 et 2017.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Radio-Canada

Des nominations de cadres ont eu lieu récemment au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), ce qui a mené à la promotion d'une vingtaine de policières et de policiers. Dans cette liste, dont Radio-Canada a obtenu une copie, aucune personne n'appartient à une minorité visible.

Un texte de Yasmine Khayat

Cela intervient quelques jours seulement après que la mairesse de Montréal, Valérie Plante, eut reconnu l’existence du racisme systémique dans l’administration municipale. Elle s’est engagée, entre autres, à s'attaquer à la sous-représentation de la diversité au sein des effectifs de la Ville, notamment chez les cadres.

Si l’embauche d’employés issus des minorités visibles est en évolution au SPVM (de 6,41 % en 2015 à 13,3 % en 2019), l'accès à des postes de direction ne suit pas la même courbe ascendante.

En cela, le SPVM ne semble pas faire exception dans le portrait général de l’administration municipale. En effet, les données de la Ville font ressortir qu’en 2019, dans l'ensemble des fonctions de cadres, seulement une proportion de 1,95 % du personnel dirigeant était issue des minorités visibles.

Situation dénoncée

L'opposition officielle de la Ville de Montréal, qui a accès aux délégations de décisions, a compilé les dernières nominations au sein du SPVM, du 26 novembre 2018 au 30 juin 2020.

Sur 42 promotions à des grades de sergent, sergent-détective, commandant, lieutenant-détective, superviseur, adjoint au chef de service ou inspecteur, seules 4 personnes sont issues de minorités visibles.

Dans les rangs de l'opposition, on dénonce le manque d'action du SPVM qui donnerait moins de chances aux personnes issues de minorités visibles de gravir les échelons au sein de la police municipale.

On a fait une étude sur à peu près une vingtaine de nominations ou d'avancements dans la fonction de cadres (commandant, inspecteur, inspecteur-chef, directeur adjoint) : il y a une seule personne qui est issue des minorités visibles, constate Abdelhaq Sari, porte-parole de l'opposition officielle en matière de sécurité publique.

Ça me ramène à poser la question : est-ce qu'on comprend vraiment ce qu'est le biais systémique, et nous, on n'est pas en train de l'alimenter au sein de ce service?, s’interroge-t-il.

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Le chef de police de Montréal, Sylvain Caron, avec André Durocher fait un point de presse sur le racisme au SPVM.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

« Une stratégie d'attraction » en préparation

Nous avons sollicité une entrevue avec le SPVM pour obtenir ses commentaires sur les récentes promotions et tenter d’en savoir plus sur la promotion de la diversité parmi le personnel gestionnaire.

Le service de police nous a fait parvenir cette réponse écrite : Un inspecteur a été nommé en novembre dernier afin de mettre en place une stratégie d’attraction pour recruter une plus grande diversité de policiers, favoriser leur inclusion après leur embauche et soutenir leur progression au sein de l’organisation.

Il s'agit du commandant Miguël Alston, responsable de l'attraction et de la rétention d'une main-d’œuvre diversifiée au SPVM.

Le SPVM a également mis sur pied des programmes pour favoriser l'équité parmi tous les policiers, dont celui destiné à la relève et au développement de compétences de cadres. Il existe également un programme de développement des aspirants commandants.

Valérie Plante assise durant une conférence de presse.

La mairesse de Montréal Valérie Plante va créer un poste de commissaire à la lutte contre le racisme et la discrimination systémiques à la Ville.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des actions à venir, promet la Ville

Au cabinet de la mairesse de Montréal Valérie Plante, on insiste sur la nécessité de représenter la diversité montréalaise et de s'attaquer à sa sous-représentation au sein même des effectifs, et ce, à tous les niveaux.

La Ville, dont dépend le service de police, s'attend à ce que [le SPVM] se donne les outils pour favoriser la promotion des employés issus des groupes sous-représentés, peut-on lire dans une réponse écrite du bureau de la mairesse.

Dans la même réponse, la Ville annonce la mise en place, dans les prochains mois, d'un programme de gestion des talents et de leadership en diversité : La première cohorte du programme sera composée de 50 % de femmes et d'au moins 65 % des groupes visés par le programme d'accès à l'égalité en emploi (minorités visibles, minorités ethniques, Autochtones, personnes handicapées). Plusieurs postes de cadres seront à combler dans les prochains mois étant donné des départs à la retraite et le repositionnement stratégique opérationnel 2020.

Des ambassadeurs, incluant des femmes et des personnes issues de la diversité, seront identifiés afin de faire la promotion des emplois [de] cadres policiers et un certain nombre d'activités pour élargir le bassin de recrutement seront organisées.

Cabinet de la mairesse de Montréal

« Un exemple de discrimination systémique »

Selon le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), le pourcentage d’employés du SPVM issus des communautés racisées ne reflète pas le portrait de cette diversité dans la métropole.

Le SPVM semble limiter ses efforts d’équité en matière d’emploi au recrutement et à l’embauche. Cette approche se limite donc à l’augmentation du nombre de candidats à des postes de premier échelon dans le but d’atteindre des objectifs quantitatifs, sans se préoccuper d’avoir une représentation équitable à tous les niveaux organisationnels, relève Alain Babineau, conseiller au CRARR.

Cette incapacité du SPVM d’assurer une représentativité équitable à tous les niveaux de l’organisation se doit d’être dénoncée comme étant un exemple de discrimination systémique.

Alain Babineau, conseiller au CRARR

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