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La Ville de Québec vole au secours du Grand Marché

L'entrée du Grand Marché photographiée le soir.

L'organisme qui gère le Grand Marché de Québec est aux prises avec des difficultés financières.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

L’administration Labeaume accorde un prêt de 300 000 $ à la Coopérative des horticulteurs du Québec (CHQ) pour aider l’organisme qui gère le Grand Marché à assurer sa survie.

Malgré un succès d’achalandage, la CHQ a subi des pertes financières attribuables à la crise sanitaire et à des ratés dans la mise en oeuvre de son modèle d’affaires.

La CHQ constate qu'elle a sous-évalué la durée pour déployer les efforts organisationnels et financiers nécessaires à la mise en oeuvre de son modèle d'affaires, pour la gestion du Grand Marché de Québec, peut-on lire dans un sommaire décisionnel de la Ville de Québec, publié vendredi.

Cette situation a retardé la mise en place de la stratégie marketing censée générer les revenus de commandites, essentiels à la rentabilité des opérations du Grand Marché.

Commerces déficitaires

De plus, des ajustements apportés au concept élaboré pour le restaurant Les Arrivages et le magasin général Paniers et Pignons, qui relèvent de la CHQ, ont également généré des pertes.

Le restaurant est fermé depuis quelques mois et le demeurera jusqu’à nouvel ordre. La CHQ n’exclut pas de céder la gestion des deux commerces à un tiers.

Un restaurant fermé. Les tables, la caisse et les cuisines sont désertes.

Le restaurant Les Arrivages est à l’arrêt depuis plusieurs semaines.

Photo : Radio-Canada

Pour favoriser la relance post-COVID-19 du Grand Marché et aider la coopérative à poursuivre ses activités, la Ville de Québec va lui octroyer un financement à terme maximal de 300 000 $ sous forme de prêt. Ce montant provient du fonds local d'investissement, subventionné par le gouvernement provincial.

L’administration municipale consent en outre à ne pas percevoir différents revenus au cours des trois prochaines années. Ceux-ci pourraient totaliser près de 1,7 million de dollars.

Dans l’éventualité où la situation financière de la CHQ s’améliorerait, la Ville se réserve le droit d'exiger unilatéralement et à sa seule discrétion le remboursement d’une partie de ces sommes.

On ne paye rien

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a indiqué que la Ville n’aurait pas à débourser quoi que ce soit. Il a fait remarquer que la corporation continuerait à payer l’ensemble de ses impôts fonciers, dont le montant pour l’année 2020 est évalué à 430 000 $.

Des gens marchent devant des kiosques de fruits et de légumes.

Malgré un « succès d'achalandage » au Grand Marché, la Coopérative des horticulteurs de Québec rencontre des difficultés financières.

Photo : Radio-Canada / Claude Brunet

On ne paye rien, c’est des profits qu’on avait. Ils paient leurs taxes, ils paient le chauffage, tout ça. Alors, ça ne nous coûte pas un sou, a insisté le maire en point de presse. C’est qu’on laisse sur la table des profits, jusqu’à nouvel ordre. Mais bon, ça démarre; la COVID n’a pas aidé.

En échange de son aide, la Ville de Québec exige que la CHQ mette en oeuvre un plan de redressement, et ce, dès cette année.

Expert indépendant

Le plan comprend l’embauche d’un expert indépendant qui aura notamment pour mandat de dresser un portrait de la situation financière de la coopérative. L’expert évaluera également la possibilité de percevoir de nouveaux revenus autonomes.

La Corporation des horticulteurs de Québec n’a pas l’intention de dépendre de l’aide de la Ville de Québec.

Le but, c'est d'être rentable. La coopérative, ça fait plus de 80 ans qu'elle existe, elle a toujours été autonome financièrement, elle a toujours fait ses choses de façon très rigoureuse et très autonome. Le but, c'est de revenir à cette situation-là le plus rapidement possible, affirme le directeur général de la CHQ, Daniel Tremblay.

Daniel Tremblay accorde une entrevue à Radio-Canada à l’extérieur du Grand Marché.

Le directeur général de la Corporation des horticulteurs de Québec, Daniel Tremblay

Photo : Radio-Canada

Il mentionne que les coûts d’exploitation et d’entretien du bâtiment (électricité, déneigement, collecte des ordures, etc.) abritant le Grand Marché se sont révélés plus élevés que prévu.

C'est un petit peu plus cher que le modèle théorique qui avait été élaboré il y a quelques années; alors, on réajuste en fonction de ça et c'est au coeur de l'entente intervenue aujourd'hui avec la Ville, indique M. Tremblay.

Loyers repoussés

Le directeur général ajoute que la corporation a autorisé certains marchands à repousser le paiement de leur loyer, ce qui occasionne un manque à gagner supplémentaire.

Le temps chaud et sec des dernières semaines a également retardé l’arrivée des producteurs maraîchers, ce qui se traduit par une perte de revenus de location.

On espère que les producteurs vont arriver bientôt. S'il y a un petit peu d'eau qui tombe prochainement, ça va accélérer le processus, lance Daniel Tremblay, qui demeure optimiste.

Avec la collaboration d’Olivier Lemieux

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