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Le Canada suspend son traité d'extradition avec Hong Kong

Justin Trudeau s'adresse aux journalistes.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau a annoncé vendredi la suspension du traité d'extradition entre le Canada et Hong Kong

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le gouvernement Trudeau suspend le traité d'extradition avec Hong Kong ainsi que ses exportations de matériel militaire et de biens sensibles pour protester contre l'imposition par Pékin d'une loi controversée sur la sécurité nationale dans l'île.

Le Canada croit fermement au principe d'un pays, deux systèmes, censé garantir à Hong Kong des libertés inconnues ailleurs en Chine, a déclaré M. Trudeau lors d'un point presse.

Le Canada unit sa voix à celle de la communauté internationale pour exprimer de graves préoccupations par rapport à l’adoption de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong par la Chine continentale.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Lors de sa conférence de presse quotidienne, Justin Trudeau a expliqué que, désormais, les exportations de biens sensibles vers Hong Kong seront traitées comme celles de la Chine et que le Canada ne permettra plus l’exportation de matériel militaire vers Hong Kong.

Le premier ministre a ensuite annoncé que le traité d'extradition en vigueur avec Hong Kong était désormais suspendu.

De nouveaux avis demandant aux voyageurs canadiens de faire preuve de la plus grande prudence à Hong Kong ont aussi été publiés sur le site d'Affaires mondiales Canada.

La législation sur la sécurité nationale de Hong Kong est entrée en vigueur le 1er juillet 2020. Le risque que vous fassiez l'objet d'une détention arbitraire pour des raisons de sécurité nationale et d’une extradition vers la Chine continentale pourrait être plus élevé, prévient le gouvernement canadien.

Plus de 300 000 Canadiens vivent à Hong Kong, selon Justin Trudeau.

Une nouvelle loi sur la sécurité nationale controversée

Mardi dernier, après des mois de manifestations monstres à Hong Kong contre les politiques autoritaires de Pékin, le Parlement national de Hong Kong, contrôlé par les intérêts prochinois, a adopté à l’unanimité le controversé projet de loi sur la sécurité nationale.

Pour la Chine, il s'agit avec cette loi d'assurer la stabilité et de mettre fin aux manifestations de l'opposition pro-indépendance qui se multiplient depuis 2019 dans la ville de 7,5 millions d'habitants.

Des policiers repoussent un homme, tandis qu'un agent immobilise un adolescent au sol.

Un homme tente d'empêcher des policiers d'arrêter un adolescent dans une rue de Hong Kong lors d'une manifestation en mai dernier contre la loi prochinoise sur la sécurité nationale.

Photo : Getty Images / Anthony Kwan

Cette loi, décriée par de nombreux pays, dont le Canada, permettra à Pékin d’étendre sa juridiction judiciaire sur l’île de Hong Kong, où des peines de prison à vie pourront désormais être infligées à tous ceux et celles qui commettront des crimes jugés contre la sécurité nationale par le régime. La justice chinoise aura juridiction pour les plus graves d'entre eux, stipule par ailleurs la nouvelle loi.

La mise sur pied par le gouvernement chinois d’une agence de la sécurité nationale à Hong Kong veillera à l’application de cette loi.

En juin, l'agence de presse officielle Chine nouvelle avait donné le ton en précisant que cette loi était destinée à réprimer le séparatisme, le terrorisme, la subversion et la collusion avec des forces extérieures et étrangères.

Des personnes portant un couvre-visage manifestent et tiennent des pages blanches dans leurs mains.

Des manifestants hongkongais tiennent des affiches blanches, puisque les slogans politiques sont désormais interdits en vertu de la loi sur la sécurité nationale.

Photo : Reuters / TYRONE SIU

François-Philippe Champagne a par ailleurs critiqué le processus de l'adoption de la loi.

La nouvelle législation chinoise a été promulguée dans le cadre d'un processus secret, sans la participation du corps législatif, du pouvoir judiciaire ou de la population de Hong Kong, et en violation des obligations internationales.

François-Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères du Canada

Un pays, deux systèmes

Une jeune femme déploie une banderole où il est écrit en anglais : « Hong Kong n'est pas la Chine »

Le 12 octobre 2016, la députée, nouvellement élue, Yau Wai-ching affichait une banderole avant de prêter serment au Conseil législatif de Hong Kong.

Photo : Bobby Yip / Reuters

Pour des centaines de milliers de Hongkongais et plusieurs gouvernements occidentaux, il s’agit plutôt du début de la fin du principe un pays, deux systèmes, proposé dans les années 80 par l'ex-secrétaire général du Parti communiste chinois Deng Xiaoping lors des négociations pour la rétrocession de l'île par les Britanniques. Ce principe a été mis en application en 1997 lorsque l'île a été rétrocédée à la Chine.

En contrepartie, la Chine s'était engagée à l'époque à maintenir pendant au moins 50 ans le système économique, le système législatif et le mode de vie alors en vigueur à Hong Kong. Pékin s'engageait du même souffle à ne pas imposer son système socialiste communiste dans l'île pendant ces 50 années en vertu de la formule un pays, deux systèmes.

L'île de Hong Kong était auparavant une colonie britannique depuis le traité de Nankin, qui a mis fin à la guerre de l'opium, en 1842.

Ce processus a démontré un mépris pour la Loi fondamentale de Hong Kong et le haut degré d'autonomie promis à Hong Kong en vertu du cadre "un pays, deux systèmes".

François-Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères du Canada

Les relations entre le Canada et la Chine sont tendues depuis l'arrestation au Canada d'une des dirigeantes du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis qui réclament son extradition pour la juger pour violation des sanctions internationales contre l'Iran.

Justin Trudeau a récemment rejeté les appels en faveur d'un échange entre la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou, et l'ancien diplomate Michael Kovrig et le consultant Michael Spavor, tous deux emprisonnés par la Chine pour espionnage à la suite de l'arrestation de Mme Meng.

Washington avait annoncé lundi la fin des ventes d'équipements de défense sensibles à Hong Kong pour éviter qu'ils ne tombent aux mains de l'armée chinoise.

La Grande-Bretagne a annoncé pour sa part que jusqu'à 2,6 millions de résidents de Hong Kong pourraient déménager au Royaume-Uni pour une période pouvant aller jusqu'à cinq ans et ensuite demander la citoyenneté.

Trudeau a laissé entendre que le Canada pourrait également annoncer des mesures supplémentaires en appui aux Hongkongais, notamment en matière d'immigration.

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