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22 accusations pour l'homme armé arrêté à Rideau Hall

Le bloc de béton bloque l'une des grilles menant à Rideau Hall.

Une barrière de béton a été installée à l'entrée de Rideau Hall à la suite de l'arrestation d'un homme armé qui avait percuté la grille au volant de sa camionnette.

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

Radio-Canada

L’homme arrêté jeudi matin à Rideau Hall fait face à 22 chefs d’accusation, notamment pour port d’armes dans un dessein dangereux, usage négligent d’armes à feu et possession non autorisée d’armes à feu dans un véhicule.

Corey Hurren a brièvement comparu vendredi après-midi au palais de justice d’Ottawa pour son enquête sur cautionnement. L'audience a cependant été reportée au 17 juillet par vidéoconférence à la demande de la défense, avec l'accord de la Couronne.

L'accusé restera d'ici là en détention, la Couronne s'étant opposée à sa remise en liberté.

L'avocat de la défense, Me Michael Davies, a souligné qu’il avait confiance d'ici les deux prochaines semaines d’obtenir la déclaration de son client.

Voici la liste complète des chefs d'accusation :

  • 4 chefs pour utilisation, manipulation et entreposage d’une arme à feu d’une manière négligente
  • 4 chefs pour contravention d’un règlement régissant le transport d’une arme à feu
  • 4 chefs de port d’arme dans un dessein dangereux
  • 1 chef de possession non autorisée d’une arme à feu à autorisation restreinte (infraction délibérée)
  • 1 chef de possession non autorisée d’un dispositif prohibé (infraction délibérée)
  • 1 chef de possession dans un lieu non autorisé
  • 4 chefs de possession non autorisée dans un véhicule automobile
  • 2 chefs de possession d’une arme à feu prohibée ou à autorisation restreinte avec des munitions
  • 1 chef pour avoir proféré des menaces

L’avocat en droit militaire, Michel Drapeau, croit que les accusations portées contre l’accusé sont grave

Je crois que c’est grave, encore plus à l’endroit où il s’est trouvé. On peut présumer qu’il y avait des desseins certainement dangereux , dit-il.

Il ajoute également que les militaires ont un code de service et de discipline qui doit être respecté. On s’attend qu’il [le militaire] respecte non pas les lois civiles et militaires, mais aussi l’esprit. Il est là pour défendre

En matinée, le sous-commissaire Michael Duheme n’a donné aucune précision quant aux motifs qui ont poussé le résident du Manitoba à conduire jusqu’à Ottawa pour venir percuter avec sa camionnette l'une des grilles à l’entrée de Rideau Hall.

M. Duheme a toutefois indiqué que les enquêteurs connaissaient les motifs de l’individu, pour l’avoir questionné pendant leur enquête.

Corey Hurren, portant une casquette et des lunettes de soleil, regarde l'objectif.

Corey Hurren est membre des Forces armées canadiennes. Il exploite une entreprise de transformation de la viande au Manitoba.

Photo : LinkedIn

Le porte-parole de la GRC a ajouté que, selon les vérifications effectuées, l'homme n'était pas connu des autorités.

Il a de plus précisé que Corey Hurren avait plusieurs armes avec lui – et pas uniquement une arme d’épaule.

Les détails sur l’intervention à Rideau Hall

Le sous-commissaire Duheme a principalement donné des précisions quant à la stratégie d’intervention jeudi matin à Rideau Hall et aux réactions en chaîne.

Des employés de la Commission de la capitale nationale (CCN) ont d’abord remarqué le véhicule abandonné vers 6 h 30 par le suspect sur le terrain, à 400 pieds de la barrière qui venait d’être défoncée au 1, promenade Sussex.

Ils ont aussitôt averti les commissionnaires, qui contribuent à la sécurité des lieux, lesquels se sont rapprochés du secteur et ont vu un homme qui marchait avec ce qui semblait être une arme à feu. Ils ont alors informé le Centre de commandement opérationnel à Rideau Hall, qui a communiqué avec la Division nationale de la GRC et les patrouilles sur le terrain.

À 6 h 40, les agents de la GRC ont à leur tour eu un contact visuel avec l’individu. L’ensemble des installations a immédiatement été confiné, a précisé le sous-commissaire Duheme.

Le Service de police d’Ottawa (SPO) et le service médical d’urgence ont aussi été appelés en soutien. Des agents sont arrivés rapidement.

L’individu s’est ensuite dirigé vers la roseraie, où il est resté trois minutes (de 6 h 35 à 6 h 38), avant de marcher vers la serre. Après un deuxième contact visuel avec le suspect, à 6 h 43, les agents de la GRC ont engagé les discussions, à 6 h 45.

L’objectif était de désamorcer la situation, manifestement périlleuse, avec un suspect armé.

Michael Duheme, sous-commissaire de la GRC

L’individu s’est montré très collaboratif, a assuré le sous-commissaire, donnant son nom et d’autres renseignements qui ont facilité la communication.

Les échanges se sont poursuivis jusqu’à l’arrestation de l’homme de 46 ans, à 8 h 30, sans incident.

Le sous-commissaire a défendu la stratégie des agents quant à la durée des échanges, d’environ 1 h 45, avant l’arrestation de l’homme armé. L’officier trouvait que c’était un endroit sécuritaire. Il a essayé d’engager la conversation avec l’individu, qui éventuellement a répondu. Il y a eu un dialogue et c’est ça qu’on veut, a noté Michael Duheme.

La formation des agents de la GRC prévoit de tenter d’établir d’abord un contact verbal avec la personne, afin de parvenir à une désescalade. La sécurité des agents, de l’individu et de la population reste la priorité en tout temps, a-t-il souligné.

Les mesures de sécurité seront révisées

Interrogé au sujet de la sécurité, le sous-commissaire Duheme a soutenu que des mesures immédiates ont été mises en place pour renforcer la sécurité, à la suite de l’incident de jeudi.

La GRC compte par ailleurs revoir l’ensemble de la procédure de sécurité, y compris l’équipement et la technologie. On va réviser l’ensemble des événements, regarder et proposer de s’asseoir avec Rideau Hall et la CCN pour discuter de mesures additionnelles, a soutenu M. Duheme. C’est quelque chose qui fait l'objet d'une évaluation continuelle.

Le sous-commissaire a ajouté que Rideau Hall est normalement ouvert au public – les lieux sont présentement fermés en raison de la COVID-19.

Il faut donc, selon lui, trouver un équilibre entre le bien du public, le tourisme et les gens qui viennent profiter d’Ottawa, la liberté de profiter de ce qu’on a, et mettre des mesures de sécurité qui sont tellement strictes que les gens ont le sentiment que ce n’est pas une bonne expérience.

Pour visualiser les déplacements du suspect, cliquez sur cette carte :

Avec les informations de Philip Ling de CBC

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