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Québec s'allie aux municipalités pour mieux gérer les matières organiques

Un homme se tient debout en souriant devant de la machinerie destinée à l'aération du compost.

Benoit Charette, ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec, annonce la stratégie de valorisation de la matière organique devant un aérateur de compost, à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Québec adopte une stratégie de 1,2 milliard de dollars pour mieux récupérer et recycler les résidus alimentaires et verts. Entre autres mesures, le gouvernement accroît le coût des redevances pour l'enfouissement et s'engage à offrir la collecte de la matière organique à tous les Québécois d'ici cinq ans.

Vendredi, en conférence de presse à Montréal, le ministre a élaboré la nouvelle stratégie de valorisation de la matière organique de la province, qui vise à remettre des bacs bruns à tous les Québécois d'ici 2025.

Québec a d'abord annoncé l'augmentation des redevances exigibles pour l'enfouissement de la matière organique de 23 à 30 $ la tonne.

En fait, ce qui va décourager l’enfouissement de la matière organique, d’abord et avant tout, c’est l’augmentation des redevances, a expliqué vendredi M. Charette, ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Et ce, pour une raison fort simple : si l’enfouissement est toujours la solution la plus facile, la plus économique, c’est difficile de générer un changement.

Une pelle mécanique ajoute des déchets dans un camion.

Le prix d'enfouissement augmentera au Québec, dans le but d'encourager la récupération, la réutilisation et la revalorisation des matières.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’augmentation des redevances est une excellente nouvelle pour Jean-François Parenteau, responsable du dossier de l’environnement au sein du comité exécutif de la Ville de Montréal.

Il en coûte davantage de composter les matières organiques que de les envoyer à l’enfouissement. Il était primordial d’inverser cette tendance.

François Parenteau, maire de l'arrondissement de Verdun

Suzanne Roy et Jacques Demers, qui président respectivement l'Union des municipalités et la Fédération des municipalités du Québec, se réjouissent aussi de l'obligation de collecter les matières organiques d'ici 2025 auprès de l'ensemble des ménages, institutions, commerces et industries. À cette fin, pour le seul exercice de 2020-2021, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) injectera 450 millions de dollars.

Actuellement, 57 % de la population québécoise bénéficie d'une collecte des résidus alimentaires (combinée ou non à celle des résidus verts).

Une femme sourit devant une montagne de terre.

Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie et présidente de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), participait à la conférence de presse du ministre Benoit Charette, le 3 juillet 2020 à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Suzanne Roy qualifie d'essentielle l'augmentation des redevances exigibles, par tonne métrique, pour l'enfouissement des matières résiduelles. Ce faisant, elle préconise la redistribution de ces redevances pour des projets qui répondront aux objectifs du gouvernement, mais aussi à ceux des municipalités.

Un retard à combler

Image d'un camion entassant des matières organiques.

Les matières organiques provenant de plusieurs municipalités sont traitées au site d'enfouissement de Lachenaie à Terrebonne.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les matières organiques, ce sont les résidus alimentaires et verts (feuilles, branches, papier, carton, bois ainsi que les boues issues du traitement des eaux usées, des eaux de production et des activités de désencrage des usines de pâtes et papiers).

Certes, le Québec en fait meilleur usage qu'avant : le taux de recyclage de ces résidus est passé de 17 % en 2015 à 31 % en 2018.

Néanmoins, la province est en retard de quelques années, a reconnu le ministre Charette, qui rejette la faute sur les précédents gouvernements.

En 2011, la politique adoptée par le gouvernement libéral de Jean Charest prévoyait d'instaurer la collecte des déchets organiques dans toute la province d'ici 2020. Neuf ans plus tard, cet objectif n'est pas atteint, même si plusieurs municipalités comme Montréal l'ont mise en oeuvre.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un bac brun sur le bord d'une rue dans un quartier résidentiel.

Les entreprises doivent faire mieux

Dans ce vaste exercice, les entreprises ont un rôle à jouer et elles font partie de la solution, a déclaré Suzanne Roy de l'UMQ, qui insiste sur la nécessité d'un partenariat entre ces dernières, les municipalités et le gouvernement du Québec.

Selon des données de 2018 – les plus à jour que nous ayons, a précisé le ministre de l'Environnement – les entreprises, les commerces et les institutions ont un taux de recyclage des matières organiques putrescibles de seulement 5 %. Dans le domaine des industries de la transformation alimentaire, ce taux s'élève à 97 % par rapport à 34 % dans le secteur des pâtes et papier.

En plus d'offrir la collecte de matière organique à toute la population, Québec veut avoir plus de services de collecte et développer des infrastructures adaptées aux différentes régions. L'idée est de traiter ces résidus à proximité de leur lieu de cueillette plutôt que d'avoir à les transporter par camions.

Une vue aérienne montre des champs cultivés dans la campagne québécoise.

Le gouvernement du Québec veut qu'une plus grande proportion de ses terres agricoles bénéficie de compost produit à partir de déchets organiques de la province.

Photo : iStock / Sylvie Bouchard

Un autre objectif consiste à améliorer la qualité des matières organiques pour que, finalement, il y ait plus de débouchés et de marchés pour celles-ci.

Tout ne résultera pas en du compost, a dit le ministre Charette. Dans certains cas, ce sera des biogaz [...]. Par notre partenariat avec le milieu agricole, on réalise qu'on utilise à peu près 4 %, à peine, des terres agricoles du territoire québécois pour recevoir du compost. Il y a un potentiel immense [...].

Québec entend aussi recycler et utiliser 70 % de la matière organique d'ici 2030.

Réduire les GES

En gérant de manière plus judicieuse ses matières organiques, le Québec améliorera du même coup son bilan environnemental.

Ça génère passablement d’émissions de gaz à effet de serre, a rappelé Benoit Charette : c’est le cinquième secteur d’activité en importance au Québec au niveau de nos émissions, et ça peut représenter 5,8 % de nos émissions année après année.

Avec sa stratégie, le gouvernement Legault vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 270 000 tonnes d'équivalent CO2 par année, d'ici 2030.

Soyons ambitieux : plus de 500 000 personnes nous l'ont demandé lors de la grande marche environnementale en septembre dernier, a rappelé l'élu montréalais Jean-François Parenteau.

Avec les informations de La Presse canadienne

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