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Stephen McNeil critique une nouvelle exigence douanière imposée par la Chine

Stephen McNeil se tient devant des micros, des caméras et le drapeau de la Nouvelle-Écosse lors d'une conférence de presse.

Selon le premier ministre Stephen McNeil, la province met les bouchées doubles pour vendre davantage de fruits de mer en Europe et poursuit ses négociations avec la Chine.

Photo : Radio-Canada / Craig Paisley

Radio-Canada

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, critique une nouvelle mesure douanière imposée par la Chine obligeant les exportateurs canadiens de homards à assumer la responsabilité de tout produit contaminé par la COVID-19.

Je ne pense pas que l'obligation d'assumer la responsabilité relative à des fruits de mer vivants qui entrent sur ce marché soit raisonnable, a déclaré M. McNeil aux journalistes jeudi à Halifax.

Avec des exportations évaluées à 457 millions de dollars en 2019, la Chine est le deuxième marché pour le homard canadien. Les pêcheurs côtiers de la Nouvelle-Écosse fournissent la majeure partie de ces homards.

Cette demande en provenance de la Chine a bouleversé l'économie traditionnelle de la pêche, même si la quantité de crustacés pêchés a grimpé en flèche ces dernières années. La demande accrue des Chinois a permis de maintenir les prix à la hausse.

Lorsque la Chine a dû fermer ses frontières en début d'année en raison de la pandémie, la demande de homard s’est effondrée.

Une responsabilité imposée

Les ventes venaient de reprendre le mois dernier alors qu’un foyer d’infection a éclos dans un marché de fruits de mer à Pékin. Les autorités ont lié cette nouvelle souche du virus à une planche à découper utilisée dans le processus d’importation de saumon en provenance de l’Atlantique.

En réponse à cette situation, la Chine a décidé d’augmenter les inspections aléatoires sur toutes les denrées alimentaires importées.

Certains pêcheurs de la Nouvelle-Écosse ont réagi en annulant l’expédition de leurs cargaisons, plutôt que de risquer de perdre leur produit périssable, car les résultats des tests peuvent prendre jusqu'à 36 heures avant d’être connus.

Une boîte pleine de homards.

Avec des exportations évaluées à 457 M$, la Chine est le deuxième marché en importance pour le homard canadien.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

La Chine a ensuite exigé des entreprises exportatrices qu'elles s’engagent à assumer toute responsabilité si le virus de la COVID-19 était détecté sur leur produit.

Certains exportateurs de homards de la Nouvelle-Écosse ont refusé de signer cette déclaration douanière, parce qu'ils n’étaient pas en mesure de saisir l’étendue de la responsabilité à laquelle ils s’exposaient dans le cadre du système juridique chinois.

Pour s’opposer à cette nouvelle mesure, les pêcheurs se réfèrent aux agences de santé publique - dont l'Agence canadienne d'inspection des aliments - qui affirment qu'il n'y a aucune preuve que la COVID-19 peut être transmise par les fruits de mer.

Une mesure mal accueillie

Le premier ministre Stephen McNeil n'est pas non plus en faveur de cette exigence supplémentaire et se rallie au point de vue des exportateurs de homard néo-écossais.

Je pense qu'ajouter cette exigence de responsabilité concernant les homards et les fruits de mer sans preuve... cela n'a pas beaucoup de sens.

Stephen McNeil, premier ministre de la Nouvelle-Écosse

Voulant se justifier auprès de ses détracteurs, la Chine a argué que tous les pays étaient soumis à ces conditions et que ces dernières avaient été mises en place pour lutter contre la propagation du coronavirus à l'intérieur de ses frontières.

Au moment de la publication de cet article, l’Alliance des fruits de mer de la Nouvelle-Écosse était toujours en attente d’un avis juridique pour comprendre l’ampleur de la responsabilité à laquelle les exportateurs consentiraient s’ils acceptaient cette nouvelle condition.

Dans l’intervalle, certains commerçants de fruits de mer de la province ont tout de même choisi de signer la déclaration douanière afin de continuer à faire entrer leurs produits en Chine.

Du côté du gouvernement, Stephen McNeil a affirmé que la province mettait les bouchées doubles pour vendre davantage de crustacés en Europe, dans le but de diversifier ses acheteurs, tout en continuant à négocier avec la Chine.

Ces enjeux commerciaux surviennent alors que la saison de pêche au homard en Nouvelle-Écosse se termine pour l'été. La pêche ne reprendra pas avant l'automne dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse et la baie de Fundy.

Avec les informations de Paul Withers, CBC

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Nouvelle-Écosse

Industrie des pêches