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Santé mentale : les soins devraient convenir à tous, peu importe leur origine

Selon Latoya Reid, il est important que les personnes issues des minorités soient accompagnées par des travailleurs et des conseillers qui sont eux aussi issus des minorités.

Photo : Bryan Eneas

Radio-Canada

L’Autorité de la santé de la Saskatchewan a réagi à la pétition qui circule pour reconnaître l'existence du racisme systémique au niveau des soins en santé mentale pour les Noirs. Elle concède que ses services devraient convenir à tous, peu importe leur origine ou la couleur de leur peau.

L’Autorité de la santé n'a pas de programme de santé mentale ou de lutte contre les dépendances conçu spécifiquement pour la communauté noire.

Elle rappelle par contre que son service des relations avec les Premières Nations et les Métis offre à tous ses employés des formations sur les différentes cultures. Celles-ci sont principalement axées vers les communautés autochtones, mais d’autres cultures y sont également évoquées.

L’Autorité de la santé indique qu’elle n’a pas non plus l’intention d’embaucher davantage de travailleurs noirs, précisant qu’elle préfère se concentrer à trouver la bonne personne avec les bonnes compétences pour servir les résidents de la Saskatchewan.

Plus de diversité en santé

La Communauté des Africains francophones de la Saskatchewan a elle aussi réagi par l’entremise de Roger Gauthier. L’ancien professionnel en santé voit les choses différemment par rapport à l’Autorité de la santé.

Pour lui, il est important d’avoir une diversité culturelle au niveau des professionnels de la santé mentale, que ce soit chez les psychologues, les psychiatres ou les travailleurs sociaux.

Il est important d’avoir cette diversité pour qu’il y ait une capacité de comprendre ce qui se passe dans le milieu des minorités visibles où il existe plusieurs cultures, croit-il.

Plus de soutien souhaité dans les écoles

Belan Tsegaye, qui sera en 12e année l'année prochaine à l’école secondaire Miller Comprehensive de Regina, était la meilleure amie de Kaleab Barker-Schmidt, cet adolescent de 13 ans qui s’est suicidé en 2018.

Aujourd'hui, Belan Tsegaye milite pour améliorer les soins en santé mentale dans la province.

Elle reconnaît l’importance pour les parents et leurs enfants de parler ouvertement de santé mentale à la maison. L’adolescente souhaite par contre plus de conversations sur le sujet dans les écoles.

Belan Tsegaye suggère entre autres la création de clubs de santé mentale, ainsi qu’une formation plus soutenue pour les enseignants afin qu’ils puissent repérer les signes d’alerte et y répondre de manière adéquate.

Une femme avec un chandail rouge et une veste blanche qui porte des lunettes.

Selon Belan Tsegaye, les écoles devraient offrir plus de soutien en matière de santé mentale aux jeunes. Son meilleur ami s'est suicidé en 2018.

Photo : Alex Soloducha/CBC

Nous nous concentrons généralement sur les drogues et l'alcool, mais parfois les gens prennent des drogues et de l'alcool pour échapper à la santé mentale. C'est quelque chose dont nous devons parler, souligne la jeune femme.

Elle croit également que les écoles devraient engager davantage d’intervenants ou de conseillers en orientation de couleur. Lorsque nous parlons à un Blanc de nos sentiments et du racisme que nous vivons, il ne peut pas s'identifier à nous, estime-t-elle.

Les Noirs stigmatisés lorsqu'ils tentent d'obtenir de l'aide

Damaris Fadare, une étudiante de 28 ans de l’Université de Regina, affirme que de nombreux jeunes Afros-Canadiens sont stigmatisés lorsqu’ils tentent d’obtenir de l’aide ou des soins en santé mentale.

Elle croit que les membres de la communauté noire qui demandent de l'aide passent souvent plus de temps à expliquer au thérapeute blanc la réalité quotidienne d’un jeune Noir, plutôt que d’utiliser ce qu’ils ont vécu pour régler leurs problèmes.

Lorsque nous sommes confrontés à un traumatisme racial et que nous ne pouvons pas en parler, les effets entraînés sur notre santé mentale se manifestent lentement et différemment, affirme-t-elle.

Une femme aux lunettes rouges portant un bandeau sur la tête.

Damaris Fadare a reçu un diagnostic de dépression et de troubles liés à l'anxiété.

Photo : Mattew Howard/CBC

La jeune femme croit qu’il faut plus de professionnels de la santé issus des communautés afros-canadiennes. Nous devons adopter des politiques adaptées à nos besoins, croit-elle.

Damaris Fadare raconte qu’elle aurait facilement pu passer entre les mailles du système, il y a sept ans, lors d’une crise de santé mentale. Elle ne savait pas ce qu'elle vivait, mais n’osait pas consulter par peur qu’un médecin blanc ne la comprenne pas.

Lorsque Damaris Fadare a finalement décidé de demander de l'aide, elle a été surprise lorsque son médecin l'a redirigé vers un psychiatre noir qui avait, comme elle, immigré du Nigeria.

L’étudiante souligne que la plupart de ses problèmes provenaient de traumatismes liés au racisme et aux défis intergénérationnels, comme c'est le cas pour de nombreux jeunes Noirs.

Elle indique qu’elle se trouve aujourd’hui dans un meilleur endroit mentalement, ce qui lui permet de s'exprimer pour tenter réduire cette stigmatisation que vivent les jeunes Afros-Canadiens.

Damaris Fadare encourage d'autres jeunes Noirs à chercher l’aide médicale dont ils ont besoin.

Avec les informations de Gregory Wilson, Zoe Clin et Alex Soloducha

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Santé physique et mentale