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La Corporation Ski & Golf Mont-Orford surprise de la poursuite intentée

Vue sur un télésiège au mont Orford.

Un télésiège au mont Orford.

Photo : Radio-Canada

Mélissa Fauteux

La Corporation Ski & Golf Mont-Orford affirme être surprise de la poursuite intentée contre elle, le ministre Pierre Dufour et la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) par trois citoyennes de Magog et Sherbrooke pour non-respect de la Loi sur les parcs et du bail qui lie la Corporation Ski et Golf Mont-Orford au gouvernement.

C’est juste dommage pour la région. Ce n’est jamais bon des conflits dans une région. Il faut trouver des solutions, regrette Jacques Demers, président de la Corporation Ski et Golf Mont-Orford.

Le dossier étant désormais judiciarisé, M. Demers explique ne pas pouvoir parler du dossier qui est désormais entre les mains des avocats.

Les parties visées par cette poursuite, pilotée par un cabinet d'avocats de Montréal, sont la Corporation Ski et Golf Mont-Orford, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour et la SÉPAQ.

De nombreux problèmes entourant l'accès et la gestion

Dans un document de 36 pages déposé à la cour de Montréal le 2 juillet par l'avocat Me Michel Bélanger, les citoyennes Marie-Claire Grégoire, Joane Roy et Francine Grondin font état des nombreux problèmes entourant l'accès et la gestion du mont Orford.

Ainsi, elles demandent au Ministère public de statuer sur les droits, les pouvoirs ou les obligations auxquels sont soumises les trois instances visées par cette poursuite. Le tout, en vertu de la Loi sur les parcs et du bail liant la Corporation au gouvernement.

Selon elles, la Corporation Ski et Golf Mont-Orford outrepasserait ses droits à plusieurs niveaux. Lorsqu'elle limite, à sa discrétion, l'accès aux pistes et aux sentiers de la montagne qui fait partie d'un parc national, elle contreviendrait à la Loi sur les parcs.

Pour les générations futures

On l’a fait pour nos enfants, nos petits enfants, explique Marie-Claire Grégoire, l’une des plaignantes. On ne peut pas priver les générations futures de ce joyau qui risque d’être défiguré. Il y a des travaux qui défigurent la montagne. [...] Il n’y a pas de raison d’altérer la montagne. Et si on ne se défend pas, qu’est-ce qui va arriver dans le futur?, se questionne-t-elle.

La Corporation Ski et Golf Mont-Orford outrepasserait également ses droits lorsqu'elle maintient fermé par une barrière cadenassée le stationnement du mont Giroux, ce qui a pour effet de limiter l’accès à ce mont, qui fait partie intégrante du parc national du Mont-Orford, selon les plaignantes.

La double tarification fait aussi partie des enjeux ciblés dans cette poursuite. Lorsqu'elle impose un tarif d'accès à la montagne et à son stationnement aux détenteurs d'un abonnement à la SÉPAQ, la Corporation Ski et Golf Mont-Orford ne respecterait pas non plus la Loi sur les parcs.

Dans le bail, ils gèrent une station de ski, souligne Francine Grondin, l’une des plaignantes. Même si je n’avais pas ma carte de la SÉPAQ, ce n’est pas à la Corporation de tarifer les marcheurs dans un parc national. Ça ne lui appartient pas, lance-t-elle.

La Grande coulée et les spectacles extérieurs illégaux?

Les activités organisées à la station de ski du mont Orford, comme le festival de bière La Grande Coulée ou des spectacles rock en plein air, seraient elles aussi contraires à ce qui est permis dans un parc national, croient les plaignantes.

Normalement, on est dans un parc national. On va tolérer le ski dans le parc national, mais c’est tout, lance l’avocat Michel Bélanger, qui s’occupe du dossier.

Je crois qu’on a fait une interprétation très large de ce que sont des activités de plein air pour faire des festivals de la bière, des concerts rock et même des food-trucks. On voudrait un éclairage pour voir si on est encore dans l’esprit d’un parc national.

Me Michel Bélanger, avocat qui s’occupe du dossier

La poursuite vise aussi le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, et la SÉPAQ. En tolérant que la Corporation interdise l’accès ou impose une double tarification aux visiteurs dûment autorisés à accéder ou à pratiquer une activité dans le parc national du Mont-Orford, ils ont enfreint la Loi sur les parcs, estiment les trois femmes.

Cette poursuite sera signifiée aux parties au cours des prochains jours. Une copie de courtoisie leur a déjà été envoyée.

Le cabinet du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs n’a pas voulu émettre de commentaire, le dossier étant désormais devant les tribunaux.

Au moment d’écrire ces lignes, nous n’avions pas encore eu de réponse de la SÉPAQ.

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