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Son école de vélo, la planche de salut de l’ex-skieur Philippe Dion

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Philippe Dion pose devant une voiture aux couleurs de son entreprise en compagnie d'un client et de son vélo de montagne.

Le reportage de Jean-Philippe Martin

Photo : fournie par Philippe Dion / Courtoisie

Célèbre membre des « 3 Phils » qui ont révolutionné le ski libre au tournant des années 2000, Philippe Dion n’était plus lui-même il y a un an, bataillant avec une dépression et des problèmes de consommation. Ramené sur le droit chemin par un séjour en thérapie, le casse-cou de Lac-Beauport croit finalement avoir retrouvé sa vocation. Celle de « marchand de bonheur » dans sa propre école de vélo de montagne.

Marchand de bonheur, ça a l’air un peu kitsch, mais c’est ça. La vie est simple. Pour moi, elle ne l’a pas toujours été, mais là je décide que c’est ça, lance un Philippe Dion débordant d’énergie, au bas des pistes des Sentiers du Moulin, à Lac-Beauport.

Celui qui n’a jamais eu froid aux yeux durant sa carrière de skieur n’a pas eu peur de se lancer dans le vide, ce printemps. En pleine pandémie, il a fondé sa propre école de vélo de montagne, PHIL UP Expérience Montagne, qui offrira également des cours de vélo à pneus surdimensionnés et de ski de randonnée durant l’hiver.

Il n’y a jamais eu autant de monde qui fait du vélo. Les gens embarquent, achètent de gros vélos, mais ils n’ont pas de base et ça peut devenir dangereux. C’est là que mon entreprise prend tout son sens. Je suis dans l’expérience, pas la performance, lance-t-il.

L’idée a commencé à germer dans sa tête il y a un an et demi, dit-il, mais la tête en question n’était pas suffisamment en santé pour aller de l’avant. J’étais en dépression et je manquais de confiance en moi. Ce n'était pas le bon moment.

Philippe Bélanger, Philippe Larose et Philippe Dion

Les célèbres « 3 Phils » de Lac-Beauport : Philippe Bélanger, Philippe Larose et Philippe Dion.

Photo : fournie par Philippe Dion / Courtoisie

Toucher le fond, puis remonter

Philippe Dion est tombé dans la marmite du vedettariat à un jeune âge, pour le meilleur et pour le pire. L’époque où Philippe Bélanger, Philippe Larose et lui formaient le trio le plus en vue de la planète du ski libre. Les hauts des culbutes dans les pentes enneigées de Whistler ont toutefois fait place aux bas de la quête identitaire dans son après-carrière.

Il a touché le fond une première fois à sa retraite du ski professionnel, en revenant s’établir à Québec, il y a une douzaine d’années. J’ai rushé. J’ai fait une dépression, je suis tombé dans l’alcool, décrit-il. Éventuellement, il a fondé une famille et s’est trouvé un emploi dans le milieu de la restauration. Un équilibre précaire qui s’est écroulé à nouveau lorsque le père de trois enfants a fini par perdre son travail en restauration.

Finalement, j’ai été en thérapie et c’est la meilleure chose qui aurait pu m’arriver. Ça fait cinq mois que je n’ai pas bu.

L'ex-skieur Philippe Dion, fondateur de PHILL UP Expérience montagne

Sobre et les idées claires à sa sortie de thérapie, il est devenu évident pour Dion qu’il devait partir son école de vélo de montagne. Il s’est entouré. Un ami, devenu son directeur marketing, lui a donné un coup de main pour le logo. J’étais lucide. J’étais motivé. J’ai repris confiance en moi et j’ai dit, [dégagez], je rentre là-dedans.

Par amour du sport et de ses clients

Les cours ayant commencé à la fin mai, l’école PHILL UP Expérience montagne attire déjà de nombreux clients de tout acabit. Jeudi matin, aux Sentiers du Moulin, Philippe Dion initiait au vélo de montagne une poignée de hockeyeurs professionnels, dont les ex-coéquipiers chez les Remparts Mikael Tam et Mikhail Grigorenko.

Ça a été difficile, mais là je suis à ma place. Je me suis perdu, mais j’ai retrouvé mon X. Les gens font du vélo, c’est du sourire et du bonheur en barre. C’est tout, lance l’ex-skieur qui apprend graduellement à gérer les médias sociaux déjà populaires de son école.

Sa nouvelle passion arrive plus sereinement dans sa vie que sa carrière de skieur professionnel, admet-il.

Trois skieurs dévalent une pente

Les « 3 Phils » dans les Alpes françaises

Photo : fournie par Philippe Dion

À l’époque des 3 Phils, on était jeune et je manquais un peu de maturité quand on est devenu des vedettes. Tu deviens un peu arrogant. Là, c’est un projet qui grandit à la vitesse à laquelle il faut que ça aille. Je le vis avec maturité. Je l’apprécie et je suis dans l’empathie pour les clients.

C’est bien le fait de redonner à son prochain qui a inspiré à Philippe Dion sa nouvelle entreprise. L’arrivée des vélos de montagne électriques permet à une clientèle encore plus large d’essayer la discipline et l’entrepreneur en fait sa mission.

Tu amènes les gens à être fiers d’eux par leurs accomplissements. Si je peux faire essayer le vélo à tout le monde, je serais le gars le plus heureux.

Avec les informations de Jean-Philippe Martin

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