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Fabriquer des masques et des blouses médicales à Lac-Drolet

Benjamin Gauvin, 14 ans, fait partie des nouveaux employés d'Attraction, à Lac-Drolet.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Radio-Canada

Depuis le début de la pandémie de la COVID-19, l'entreprise de couture Attraction, située dans la petite municipalité de Lac-Drolet, produit des masques et des blouses pour répondre à la demande grandissante d'équipement de protection médicale. Depuis peu, elle a même doublé sa production.

De la colère à la déception en passant par l’inquiétude, Julia Gagnon, copropriétaire de l’entreprise avec son conjoint, Sébastien Jacques, est passée par toute une gamme d’émotions lorsque la pandémie de la COVID-19 a frappé le Québec.

Ça fait trois ans qu’on est propriétaires de l’entreprise. On avait bâti une équipe. On développait des marchés. On avait le vent dans les voiles, relate-t-elle.

Puis, le 23 mars, l’entreprise, qui se spécialise dans les vêtements promotionnels, une industrie saisonnière, doit fermer ses portes à cause de la pandémie. Pour survivre, elle se lance, dès le mois d’avril, dans la production de masques et de blouses médicales lavables et réutilisables. On voyait dans l'immédiat les équipements de protection individuelle qui s'accumulent, qui génèrent de la pollution, explique-t-elle.

On décide d’investir dans l’avenir. On a la certitude que le fait au Québec, fait au Canada, c’est une partie de la solution.

Julia Gagnon, copropriétaire d'Attraction
Annie Fortin s'affaire à coudre une pièce de tissu à l'usine Attraction de Lac-Drolet en Estrie.

Annie Fortin, une employée de l'usine Attraction de Lac-Drolet, est installée à une machine à coudre.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Cette nouvelle stratégie est devenue le nouveau moteur économique de l'entreprise. Actuellement, Attraction produit plus de 8000 masques et jusqu'à 500 blouses médicales par jour. Leurs masques sont vendus majoritairement au Québec, mais également au Canada. En ce qui concerne les blouses, elles ne sont vendues que dans la province.

Pas de rentabilité cette année

Toutefois, malgré la forte demande, les deux propriétaires avancent que la rentabilité ne sera pas au rendez-vous cette année.

Nos marchés traditionnels ont été grandement affectés, particulièrement le marché récréotouristique. [Les ventes] ont été bonnes, mais ça ne compense pas toutes nos ventes perdues, explique pour sa part Sébastien Jacques, l’autre propriétaire de l’entreprise.

Le marché récréotouristique représentait plus de 50% de notre chiffre d’affaires. Mais ça nous a gardés occupés. Ça nous a donné une motivation, un objectif, poursuit M. Jacques.

Ce dernier souhaite par ailleurs trouver un équilibre entre leur production traditionnelle et la fabrication d'équipement de protection médicale.

On a mis beaucoup d'efforts pour développer les masques, les blouses, donc on souhaite que ça se poursuive dans le temps parce qu’il y a de l'incertitude aussi.

Sébastien Jacques, copropriétaire d'Attraction, à Lac-Drolet

Sébastien Jacques croit néanmoins que son entreprise, qui a été active pendant la période du confinement, se trouve en bonne position pour la suite des choses. On est mieux positionné pour rebondir et servir nos marchés plus traditionnels lorsqu’ils auront de l’appétit pour nos produits, lance-t-il.

M. Jacques pense toutefois que les gouvernements doivent prendre des décisions pour obliger les services de la santé à s’approvisionner à un certain pourcentage avec du matériel fabriqué en sol canadien. On doit pouvoir avoir plus de manufacturiers canadiens qui sont en capacité de produire des gros volumes rapidement, croit-il.

À la recherche de 70 employés

Afin de ne pas ralentir la cadence de production, les deux propriétaires sont actuellement à la recherche de 70 opérateurs de machine à coudre pour combler des quarts de travail le jour, le soir ainsi que la fin de semaine. À ce jour, on en a trouvé une trentaine. Ça fait deux semaines et demie qu’on a commencé la campagne de recrutement, poursuit Julia Gagnon.

Cette dernière dit avoir réussi à embaucher quelques étudiants âgés entre 14 et 16 ans, notamment des garçons, et ce, malgré la concurrence directe de la Prestation canadienne d’urgence (PCU). L’entreprise propose également des emplois à temps partiel. C’est quelque chose qu’on n’offrait pas auparavant. Ça va toucher une autre clientèle, croit-elle.

Le jeune Benjamin Gauvin, 14 ans, fait partie des nouveaux employés. J'ai eu des bons professeurs [...] et il n'y a rien de difficile à apprendre à coudre, explique-t-il.

L'entreprise n'exclut pas de se tourner vers de la main-d'oeuvre étrangère si jamais elle ne réussit pas à combler ses postes.

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