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Tordeuse des bourgeons de l'épinette : un répit de courte durée dans l'Est-du-Québec?

Chenille de tordeuse sur une épinette

Les chenilles de l'insecte se nourrissent des aiguilles de l'épinette.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’infestation de tordeuse des bourgeons de l'épinette demeure stable dans l'Est-du-Québec, selon Yan Boulanger, chercheur-scientifique en écologie forestière au Centre de foresterie des Laurentides de Ressources naturelles Canada.

Les aires infestées par la tordeuse ont augmenté légèrement en 2019 en Gaspésie et sur la Côte-Nord, a expliqué le scientifique à l’émission D’Est en Est,mais ce ne sont pas des augmentations très importantes , modère-t-il. Elles sont demeurées stables au Bas-Saint-Laurent.

À écouter : l'entrevue avec Yan Boulanger à l'émission d'Est en Est

De plus, les aires infestées de façon grave par la tordeuse sont en diminution dans l'Est-du-Québec.

Les autres régions du Québec n’ont cependant pas cette chance. L’épidémie de tordeuse s’aggrave au Saguenay et en Abitibi, où l’augmentation des aires infestées est très, très importante, selon Yan Boulanger.

À l’échelle du Québec, la superficie totale du territoire infesté par cet insecte a augmenté de 20 % en 2019, passant de 8 millions d’hectares en 2018 à 9,6 millions en 2019.

Des conifères rachitiques parmi des feuillus en santé

Les ravages de la tordeuse des bourgeons de l'épinette sont bien visibles.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Recrudescence cette année?

La chaleur influence directement la croissance de nombreux insectes, y compris la tordeuse. Avec une température plus importante, le développement [de l'insecte] se fait plus rapidement, explique Yan Boulanger.

En 2019, un printemps tardif et frais avait fait en sorte que la tordeuse avait commencé à voler à partir de la seconde moitié du mois de juillet. Mais les températures chaudes et précoces de cette année vont changer quelque peu la donne.

Le développement des tordeuses s’est beaucoup accéléré, ce qui fait qu’on devrait observer dans les prochains jours les premiers vols du papillon de la tordeuse , explique-t-il.

Questionné sur la décision de la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM )de diminuer considérablement la superficie des espaces arrosés au BTK, un insecticide biologique, le scientifique assure qu’il est trop tôt pour évaluer l’impact d’une telle décision sur la propagation de l’infestation.

Les arrosages se font sur des aires habituellement restreintes et ciblent des peuplements en priorité afin de les protéger , ajoute-t-il.

Une carte du Québec illustre que les régions de l'Est-du-Québec et l'Abitibie sont les régions les plus touchés par la défoliation.

Défoliation causée par la tordeuse des bourgeons de l’épinette au Québec en 2019

Photo : ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Comportement inattendu

Une recherche effectuée en 2018 sur la répartition spatiale de la tordeuse à l’aide d’une sonde qui capture les insectes en plein vol a donné des résultats qui ont surpris le scientifique de Ressources naturelles Canada.

On s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de femelles qui se déplacent alors qu’elles sont pleines d’œufs et qui peuvent, lorsqu’elles arrivent dans une autre région, pondre leurs œufs, et participer probablement à la propagation de l’épidémie de façon assez rapide, explique Yan Boulanger.

Cela contredit l'hypothèse des scientifiques qui avaient d'abord cru que c'était principalement les mâles et les femelles sans œufs, donc plus légères, qui se déplaçaient d’une région à une autre.

Une découverte qui n’augure rien de bon, car les papillons de la tordeuse, qui est l’insecte le plus destructeur (Nouvelle fenêtre) des peuplements de conifères de l’Amérique du Nord, peuvent se déplacer sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres en une seule nuit.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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