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La fermeture des frontières, un catalyseur de la crise des opioïdes

Une seringue usée et un flacon ouvert sur lequel est apposé une ordonnance pour Naloxone sont sur le pavé.

La distribution de naloxone, qui sert à contrecarrer les effets d'une surdose d'opioïdes, est en hausse dans certaines régions de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Christian Molgat

Alors que les surdoses liées aux opioïdes sont en hausse dans plusieurs municipalités ontariennes, des intervenants du milieu s’inquiètent : la fermeture des frontières semble avoir dangereusement réduit la qualité des substances disponibles sur le marché noir.

Manifestement, l’offre est moindre, et les substances que l’on retrouve dans la rue sont mélangées avec des doses parfois mortelles de produits chimiques, a déclaré le maire de Timmins, George Pirie, en conseil municipal mardi.

La déclaration de M. Pirie survient après que quatre individus sont morts de surdoses en quelques jours. C’est une conséquence directe de la fermeture des frontières [...] c’est une conséquence directe de la COVID-19, a poursuivi le maire de la municipalité de quelque 40 000 personnes du Nord de l’Ontario

Ce sont des morts tragiques qui auraient pu être évitées

George Pirie, maire de Timmins

Dans la foulée des événements, le Service de police de Timmins a publié un communiqué expliquant que certaines substances circulant actuellement dans la sous-culture de la drogue à Timmins peuvent être mortelles si elles sont consommées.

M. Pirie soutient toutefois que la situation n’est ni nouvelle ni unique à Timmins.

Le bureau de santé publique de Porcupine, qui fédère Timmins, a lancé deux alertes quant à une augmentation des surdoses depuis le début de la pandémie. Et le bureau de santé de Sudbury et districts, à moins de 300 kilomètres au sud de la municipalité, a lui aussi publié un avertissement en mai.

Enseigne extérieure des Services de santé publique de Sudbury et districts.

Le bureau de santé publique Sudbury et districts a appuyé un rapport récent en faveur de l'implantation d'un centre d'injection supervisé dans la ville. Les trois quarts des consommateurs sondés se sont déjà injecté des substances en public, et la moitié d'entre eux ont déjà vécu une surdose.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

À Toronto, la situation est tout aussi préoccupante. En mai, la métropole attribuait 25 morts à des surdoses. Il s'agit d'un nombre équivalent à celui du mois d'avril. Ensemble, ils partagent le triste record du mois le plus meurtrier de la crise des opioïdes depuis septembre 2017.

Paula Tookey, qui s’occupe du service de consommation et de traitement du centre de santé communautaire South Riverdale, n'est pas surprise.

Il y avait des substances dégoûtantes dans les drogues de rue bien avant la COVID-19, dit-elle. Elle ajoute que le nombre de surdoses était déjà en augmentation au cours des dernières années, malgré une baisse en 2019.

Mais la fermeture des frontières et la pénurie de certaines substances que cela a engendrées ont aggravé la situation

Les gens [qui consomment] ont dû se mettre à acheter à des substances de la part de sources qui ne leur étaient pas familières, et donc, plus dangereuses pour leur santé.

Paula Tookey, service de consommation et de traitement du centre de santé communautaire South Riverdale

À cet effet, elle souligne l’importance des nouveaux centres de test de drogues de Toronto. Financés principalement par Santé Canada, ils permettent aux usagers de vérifier la qualité des produits qu’ils consomment.

Le centre de santé communautaire South Riverdale est l’une des trois succursales offrant le service.

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