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Avant même la pandémie, le Cirque du Soleil affichait une perte nette en hausse

En date du 31 mars, les diverses créances du Cirque du Soleil totalisaient près de 1,6 milliard de dollars américains.

Des danceurs sur scènes, en plein tour d'équilibrisme.

En date du 31 mars, les diverses créances du Cirque du Soleil totalisaient près de 1,6 milliard de dollars américains. , est disponible dans son intégralité sur internet le 17 avril prochain.

Photo : Sheila Morin/Cirque du Soleil

La Presse canadienne

Avant l'éclosion de la crise sanitaire qui a paralysé ses activités, le Cirque du Soleil se trouvait déjà dans une position vulnérable, selon le rapport du contrôleur qui supervise la restructuration de l'entreprise de divertissement actuellement à l'abri de ses créanciers.

De 2017 à 2019, la compagnie a affiché des pertes nettes respectives de 10 M$ US, 71 M$ US et 80 M$ US, souligne le document – uniquement disponible en anglais – de la firme Ernst & Young, qui a été mandatée dans le cadre du processus qui se déroule en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Parallèlement, le Cirque s'est grandement endetté afin de réaliser plusieurs acquisitions dans le but d'accélérer sa croissance et sa diversification. Cela a contribué à faire passer ses revenus de 882 M$ US à 1,04 G$ US.

Au cours de cette période, la situation financière du demandeur s'est détériorée en raison des pertes subies et parce qu'il était de plus en plus endetté, est-il écrit. Cela a placé le demandeur dans une position vulnérable [...] et a entraîné une détérioration rapide de sa situation financière pendant la pandémie.

En date du 31 mars, les diverses créances du Cirque totalisaient près de 1,6 G$ US, selon un document déposé auprès de la Cour supérieure du Québec. Environ 885 M$ US sont dus à des créanciers garantis.

Autres données

Au cours d'une entrevue téléphonique, lundi, le président et chef de la direction de l'entreprise, Daniel Lamarre, affirmait que la compagnie avait dégagé des profits de 155 M$ US pour l'an dernier. Il s'agit cependant du bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA), ce qui exclut des éléments comptabilisés dans la perte nette. Le BAIIA a plutôt été de 120,5 M$ US l'an dernier.

Avant la crise, nous rencontrions toutes nos obligations, avait lancé le grand patron du Cirque, en voulant tempérer le poids de la dette. Aujourd'hui, même si j'avais 200 M$ de dettes, je serais dans la même situation. Sans revenu, vous ne pouvez pas faire face à aucune obligation.

Daniel Lamarre en 2016 à Las Vegas

Daniel Lamarre en 2016 à Las Vegas

Photo : Getty Images / Ethan Miller

Dans le cadre de la restructuration, les actionnaires actuels de la société – le fonds texan TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec – ont conclu une convention d'achat de 300 M$ US, dans laquelle le prêt de 200 M$ US offert par Investissement Québec sera mis à contribution.

Cette somme servira notamment à rembourser le financement intérimaire d'urgence de 50 M$ US qui avait été octroyé par les trois actionnaires du Cirque en mai dernier.

Il s'agit des conditions minimales à respecter si d'autres joueurs veulent soumettre une proposition visant à acquérir le Cirque, qui a licencié 3480 de ses employés qui avaient été mis à pied en mars dernier lorsque les 44 spectacles de la compagnie avaient été annulés en raison de la pandémie.

En échange d'une restructuration de la dette, les créanciers recevront une dette non garantie de 50 M$ US en plus de détenir 45 % du Cirque, ce qui fera fléchir les participations des actionnaires actuels à 55 %. TPG détiendrait ainsi 33 %, tandis que Fosun et la Caisse auraient chacun 11 %.

Plusieurs conditions

Selon la proposition, dont la valeur totale est estimée à 420 M$ US, le siège social sera maintenu à Montréal et il est prévu que le grand patron du Cirque ainsi que son président du conseil d'administration soient des résidents du Québec – ce qui est déjà le cas.

On prévoit toutefois seulement des efforts raisonnables pour rappeler les employés québécois qui ont perdu leur gagne-pain.

Advenant le dépôt d'une offre concurrente, celle-ci devra respecter une série de critères, dont un dépôt représentant 5 % de la valeur de la convention intervenue entre le Cirque et ses actionnaires actuels. M. Lamarre avait indiqué que cinq ou six groupes étaient toujours intéressés à mettre la main sur l'entreprise.

Dans la province, le groupe Québecor ainsi que le cofondateur de l'entreprise Guy Laliberté, qui avait vendu ses dernières actions à la Caisse pas plus tard qu'en février dernier, avaient manifesté leur intérêt avant que le Cirque se tourne vers la LACC.

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