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Des pêcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard observent des méduses par milliers

Des milliers de méduses sont agglutinées dans l'eau.

Le bateau de pêcheurs s'est retrouvé au milieu de milliers de méduses.

Photo : Gracieuseté de Chad Gallant

Radio-Canada

Naviguer paisiblement pour se retrouver soudainement encerclé par des milliers de méduses : c’est ce qui est arrivé au pêcheur Brian Campbell, à l’extérieur de la rivière Tryon à l’Île-du-Prince-Édouard.

Je n'ai jamais vu [des méduses] en aussi grande quantité, affirme le pêcheur qui pratique son métier depuis 42 ans. Je n’aurais pas voulu nager dans ces environs cette journée-là, plaisante-t-il.

L’embarcation du pêcheur était entourée de méduses à crinière de lion, ou Cyanea capillata, de son appellation scientifique.

Ce type particulier de méduse peut atteindre deux mètres de diamètre et ses tentacules peuvent mesurer jusqu'à 30 mètres de long. Pour mettre les choses en perspective, c'est environ la longueur d'une baleine bleue. Et ces méduses piquent.

Ce n'est pas grave si vous en avez une ou deux qui vous piquent. Mais je pense que vous pourriez probablement en souffrir si vous en avez 30 ou 40 sur vous, avance M. Gallant.

De vrais géants

Après avoir consulté les images captées par M. Gallant, Nick Record qui est chercheur au Bigelow Laboratory for Ocean Sciences, un institut de recherche à but non lucratif dans le Maine, fait également certains constats.

Je suis assez certain que c'est la plus forte concentration de méduses à crinière de lion qu'on m'ait signalée, déclare-t-il.

Nick Record sourit à la caméra.

Nick Record affirme qu'il reçoit entre 100 et 1 000 rapports d'observation de méduses chaque année.

Photo : Gracieuseté du Bigelow Laboratory for Ocean Sciences

L’expert explique qu’on retrouve communément ce type de méduse dans le golfe du Maine et en Atlantique, au Canada. Toutefois, ce qui le surprend des signalements récents, c’est la taille des spécimens retrouvés sur les côtes.

Elles [les méduses] sont généralement de la taille d'une assiette ou plus petites. Au cours des 18 derniers mois environ, il y a eu quelques cas, peut-être cinq à dix, où elles mesuraient environ [un mètre et demi à deux mètres] de diamètre, s’étonne le chercheur. Donc, ce sont des géants.

Plusieurs facteurs pourraient être en cause

Depuis une dizaine d'années, M. Record utilise les signalements des citoyens pour localiser ces créatures marines. Selon lui, il est difficile de savoir si le nombre de méduses augmente seulement en fonction de l’augmentation de ces signalements, puisque même s’il en reçoit davantage, cela peut aussi simplement signifier que plus de personnes naviguent dans les eaux où elles se trouvent.

Si toutefois l’augmentation du nombre de signalements de méduses était liée à une réelle croissance de la population de cette espèce, plusieurs facteurs pourraient être en cause, notamment les conditions météorologiques, les courants et l’ordre de la chaîne alimentaire.

Cet accroissement pourrait aussi s'expliquer par la constitution biologique des méduses et la physique des océans selon M. Record. Les méduses peuvent se reproduire très rapidement lorsque les conditions sont propices, commente-t-il.

Un autre type de méduse présent en grande quantité

Chad Gallant, un pêcheur de homards de North Rustico à l’Île-du-Prince-Édouard, a aussi constaté l'abondance de méduses. Il a d'abord remarqué un amas d’une substance rose dans l’eau. Il a cru qu’il s’agissait du sang d'un animal marin que quelqu’un aurait pu heurter.

En se rapprochant, M. Gallant a constaté qu’il s’agissait plutôt de méduses. Nous nous sommes arrêtés là, raconte le pêcheur. Je n'arrivais pas à croire combien il y en avait.

Des méduses lunes sont agglutinées par centaines dans l'eau.

Contrairement à d'autres organismes vivants, les méduses peuvent survivre et se développer dans des environnements contenant peu d'oxygène et dans des écosystèmes appauvris.

Photo : Gracieuseté de Chad Gallant

Les méduses que M. Gallant a vues appartenaient à une espèce différente de celles repérées par Brian Campbell. Il a plutôt observé un spécimen appelé méduse lune.

Pour le chercheur Nick Record, ce n’est pas tant le nombre de méduses qui le surprend, mais plutôt le fait qu’elles se retrouvent aussi densément agglutinées.

Ce type de méduses ne pique pas généralement, selon M. Record. Elles se nourrissent de zooplancton et sont saisonnières.

Une compétition avec les poissons pour l’accès à la nourriture

D'après l’expert, il y a des avantages et des inconvénients à retrouver les méduses en si grand nombre.

Certaines personnes considèrent les méduses comme une nuisance totale et les grandes agrégations de méduses comme une mauvaise chose sans équivoque, explique-t-il. D'autres voient les méduses comme des animaux magnifiques et étonnants, et veulent simplement les photographier toute la journée.

Elles peuvent avoir un impact sur l'écosystème de plusieurs façons. D'une part, elles sont des proies pour les tortues de mer. D'autre part, elles sont en compétition avec les poissons pour la nourriture.

Les gens ont essayé d'accroître la population de poissons, mais comme les méduses mangent la même nourriture, cela rend le retour des stocks de poissons plus difficile, explique le scientifique.

Plus de données requises

Un débat quant à l’augmentation ou non de la population de méduses à l'échelle mondiale divise la communauté scientifique.

Pour répondre à la question de savoir s'il y a une tendance à long terme, il faut des décennies de données [...] Nous ne disposons pas de ces données en Atlantique.

Nick Record, chercheur au Bigelow Laboratory for Ocean Sciences

Selon M. Record, le programme de signalement citoyen est vraiment la seule enquête à long terme pour les méduses dans notre coin du monde, et élucider ce débat prendra plusieurs années. Le scientifique précise que, pour comprendre l’évolution de l’espèce, il doit être en mesure de traquer les animaux marins et de savoir où ils se trouvent. Il rappelle que les gens peuvent envoyer des informations concernant leurs observations de méduses à l’adresse suivante : jellyfish@bigelow.org.

Avec les informations de Sheehan Desjardins de CBC

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