•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Saint-Pacôme ne pourra pas compter sur l'eau potable de Rivière-Ouelle

Des gouttes d'eau coulent d'un robinet.

Saint-Pacôme voulait acheter de l'eau traitée à Rivière-Ouelle pour éliminer son problème de concentration de manganèse (archives).

Photo : iStock

Après une étude de faisabilité, la Municipalité de Rivière-Ouelle en arrive à la conclusion qu'elle ne sera pas en mesure de fournir de l'eau potable traitée à sa voisine, Saint-Pacôme. Cette dernière doit donc retourner à la planche à dessin pour corriger son problème de concentration de manganèse dans l'eau de la municipalité.

Actuellement, la concentration de manganèse dans l'eau pacômoise est de 0,4 mg/L d'eau. Toutefois, la norme établie par Santé Canada est de 0,12 mg/l d'eau.

Qu'est-ce que le manganèse :

Le manganèse est un élément chimique naturellement présent dans le sol [qui peut se dissoudre et se retrouver dans l'eau]. Une petite quantité de manganèse est nécessaire à tous les organismes vivants.

L’eau potable peut en contenir, mais il se trouve principalement dans les aliments.

Lorsque sa concentration dans l’eau est de plus de 0,05 mg/l, le manganèse peut :

  • modifier le goût, l’odeur et la couleur de l’eau;
  • tacher les vêtements lavés et les appareils électroménagers. 

Source : Gouvernement du Québec

Pour régler ce problème, Saint-Pacôme avait évalué la possibilité de construire une nouvelle usine de traitement pour une facture totale de 3,8 millions de dollars. Un montant que l'administration municipale considère comme beaucoup trop élevé, car elle estime qu'une telle initiative représenterait une augmentation majeure des impôts fonciers pour les citoyens concernés.

Est alors venu le plan B : acheter de l'eau de Rivière-Ouelle et l'acheminer à Saint-Pacôme par le tuyau de raccord.

Toutefois, la firme d'ingénierie mandatée pour évaluer le dossier a révélé que Rivière-Ouelle ne serait pas en mesure, à long terme, d'épauler sa voisine. Même si le maire de Rivière-Ouelle, Louis-Georges Simard, aurait bien voulu venir en aide aux Pacômois, il doit se résigner à ne pas le faire.

Actuellement, nous aurions eu les ressources pour aider Saint-Pacôme. Par contre, si on étudie la situation sur une longue période, soit sur une trentaine d'années, la disponibilité n'était pas là.

Louis-Georges Simard, maire de Rivière-Ouelle

M. Simard souligne par ailleurs que les calculs des ingénieurs prennent en considération les risques de fuites potentielles ainsi que les projets d'expansion de la municipalité de Rivière-Ouelle.

Retour à la case départ

Le maire de Saint-Pacôme, Robert Bérubé, se désole de la situation. Pour l'instant, on doit revenir au plan A, soit de réfléchir à la construction d'une usine. Mais on réfléchit aussi à la possibilité d'un plan C, soit l'élimination du manganèse directement à l'entrée de la maison, dit-il.

On n'a pas les coûts d'une telle stratégie. Ça fait partie des prochaines études. Ce serait une alternative à l'usine qui, je dois bien le dire, serait beaucoup trop dispendieuse si nous ne pouvions pas compter sur des subventions.

Robert Bérubé, maire de Saint-Pacôme
Robert Bérubé, coordonnateur du projet

Le maire de Saint-Pacôme, Robert Bérubé (archives)

Photo : Radio-Canada

Sur ce sujet, le maire Bérubé dénonce un flou persistant qui existe entre Santé Canada et les ministères provinciaux. Oui, Santé Canada a statué sur un taux maximal de manganèse. Par contre, ce n'est toujours pas fait à Québec. Il est donc difficile de demander au provincial une aide financière pour régler notre problème de manganèse alors qu'il n'a pas lui-même décidé d'un taux à respecter, se désole-t-il.

On est un peu coincés et dans l'attente. Pendant ce temps, en plus des risques pour la santé des citoyens, ceux-ci se plaignent des inconvénients esthétiques du manganèse. Après une brassée de lavage, par exemple, il n'est pas rare qu'on trouve des cernes noirs sur les vêtements, renchérit M. Bérubé.

Quelles sont les prochaines étapes? On a cette quantité de manganèse dans notre eau et on doit vivre avec. Tant que Québec n'aura pas statué sur une norme de manganèse, il est bien difficile de voir la suite, ajoute le maire.

Le maire de Saint-Pacôme, qui dit avoir voulu pallier le problème avant qu'il ne devienne dommageable, craint par ailleurs qu'une foule de municipalités québécoises se ruent à Québec pour recevoir de l'aide financière une fois que le gouvernement provincial aura déterminé une concentration maximale de manganèse à respecter. Si Québec le fait un jour, conclut-il.

Avec la collaboration de Marie-Christine Rioux

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Bas-Saint-Laurent

Services aux citoyens