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Ottawa a mené des inspections à distance dans les exploitations agricoles

Un travailleur agricole taille les buissons de bleuets.

Le gouvernement fédéral affirme que certaines inspections en personne ont repris la semaine dernière.

Photo : CBC/Paul Palmeter

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral a mené des inspections à distance dans les exploitations agricoles de l’Ontario qui emploient des travailleurs migrants durant la pandémie de COVID-19.

Ces inspections ont remplacé celles menées en personne afin de s’assurer que les conditions des travailleurs sont sécuritaires.

C’est le ministère de l’Emploi et du Développement social qui est responsable des inspections, qui incluent les dortoirs où vivent les travailleurs étrangers.

Dans un courriel envoyé à CBC, il indique que toutes les exploitations agricoles inspectées à propos de la mise en quarantaine obligatoire des travailleurs étrangers durant 14 jours après leur arrivée respectaient les règles en date du 12 juin.

Le ministère admet toutefois que la majorité des inspecteurs ne se sont pas rendus sur place.

Pour la sécurité de toutes les personnes impliquées, la majorité des inspections ont lieu à distance, écrit le ministère.

Emploi et Développement social Canada n’a pas donné de détails sur la façon dont les inspections à distance sont menées.

Le gouvernement confirme toutefois que certaines inspections en personne ont repris la semaine dernière dans la région de Windsor-Essex, où plusieurs éclosions ont été rapportées.

Des centaines de travailleurs immigrants ont contracté la COVID-19 dans les exploitations agricoles de l’Ontario. Trois d’entre eux sont morts après avoir été infectés.

Trop peu trop tard

Le directeur de l’organisme Migrant Workers Alliance for Change, Syed Hussan, pense que les gouvernements n’en font pas assez.

Trois travailleurs sont morts et c’est maintenant qu’on voit des changements mineurs. Toutefois, ces changements n’ont pas l’ampleur nécessaire, dit-il.

La COVID-19 a amplifié et exacerbé la crise.

Syed Hussan, directeur de Migrant Workers Alliance for Change

Des travailleurs des exploitations agricoles de Leamington affirment qu’ils sont nerveux de voir que le virus se répand parmi eux.

On a peur d’être infectés, donc on est toujours nerveux, raconte Israel, un travailleur originaire du Guatemala employé par un producteur de tomates. Il n’a pas voulu donner son nom complet.

Il raconte toutefois que son employeur s’assure que les employés pratiquent la distanciation sociale et qu’ils respectent les protocoles de sécurité.

On se sent en sécurité à la ferme, dit-il. Il y a peu de monde dans la maison et on se lave les mains avant et après le travail.

Le gouvernement ontarien fait équipe avec le fédéral pour mener des inspections en parallèle.

En plus d’inspecter les conditions de vie, Ottawa s’assure que les employeurs respectent les règles de l’immigration et le contrat des travailleurs.

De son côté, la province vérifie que les exploitations agricoles respectent les normes du travail. L’Ontario dit avoir mené 241 inspections en personne et 62 inspections à distance depuis le 11 mars.

Un système efficace?

Depuis la mise en place de nouvelles règles, Ottawa demande aux employeurs de payer leurs travailleurs alors qu’ils sont en quarantaine durant 14 jours à leur arrivée au Canada.

Les exploitations agricoles risquent des pénalités allant jusqu’à un million de dollars et peuvent être bannies du programme d’embauche de travailleurs étrangers si elles contreviennent à la loi.

Ottawa dit avoir lancé 1066 enquêtes entre le 1er mars et le 24 juin. Plus de 700 d’entre elles sont terminées.

Syed Hussan pense pour sa part que le système d’inspection a des failles.

Son groupe a publié en juin un rapport accablant sur la situation des travailleurs agricoles étrangers.

L’organisme Migrant Workers Alliance for Change continue de demander à Ottawa d’accorder le statut de résident permanent aux travailleurs étrangers pour que ceux-ci puissent se sentir à l’aise de dénoncer leur situation sans craint de représailles.

Avec les informations de CBC

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Toronto

Santé publique