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Brian Pallister dément s'être opposé à l'emploi des mots « racisme systémique »

Des personnes marchent dans une rue en tenant des affiches, devant le Musée canadien pour les droits de la personne.

Des Winnipégois manifestent dans le cadre du mouvement Black Lives Matter, qui proteste entre autres contre le racisme et la brutalité policière.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Radio-Canada

Le premier ministre du Manitoba Brian Pallister dément des informations selon lesquelles il se serait opposé à l’emploi des mots racisme systémique dans une déclaration conjointe des premiers ministres portant sur la discrimination.

Justin Trudeau a confirmé le 26 juin l’absence de consensus chez les premiers ministres du pays en ce qui concerne la reconnaissance du caractère systémique du racisme. Les premiers ministres ont eu des discussions sur le sujet en préparation à leur déclaration conjointe publiée jeudi dernier.

Selon Le Devoir, le Québec, le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta avaient des réticences à ce sujet il y a quelques semaines lorsque M. Trudeau a proposé l’idée de cette déclaration. La Saskatchewan et l’Alberta ont par la suite changé d’idée.

Le premier ministre François Legault du Québec condamne le racisme sans aller jusqu'à parler de racisme systémique.

Selon Le Devoir, le Manitoba restait la seule province, vendredi dernier, à refuser de préciser la position de son premier ministre auprès du quotidien.

En conférence de presse mardi, Brian Pallister a qualifié ce reportage d’erroné.

En temps normal, je ne parle pas des appels personnels et confidentiels, mais je dois le clarifier maintenant : c’est faux, a-t-il déclaré.

Brian Pallister s’en est pris au Winnipeg Free Press mardi. Le quotidien winnipégois, à la suite de l’article du Devoir, avait cherché à confirmer l'information auprès du bureau du premier ministre manitobain, qui a alors refusé de commenter en raison de la nature confidentielle des discussions.

Brian Pallister parle, debout, derrière un micro et a les mains dans ses poches. On voit en arrière-plan plusieurs image du logo de la province (le mot Manitoba suivi d'une image stylisée de bison).

Brian Pallister est photographié alors qu'il s'adresse aux journalistes en mars 2020.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Être essentiellement accusé de racisme dans un article d’un journal que j’avais l’habitude de respecter, ça fait mal, s’est exclamé Brian Pallister. Ça fait mal et ce n’est pas correct.

Brian Pallister a ensuite affirmé ne pas s’être opposé à l’emploi des mots racisme systémique lors de la conférence téléphonique des premiers ministres.

Je ne m’y suis pas opposé, a-t-il déclaré. [Lors de ces appels] je parle des sujets qui me préoccupent ou si je fais la promotion de quelque chose.

Le premier ministre affirme qu'entre 12 et 14 sujets ont été abordés pendant cet appel, et qu’il n’a pas donné son avis sur chacun. Je ne m’exprime pas sur chaque point, ajoute-t-il. Si j'avais eu des préoccupations [sur ce sujet], je les aurais formulées.

Brian Pallister n’a pas directement répondu quand des journalistes lui ont demandé de définir le racisme systémique dans ses mots, disant plutôt que les actions comptent au moins autant que les adjectifs.

Brian Pallister a ajouté que son gouvernement a défendu les minorités à plusieurs reprises, et qu’il a placé davantage de gens de couleur dans des postes de leadership, redonné des terres aux Premières Nations à qui elles appartenaient et dépensé des centaines de millions de dollars pour aider des Autochtones déplacés quand leurs maisons ont été inondées.

Je pense que les gens veulent de l’action et c’est ce que notre gouvernement cherche à faire de plusieurs façons, a-t-il déclaré.

Sans préciser s’il appuyait l’emploi des mots racisme systémique, il a dit : Je l’appuie par mes gestes.

Le chef de l’opposition officielle, le néo-démocrate Wab Kinew, n’a pas hésité sur le caractère systémique du racisme, disant qu'à ses yeux, le premier ministre rate la cible.

C’est décevant de constater que M. Pallister refuse de définir le racisme systémique tel qu’il le perçoit ou d’admettre que nous avons un problème ici, au Manitoba, déplore le chef du NPD.

Un leader qui refuse de nommer les choses tout haut, d'exposer ses idées et de définir des enjeux tels que le racisme systémique, ne fait que démontrer un manque de considération pour ce qu’on traverse en ce moment, affirme Wab Kinew.

Le mouvement Black Lives Matter qui dénonce le racisme à l’égard des Noirs et la brutalité policière a récemment pris de l’ampleur, demandant notamment aux politiciens et aux institutions de reconnaître que les structures en place sont un frein à l’égalité.

Avec des informatins de Ian Froese

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