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Des Autochtones insatisfaits d'une formation antiracisme suivie par une sénatrice

Une photographie de la sénatrice Lynn Beyak parmi celles d'autres sénateurs.

La sénatrice Lynn Beyak a été suspendue pour une seconde fois en février 2020.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Une coalition de dirigeants de Premières Nations, de membres de communautés autochtones et de survivants des pensionnats autochtones continue de demander la démission ou le renvoi de la sénatrice Lynn Beyak en raison de propos racistes.

Ces nouvelles demandes de la coalition font suite à la présentation par Jonathan Black-Branch, doyen de la faculté de droit de l’Université du Manitoba, d’un rapport d’évaluation au comité sénatorial d’éthique indiquant que la sénatrice a appris et était prête à apprendre sur le racisme antiautochtone et sur les responsabilités des sénateurs en matière de racisme au Canada.

Mais ces efforts arrivent trop tard selon la coalition, qui comprend Ogichidaa Francis Kavanaugh, du grand conseil du traité n° 3, et le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler.

Dans une lettre signée par plusieurs grands chefs et chefs régionaux, et envoyée à M. Black-Branch le 30 juin, la coalition lui demande de retirer les conclusions de [son] rapport et de soutenir [leurs] efforts pour tenir la sénatrice Beyak responsable du mal qu’elle a causé.

Alvin Fiddler à son bureau.

Le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler, est un des signataires d'une lettre envoyée à Jonathan Black-Branch.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Mme Beyak a été suspendue une première fois du Sénat en mai 2019 après avoir refusé de retirer de son site web des lettres racistes.

Elle a été suspendue une seconde fois en février 2020.

Le conseiller sénatorial en éthique Pierre Legault avait demandé à M. Black-Branch de développer un programme éducatif conçu spécifiquement pour la sénatrice.

Mme Beyak a suivi virtuellement ce programme du 19 au 22 mai.

Il a été donné par une équipe de sept personnes de l’Université du Manitoba qui incluait des Autochtones.

La formation portait sur des sujets tels que les relations avec les peuples autochtones, le devoir du gouvernement envers les peuples autochtones, les expériences personnelles d’un aîné autochtone, ainsi que les blessures et les préjudices causés par la conduite personnelle de la sénatrice Beyak.

À la suite de l’évaluation de M. Black-Branch, un rapport a été déposé en juin par le comité permanent du Sénat sur l’éthique, recommandant que la suspension de la sénatrice Beyak soit levée.

Le Sénat devrait voter sur cette question à l’automne.

Les voix des Autochtones ignorées

Selon la lettre de la coalition envoyée à M. Black-Branch, son équipe a mené de manière inappropriée un processus qui ignore de manière flagrante les appels des dirigeants autochtones, des survivants des pensionnats autochtones et des membres de la communauté pour que Mme Beyak soit destituée du Sénat.

Lorsqu’un processus mené dans l’ouest du Canada, hors de l’Ontario, est choisi au détriment de nos propres systèmes juridiques et traditions, de nos gardiens du savoir et de nos institutions éducatives, l’objectif même de la lutte contre le racisme n’est pas atteint et une occasion de réconciliation véritable a été manquée.

Lettre de la coalition

La lettre note également que la sénatrice a été invitée à de nombreuses conversations et sessions de formation dirigées par des Autochtones, au cours desquelles elle a causé d’autres offenses aux participants et aux animateurs.

Un de ces incidents a mené la Fédération des centres d’amitié autochtone de l’Ontario à mettre fin à ses efforts pour fournir une formation à Mme Beyak.

La sénatrice Lynn Beyak a rencontré des leaders communautaires à Sioux Lookout, en Ontario, le 11 juillet, pour discuter des questions entourant la vérité et la réconciliation.

La sénatrice Lynn Beyak lors d'une rencontre des leaders communautaires à Sioux Lookout, en juillet 2017, pour discuter des questions entourant la vérité et la réconciliation.

Photo : Photo fournie par Darlene Angeconeb

Danielle Morrison, une porte-parole de la coalition et avocate membre de la communauté anichinabée de Naongashiing, a déclaré qu’il était temps d’écouter les voix des Autochtones dans cette affaire.

J’avais l’impression de ne pas avoir de voix... que nos voix dans la communauté n’étaient pas importantes parce que maintenant le comité d’éthique du Sénat cherchait à obtenir la contribution d’une équipe universitaire... en fait, il a fait taire nos voix.

Avec les informations de CBC

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