•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Dur coup économique à prévoir à la suite des compressions d'Air Canada

L'affiche de l'aéroport et des bâtiments derrière.

L'aéroport régional de Mont-Joli a vu ses revenus chuter dramatiquement, comme ceux de Gaspé et de Baie-Comeau.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

La décision d’Air Canada de suspendre de nombreuses lignes aériennes et des escales au pays aura des impacts économiques dans l’Est-du-Québec.

Dans la région, la décision touche six lignes aériennes et trois escales régionales, dont Gaspé, Baie-Comeau et Mont-Joli. L'arrêt du service d'Air Canada à l'aéroport de Wabush, au Labrador, aura également des conséquences pour les résidents de Fermont. Air Canada explique avoir pris cette décision en raison des effets dévastateurs de la pandémie sur ses finances.

La directrice de l’aéroport régional de Mont-Joli, Chantal Duchesne, affirme que les changements chez Air Canada auront d'importants impacts sur son organisation. Elle soutient que près de 10 000 passagers utilisent le service commercial d'Air Canada chaque année. C’est le quart de l'achalandage total de l'aéroport, précise-t-elle.

Il s’agit en grande partie des passagers d’affaires, de la fonction publique ou de l’enseignement. C'est sans compter les nombreux touristes qui utilisent ce moyen de transport.

Un comptoir de service fermé d'Air Canada dans un aéroport.

Air Canada ferme ses bureaux aux aéroports de Gaspé, de Baie-Comeau et de Mont-Joli.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Il reste deux transporteurs à Mont-Joli. Toutefois, selon Chantal Duchesne, ces deux compagnies n'offrent pas autant de liaisons vers les autres provinces et vers l’extérieur du pays qu’Air Canada.

Les autres transporteurs vont se rendre à Saint-Hubert ou Montréal, mais la destination finale des gens n’est souvent pas Montréal ou Saint-Hubert. C'est plutôt les États-Unis, Toronto, Ottawa et c’est ça la complexité. Évidemment, le coût va être beaucoup plus élevé.

Chantal Duchesne, directrice de l'aéroport régional de Mont-Joli

Des impacts sur l'économie locale

Le président de la Chambre de commerce de Manicouagan, Antonio Hortas, est convaincu que la décision d'Air Canada sera difficile pour l’économie de sa région.

Il souligne que les déplacements, peu importe le moyen de transport, sont déjà compliqués sur la Côte-Nord. Il pense aux nombreuses avaries du traversier, qui ont empêché le transport entre Matane et la Côte-Nord, ou encore aux complications liées à la COVID-19.

C’est l’accessibilité de la région pour les gens d’affaires, les consultants, firmes d’ingénierie et comptables. On a des multinationales sur le territoire comme Alcoa et Resolu. Il y a plusieurs PME qui ont à aller à Québec et Montréal. Ils sont maintenant condamnés au transport routier.

Le bureau restera vide pour longtemps.

Le bureau d'Air Canada a Baie-Comeau reste fermé pour une durée indéterminée.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Avec le départ d’Air Canada, il ne reste plus qu’un seul transporteur aérien à Baie-Comeau : Air Liaison. Cette entreprise offre des dessertes à Québec et dans les municipalités éloignées de la Côte-Nord.

Alors déjà, la fluidité, la facilité des rencontres et les projets d’investissements, tout est rendu compliqué.

Antonio Hortas, président de la Chambre de commerce de Manicouagan
Antonio Hortas accorde une entrevue à l'extérieur.

Le président de la Chambre de commerce de Manicouagan, Antonio Hortas

Photo : Radio-Canada

C'est aussi l'avis de la directrice du Département sociétés, territoires et développement de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), Nathalie Lewis.

Elle rappelle que le transport par train et par autocar a aussi subi des diminutions de service au fil des ans.

Pour que des entreprises et des employeurs viennent s’établir, il faut qu’ils retrouvent une certaine palette d’outils, dont le transport, le transport interrégional et le transport qui va nous permettre de sortir de la province et du pays.

Nathalie Lewis, directrice du Département sociétés, territoires et développement de l'Université du Québec à Rimouski

L'enseignante croit qu’une réflexion s’impose sur le transport en région. On est enclavé. On ne peut plus sortir et se développer, dit-elle.

De son côté, Antonio Hortas croit que le gouvernement doit aussi s’impliquer financièrement pour trouver des solutions viables et durables et qui sont gérées par les régions parce que ce sont elles qui connaissent leurs besoins.

Deux avions et un véhicule tout terrain sur le tarmac d'un aéroport.

L'aéroport régional de Mont-Joli

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Deschenes

Le maire de Gaspé et président du Comité sur le transport aérien de l’Union des municipalités du Québec, Daniel Côté, défend aussi ce point de vue depuis des années.

Si on veut pérenniser le transport aérien et ne pas être toujours entre les mains d’un privé, il faudrait réfléchir à mettre en place soit un modèle coopératif ou un modèle de régie intermunicipale dans le but de ne pas seulement viser un profit, mais viser un service.

Daniel Côté, maire de Gaspé

Daniel Côté affirme que le marché du transport aérien existe dans sa région. Il ajoute que l’aéroport de Gaspé enregistre plus ou moins 25 000 déplacements chaque année et que les revenus d'Air Canada à Gaspé s'élèvent à environ 150 000 $ par mois.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Transports