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Le service aérien régional doit continuer, avec ou sans Air Canada, disent les régions

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Un avion d'Air Canada Jazz décolle de l'aéroport de Halifax, en 2010

Le reportage de Yasmine Khayat.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Les autorités régionales québécoises protestent vigoureusement contre la suspension par Air Canada de 30 lignes régionales à travers le pays. Elles demandent l’intervention du gouvernement fédéral et de Québec et songent déjà à nouer des partenariats avec d’autres compagnies aériennes.

Bien que déçus, tous disent ne pas être surpris de la décision d’Air Canada.

On va se le dire, c’est en droite ligne avec les déclarations du PDG d’Air Canada, qui disait que c'est plus important de servir ses actionnaires que les régions, lance le maire de Gaspé, Daniel Côté.

On s’y attendait un peu. En 2018, clairement, dès le Sommet sur le transport aérien régional, on sentait qu’Air Canada n’était pas proactive et que la desserte régionale n’était pas le plus rentable. Air Canada cherche vraiment à faire de l’argent. C’est une compagnie privée et ça paraît vraiment, énonce de son côté le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny.

M. Montigny, qui siège au comité sur le transport aérien de l’Union des municipalités du Québec, dit espérer que, de leur côté, le gouvernement fédéral et Québec ne laisseront pas tomber les régions, même si le fait de garder un lien aérien pour les desservir risque de ne pas être très lucratif.

Ce n’est pas une question de reins assez solides. C’est vraiment une vision globale de desserte. Est-ce que c’est ce qu’on veut au Québec, voir des régions, des endroits qui sont moins payants, moins bien desservis? On veut fermer des régions du Québec? Ce n’est pas acceptable, dit-il.

Yves Montigny n’a pour l‘instant pas de solution à proposer. Il affirme plutôt qu’il ne faut décider de rien de façon improvisée, mais plutôt s’asseoir avec les autres paliers de gouvernement.

Le fédéral, mais aussi Québec. M. Bonnardel [le ministre des Transports du Québec], il faut qu’il soit impliqué dans la mise en place d’un système cohérent de transport aérien régional au Québec. Il faut le faire ensemble, il faut le coordonner pour que ce soit viable à long terme, lance-t-il.

Le maire de Baie-Comeau avance qu’Investissement Québec pourrait s’impliquer dans le projet, ou encore le ministère de l’Économie et de l’Innovation. Mais, dit-il, cela doit être fait dans l’idée de pouvoir continuer à développer les régions économiquement.

Un retour d’Air Canada?

La plupart des intervenants touchés par ces fermetures n’espèrent plus rien d’Air Canada, même si la compagnie a indiqué dans une déclaration que le rétablissement du transport aérien dans les régions prendra au minimum trois ans.

En Abitibi, où la liaison entre Rouyn-Noranda et Montréal est maintenue, mais où celles entre Val-d’Or et Montréal et Val-d’Or et Rouyn-Noranda sont interrompues, la Ville de Val-d'Or, l'aéroport régional et la Chambre de commerce (CCVD) disent vouloir rencontrer le transporteur aérien pour tenter de le convaincre de revenir sur sa décision. Mais ils ne se font pas trop d’illusions.

Croyez-vous vraiment qu'ils [Air Canada] vont revenir dans trois ans? Un plus un, ça fait deux, note la directrice générale de l'Aéroport régional de Val-d'Or, Louise Beaulieu. Ça fait longtemps qu'Air Canada nous dit que c'est illogique pour une région comme la nôtre d'avoir deux aéroports.

Quant au maire de Val-d’Or, Pierre Corbeil, et à la directrice générale de la CCVD, Hélène Paradis, ils tablent maintenant sur le transporteur Air Creebec. Cette rupture de services est des plus contraignante. Par chance, nous avons l'opportunité d'avoir une compagnie aérienne régionale avec des horaires fiables qui couvre le circuit Val-d'Or-Montréal, souligne Mme Paradis.

À Gaspé, où l’on perd les liaisons avec les Îles-de-la-Madeleine et Québec, le maire compte également se tourner vers d’autres compagnies aériennes. Il faut tourner la page sur Air Canada. Ils ne veulent plus venir chez nous, on va travailler avec d’autres transporteurs qui veulent vraiment desservir les régions du Québec, dit le maire Daniel Côté.

Des conséquences économiques certaines

L’incertitude qu’amène la suspension des lignes aériennes laisse maintenant planer l’inquiétude des conséquences économiques que ces arrêts pourraient induire.

Une ville comme Baie-Comeau va être dynamique si elle est capable d’être reliée avec le reste du Québec, dit Yves Montigny.

Les gens d’affaires pourraient notamment devoir passer beaucoup plus de temps à voyager vers les régions que ce qu’ils faisaient par le passé.

Val-d'Or est un carrefour important pour le secteur minier, notamment en ce qui a trait aux cadres, qui sont tous à Vancouver ou à Toronto, explique Hélène Paradis.

Quant à Pierre Corbeil, il parle plutôt des professionnels en santé ou en éducation qui viennent dispenser leurs services dans sa région et qui pourraient être rebutés par la longueur des déplacements.

À Val-d’Or, on ne semble toutefois pas s’inquiéter de la fermeture complète de l’aéroport. Nous avons quand même plusieurs vols nolisés qui amènent les travailleurs dans le Grand Nord, sur des sites miniers. Sauf que la fermeture complète des comptoirs d'Air Canada, ce sont des pertes d'emplois à Val-d'Or et une perte de revenus pour nous, admet sa directrice.

Avec les informations de La Presse canadienne

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