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La loi sur la sécurité de l'État fait ses premières victimes à Hong Kong

Ottawa met en garde ses ressortissants contre le risque de « détention arbitraire » et d’extradition vers la Chine continentale.

Les policiers courent au milieu de la rue, pendant que quelques piétons se serrent sur les devantures des magasins.

Les forces de l'ordre ont arrêté au total mercredi plus de 300 personnes.

Photo : Getty Images / Anthony Kwan

Radio-Canada

À Hong Kong, la loi sur la sécurité de l'État entrée en vigueur mardi a fait ses premières victimes lors du 23e anniversaire de la rétrocession de l'ex-colonie britannique à la Chine, au cours duquel des milliers de Hongkongais se sont rassemblés. L'arrestation d'un homme qui brandissait un drapeau en faveur de l'indépendance a été suivie par des centaines d'autres.

Le rassemblement avait été interdit il y a quelques jours par les autorités, pour la première fois en 17 ans.

Les forces de l'ordre ont arrêté au total mercredi plus de 300 personnes, dont neuf pour violation présumée de la loi. La police a aussi fait usage de canons à eau, de gaz poivré et lacrymogène.

Selon la police, un officier a été poignardé à l'épaule alors qu'il tentait de procéder à une arrestation.

L'opposition hongkongaise redoute que la nouvelle loi ne porte un coup fatal aux libertés et à l'autonomie dont jouissait le territoire depuis sa rétrocession.

Condamné par de nombreux pays occidentaux, le texte permet de réprimer quatre types de crimes contre la sécurité de l'État : subversion, séparatisme, terrorisme et collusion avec des forces extérieures.

Dans certains cas, la loi prévoit que la justice chinoise soit compétente et réserve des peines allant de 10 ans d'emprisonnement jusqu'à la prison à vie pour les auteurs des crimes les plus graves.

Un homme debout à côté d'un drapeau sur lequel on peut lire « Indépendance de Hong Kong ».

Un homme debout à côté d'un drapeau sur lequel on peut lire « Indépendance de Hong Kong ».

Photo : Reuters / HONG KONG POLICE FORCE

Mercredi matin, au cours de la traditionnelle cérémonie de lever de drapeau qui marque l'anniversaire du 1er juillet, la cheffe de l'exécutif hongkongais fidèle à Pékin, Carrie Lam, a salué cette loi qui constitue selon elle l'événement le plus important dans les relations entre le gouvernement central et Hong Kong depuis la rétrocession.

Pour les membres de la petite minorité qui menace la sécurité nationale, cette loi sera un glaive suspendu au-dessus de leur tête, a de son côté averti le gouvernement chinois, mardi.

Plusieurs pays condamnent la loi

Déjà, le premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé mercredi que près de 3 millions de résidents de l'ex-colonie pourront s'installer au Royaume-Uni grâce à un élargissement du droit à l'immigration.

Les autorités britanniques avaient menacé la Chine de renforcer les droits des titulaires du passeport BN(O), pour British National (Overseas), ou Citoyen britannique (outre-mer), en cas de mise en oeuvre de la loi sur la sécurité. C'est précisément ce que nous allons faire, a déclaré Boris Johnson.

Le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, va plus loin et dénonce carrément une violation manifeste de l'autonomie de Hong Kong. La loi viole de manière manifeste et grave la déclaration commune entre le Royaume-Uni et la Chine, qui avait ouvert la voie à la rétrocession en 1997, plaide-t-il.

Un policier asperge de poivre de Cayenne des journalistes.

La police antiémeute a aspergé de poivre de Cayenne des journalistes qui couvraient la manifestation contre la nouvelle loi sur la sécurité nationale de Hong Kong, le 1er juillet 2020.

Photo : AFP / DALE DE LA REY

Vingt-sept pays du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, dont la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et le Japon, ont aussi condamné la législation, tandis que les États-Unis ont menacé la Chine et ont promis de ne pas rester les bras croisés.

Ottawa, pour sa part, met en garde ses ressortissants. Le risque de « détention arbitraire » et d’extradition vers la Chine continentale est désormais plus élevé, avance Voyage et tourisme Canada.

Vous pouvez être exposés à un risque accru de détention arbitraire pour des motifs de sécurité nationale ainsi qu'à une possible extradition vers la Chine continentale, avertit-on.

À l'instar du Canada, le Royaume-Uni a aussi mis à jour son conseil aux voyageurs pour Hong Kong, mercredi. Londres parle maintenant de risque accru de détention et d'expulsion.

Des jets de canons à eau sont dirigés vers les manifestants.

La police antiémeute de Hong Kong a utilisé des canons à eau pour disperser les manifestants qui s’opposent à l’entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale.

Photo : Reuters / TYRONE SIU

La réaction des autorités chinoises a été immédiate. Nous ne vous avons pas provoqués. De quel droit êtes-vous agressifs avec nous?, s'est interrogé mercredi le directeur adjoint du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao du régime communiste, Zhang Xiaoming, estimant que la loi sur la sécurité nationale ne regardait pas les pays étrangers.

Visant les États-Unis, il a ajouté que l’imposition de lourdes sanctions à des responsables chinois tient d’une logique de bandits.

Le Sénat des États-Unis a approuvé la semaine dernière à l'unanimité un texte prévoyant des sanctions automatiques contre les responsables chinois qui violent les obligations internationales de la Chine en faveur de l'autonomie de Hong Kong.

Cette proposition de loi doit encore passer le cap de la Chambre des représentants, puis être promulguée par le président Donald Trump. Les noms des responsables chinois visés ne sont pas précisés.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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