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Un artiste se fait voler pour 15 000 $ de matériel de cirque

Trois personnes sur des échasses font des mimiques.

Benoist Hippolyte (à gauche) s'est fait dérober le matériel dont il avait besoin pour exercer son métier d'artiste de cirque.

Photo : Facebook / Benoist Hippolyte

Fanny Bourel

Depuis un mois, le circassien Benoist Hippolyte se produit, avec la compagnie montréalaise d’arts de rue Drôldadon, devant les balcons de personnes âgées confinées dans des habitations à loyer modéré (HLM) ou des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) en raison de la pandémie de COVID-19. Dans la nuit de dimanche à lundi, il s’est fait dérober pour 15 000 $ d’accessoires de cirque, pour certains rares au Québec, dont il avait pourtant besoin afin de « créer des sourires » sur les visages des personnes aînées.

Parmi le matériel volé, il y a une marchette dont Benoist Hippolyte se sert pour le numéro qu’il donne pour les Balconfinés, une initiative lancée par Drôldadon, mais aussi des instruments de jonglerie ainsi que des échasses de 1,80 mètre. Nous ne sommes que deux ou trois à en avoir au Québec, dit-il, ajoutant qu’il comptait sur ces échasses, compatibles avec les exigences de distanciation physique, pour décrocher des contrats cet été.

L’artiste de cirque s’est aussi fait subtiliser un costume de plus de quatre mètres de long et d’une valeur de 2500 $ spécialement conçu pour être enfilé par-dessus les échasses, un mât chinois portatif de cinq mètres quasiment unique au Québec, et son premier diabolo, qu’il a eu à l’âge de 12 ans. C’est ce diabolo qui m’a donné envie de faire du cirque, raconte celui qui a aujourd’hui 35 ans.

Du matériel nécessaire à son travail

Ce vol survient alors que la compagnie Drôldadon est la seule à l’employer présentement, les spectacles de cirque étant paralysés depuis plus de trois mois en raison de la crise de la COVID-19. Ma prochaine date de spectacle est prévue pour mars 2021 en Corée du Sud, explique Benoist Hippolyte, qui était en tournée en Finlande lorsque le confinement a été décrété en mars.

Ses collègues et lui ont également imaginé des animations vélo-clown offertes bénévolement par son groupe dans les parcs et sur les pistes cyclables de Montréal.

Heureusement, cet artiste multidisciplinaire avait d’autres cordes à son arc pour apporter du bonheur aux personnes de deux résidences de Montréal devant lesquelles il s'est produit mardi. Un vieux monsieur m’a même prêté une marchette qu’il n’utilisait pas pour que je fasse mon numéro, se réjouit-il.

Un clown fait un saut dans les airs en appuyant ses mains sur une marchette.

L'artiste de cirque utilisait notamment une marchette lors de ses performances devant les balcons de personnes âgées confinées.

Photo : Facebook / Benoist Hippolyte

Les accessoires de cirque dérobés à Benoist Hippolyte se trouvaient dans sa voiture, stationnée devant chez lui à Montréal. Le jeune homme les avait laissés dans son véhicule le temps de faire de la place dans son appartement pour y ranger l’ensemble du matériel qu’il venait de déménager.

Pour pouvoir continuer à s’entraîner malgré l’arrêt des spectacles, Benoist Hippolyte avait pu bénéficier d’un local prêté par un ami. Ce dernier devant récupérer cette pièce, le circassien a dû déplacer son encombrant matériel et en a donc laissé une partie, pour une nuit, dans sa voiture qui a été emportée par des voleurs.

S’entraîner et entreposer son matériel malgré la COVID-19

Au-delà de la malchance dont a été victime Benoist Hippolyte, cet incident illustre le problème, pour les artistes de cirque, de l’entreposage de leurs accessoires, qui est exacerbé en cette période de pandémie.

Quand ils ne peuvent pas garder leur matériel chez eux, ils le laissent dans les salles où ils répètent et où ils s’entraînent, explique-t-il. Or, c’est compliqué de trouver des lieux pour s’entraîner depuis trois mois.

Benoist Hippolyte pensait être assuré, le concessionnaire automobile lui ayant affirmé que le transfert d’assurance entre son ancienne voiture revendue à ce même concessionnaire et sa nouvelle Dodge avait été effectué. Toutefois, il a appris mardi que sa minifourgonnette n’était pas couverte en raison d’un problème de communication entre lui, le concessionnaire et sa compagnie d’assurances. Demain, je dois continuer de faire rire les gens alors que je veux juste pleurer, dit-il.

Un appel à la solidarité

Sous le message publié sur Facebook par l’artiste et relayé plus de 1500 fois, des personnes lui ont suggéré de lancer une cagnotte en ligne. Je suis gêné de demander de l’argent aux gens, car ce n’est facile pour personne en ce moment, admet-il.

Afin de pouvoir continuer à travailler, il s’est pourtant résolu à lancer une collecte de fonds sur le site GoFundMe (Nouvelle fenêtre). En échange, je promets de continuer de faire rire le monde partout au Québec, dans les salles, la rue, les CHSLD, et ce, jusqu’à mes 97 ans!

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