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Des familles expulsées de chez elles n'arrivent pas à se loger

Un homme lors d’un déménagement à Montréal.

Un homme porte un miroir et des pieds de table lors d’un déménagement.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Évictions, logements inabordables, vulnérabilité sanitaire... Ce 1er juillet rime avec inquiets pour plus de 125 familles montréalaises expulsées de chez elles, malgré le contexte exceptionnel de pandémie.

À l’aube de sa retraite, Bastien Gilbert fait partie des premiers expulsés en temps de coronavirus. Il a beau avoir contesté la reprise de son logement sur le Plateau-Mont-Royal par son propriétaire, il n’a pas obtenu gain de cause.

Pire, déplore-t-il : l’avis d’expulsion de la Régie du logement est arrivé seulement trois semaines avant la date fatidique du 1er juillet. Le jugement est arrivé le 8 juin dernier et on m'a annoncé que je devais quitter mon logement le 1er juillet, mais en raison de la pandémie, la sentence est suivie d'effet uniquement le 20 juillet, raconte le locataire éconduit.

En entrevue à l’émission Tout un matin, Bastien Gilbert partage sa consternation et son désarroi : pour retrouver un logement abordable, il devra renoncer aux environs du parc La Fontaine et élargir son périmètre de recherche à des secteurs moins désirables à ses yeux.

Les prix ont considérablement augmenté, constate-t-il. Ce que je paye ici et ce qu'on m'offre désormais à ce prix-là, c'est pas joli à voir.

Un locataire doit-il quitter son adresse à la fin de son bail s’il n’a rien trouvé d’autre, faute d’avoir pu visiter des logements en raison de la pandémie? Sur ce point, la Régie du logement est formelle : Le bail étant résilié par la transmission au locateur d’un avis de non-reconduction, le locataire doit quitter les lieux.

Une exception est toutefois accordée aux locataires ayant reçu une ordonnance de confinement.

Concours de mauvaises circonstances

Le marché locatif offre moins de choix au prospecteur, cette année : à Montréal, le taux d'inoccupation reste très bas, à 1,5 % tandis que la moyenne s’élève à 1,8 % au Québec. Du jamais vu en 15 ans, commente Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec RCLALQ.

À l'émission du 15-18, il explique que la pandémie est arrivée au pire moment, à la mi-mars, celui des renouvellements des baux, quand les locataires avisent s’ils quittent ou demeurent dans leur logement. À ce moment-là, beaucoup avaient déjà indiqué aux propriétaires qu’ils quittaient.

Le porte-parole du RCLALQ observe une nouvelle forme de discrimination qui s’étend des plus vulnérables jusqu'aux classes moyennes, visant des gens qui ont perdu leurs revenus, en raison de la pandémie.

La fin du gel des évictions au printemps et la levée du moratoire sur les évictions les 6 et 20 juillet prochain lui font craindre une hausse du nombre de locataires sans toit. Il y a beaucoup de personnes seules, à la recherche de petits logements, qui sont souvent très chers, observe-t-il.

Les prix demandés pour un logement à Montréal sont actuellement de 30 % supérieurs au loyer moyen, selon une étude du RCLALQ publiée la semaine dernière. Le regroupement a épluché 61 985 petites annonces et les a comparées avec les données de la Société canadienne d’hypothèque et de logements (SCHL) de l’automne dernier.

Les ressources ont été débloquées trop tard et les hébergements d’urgence temporaires restent une solution non pérenne, déplore-t-il.

La solution? Mieux encadrer le marché du logement privé et développer les logements sociaux, fait valoir M. Roy-Allard.

La ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, Andrée Laforest, reste confiante : Tous les directeurs des Offices d'habitation m'ont vraiment rassurée en disant qu'ils étaient convaincus qu'ils allaient trouver un logement pour tout le monde, dit-elle. Elle souligne que le gouvernement a pris toutes les mesures tout en convenant qu'il y a un manque à combler de logements abordables.

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