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Deux fois plus de raisons de fêter pour les Burundais du Canada

Des athlètes défilent en jouant des percussions

Des membres de la délégation du Burundi à la cérémonie d'ouverture des Jeux de la francophonie à Ottawa en 2001

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Le Burundi célèbre aujourd’hui l’anniversaire de son accession à l'indépendance, le même jour que la fête du Canada. Cette coïncidence réjouit le Canadien d’origine burundaise, Albert Saba.

Pour moi un, Canado-Burundais, cette double célébration est une grande joie, car on fête cette nouvelle culture, cette nouvelle société dans laquelle nous grandissons, évoluons et nous nous épanouissons sans oublier la patrie d’origine qui nous a vus naître.

Albert Saba, Windsorois d’origine burundaise

Monsieur Saba est né plusieurs années après la décolonisation du Burundi contrairement à Zénon Nicayenzi. Le Torontois était présent dans la capitale burundaise le 1er juillet 1962.

Âgé de 28 ans à l'époque, il se souvient de ce dimanche comme si c'était hier. Il est le tout premier ministre de la Défense du Burundi.

Zénon Nicayenzi

Zénon Nicayenzi était ministre de la Défense du Burundi jusqu'en 1963

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

Voici, voici, le drapeau belge qui descend au rythme de la Brabançonne [l’hymne national belge]...Et voilà, voilà le drapeau burundais qui monte.

Zénon Nicayenzi, ancien ministre burundais de la Défense.

C’est en ces termes qu’il s’exprimait à la fois en français et en langue kirundi à la Radio Burundi au moment de la passation du pouvoir de la Belgique aux autorités du Burundi.

Ce moment est inoubliable pour lui. Quand j’ai entendu la chorale du grand séminaire de Burasira chanter pour la première fois l’hymne du Burundi indépendant, j’ai pleuré. C'était tellement beau et si magnifique, se souvient l’homme de 86 ans.

Avant son accession à l'indépendance, le Royaume du Burundi n'avait pas d’armée. C’est la Force publique qui exerçait des fonctions de police au Congo belge jusqu’à la nomination de M. Nicayenzi. J'ai vu naître l’armée burundaise. C’est moi qui ai eu l’immense honneur de la créer à partir de rien, martèle-t-il.

Le 1er juillet est aussi un jour de grands changements pour le Burundi : Usumbura, la capitale, devient Bujumbura et le pays devient une monarchie constitutionnelle.

Ce même jour, la Belgique octroie également l'indépendance au Rwanda. Depuis 1925, le pays formait avec le Burundi le territoire du Ruanda-Urundi avec Usumbura comme capitale. Le territoire constituait jusqu’en 1962 la septième province du Congo belge.

Quel héritage 58 ans après ?

Pierre Nkurunziza en entrevue.

L'ancien président burundais Pierre Nkurunziza est mort en juin 2020. Il dirigeait le Burundi depuis 2005.

Photo : Reuters / Evrard Ngendakumana

Depuis son indépendance, le Burundi a connu 4 coups d’État. C’est également dans un contexte de crise que le nouveau président élu a pris le pouvoir le 18 juin. Evariste Ndayishimiye a succédé à Pierre Nkurunziza, mort après 15 ans de règne.

Sa volonté à briguer un troisième mandat en 2015 avait plongé le Burundi dans la violence et avait provoqué le départ en exil de milliers des citoyens.

Plusieurs quittent toujours le pays. Entre janvier et mars 2020, plus de 200 Burundais ont présenté une demande d’asile au Canada, selon le site de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada. Pour la même période, le Burundi est le premier pays de provenance de demandeurs d’asile venant de l’Afrique centrale.

Parmi les réfugiés et demandeurs d’asile burundais, plusieurs ont a fui des conflits ethniques, principalement entre Tutsis et Hutus.

Zénon Nicayenzi déplore cette situation qu’il qualifie de régression car, selon lui, les Burundais ont perdu ce qui faisait leur force.

Nous avons perdu le sens du bien commun. Le membre de la justice, le membre des forces de l’ordre est plutôt autre chose que Burundais. Il est devenu Hutu, il est devenu Tutsi.

Zénon Nicayenzi

Il appelle la jeune génération à privilégier l’intérêt national. Le bien commun doit dans tous les cas de figure passer avant le bien individuel et le bien tribal, interpelle-t-il.

Albert Saba émet le même vœu. Il regrette que l'indépendance n’ait pas permis de réconcilier définitivement le peuple et la nation.

Monsieur Saba se félicite cependant du progrès réalisé par son pays en termes de formation et d'éducation en 58 ans.

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