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COVID-19 : consommation d’alcool à la hausse à Iqaluit

Elle a grimpé d'environ 18 % entre les mois de mars et d'avril.

Une vue des bâtiments de ville d'Iqaluit depuis une colline environnante

Les habitants d'Iqaluit ont augmenté leur consommation d'alcool durant la pandémie.

Photo : CBC / Sara Frizzell

Comme bien d’autres au Canada, les habitants d’Iqaluit ont accru leur consommation d’alcool durant la crise sanitaire, relève la Société des alcools et du cannabis du Nunavut (SACN).

Entre les mois de mars et de mai, soit durant le nerf de la pandémie, le magasin d’alcool d’Iqaluit a vendu 328 610 litres d’alcool, ce qui représente une hausse de 11 % par rapport à la même période, en 2019.

C’est plus précisément entre les mois de mars et d’avril que la consommation a connu le bond le plus significatif, note le ministère territorial des Finances, qui administre la SACN. Durant cette période, la consommation a grimpé d'environ 18 %.

Le maire d’Iqaluit, Kenny Bell, est peu surpris : Depuis les trois derniers mois, la vaste majorité des résidents d’Iqaluit ne travaillent pas ou travaillent de chez eux. Contraints de s’isoler à la maison, de nombreux habitants ont donc senti le besoin de boire davantage d’alcool.

À l’échelle nationale, Statistique Canada a aussi relevé que la pandémie avait entraîné une hausse de la consommation d’alcool dans la population canadienne, tout en augmentant leur niveau d’anxiété.

J’ai bon espoir que tout va revenir à la normale lorsque [la pandémie] sera passée.

Kenny Bell, maire d’Iqaluit
Le maire d'Iqaluit, Kenny Bell.

Kenny Bell se dit peu préoccupé par la hausse de la consommation d'alcool à Iqaluit durant la pandémie. Il s'attend plutôt à un retour à la normale.

Photo : CBC / David Gunn

Plus grand volume d’appels à la police

À Iqaluit, cette tendance à la hausse s’est aussi traduite par un plus fort volume d’appels à la police liés à la consommation d’alcool.

Durant un conseil municipal, à la fin du mois de mai, le chef du détachement d’Iqaluit de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Garfield Elliott, a dit que 92 % de tous les appels reçus au mois d’avril concernaient de l’alcool. La moyenne des 32 derniers mois était d’environ 72 %.

Cela fait deux ans que je travaille ici et je n’ai jamais vu cela , avait-il affirmé devant les conseillers municipaux.

Kenny Bell se veut toutefois rassurant : Bon nombre des crimes liés à l’alcool sont d’une faible gravité, comme la consommation d’alcool sur la voie publique ou le vandalisme.

Je crois qu’il faut se rappeler une chose : même si le taux de crime demeure élevé, [Iqaluit] n’est pas un endroit dangereux.

Kenny Bell, maire d’Iqaluit
Le bureau de la Gendarmerie royale du Canada à Iqaluit, au Nunavut.

Le détachement de la Gendarmerie royale du Canada à Iqaluit a reçu un volume considérable d'appels impliquant de l'alcool durant la pandémie. En mars, ils représentaient 85 % de tous les appels.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Limiter la quantité importée de spiritueux

Iqaluit est la seule communauté du territoire à disposer d’un magasin d’alcool. On peut s’y procurer du vin, de la bière, du cidre et des panachés, en quantité limitée.

Comme l’établissement n’offre pas de spiritueux, les personnes qui souhaitent en consommer doivent s’approvisionner à l’extérieur du territoire, après l’obtention d’un permis d’importation auprès de la SACN.

Cette dernière n’impose toutefois aucune limite sur la quantité d’alcool importée depuis l’extérieur du Nunavut.

Si je le souhaite, je peux me commander 1000 bouteilles [de spiritueux] aujourd’hui, dit Kenny Bell. Il n’y a aucune limite. Tout ce qu’il reste à faire, c’est d’attendre que la commande soit livrée.

La façade extérieure du magasin de bière et de vin d'Iqaluit, au Nunavut.

Le magasin de bière et de vin d'Iqaluit - le seul au territoire - ne vend pas de spiritueux.

Photo : CBC / Jackie Mckay

Il affirme que l’absence de réglementation pour les spiritueux constitue une zone grise qui encourage le commerce illicite. C’est un grand problème ici, poursuit-il.

Les arrestations liées à la vente d’alcool de contrebande sont fréquentes au territoire. Le 25 juin, la GRC a procédé à l’arrestation d’un homme à Iqaluit, après avoir saisi 21 bouteilles de spiritueux.

Vendredi, lors d’une réunion de son conseil d’administration, l’Association des municipalités a adopté une résolution demandant au gouvernement territorial de resserrer sa réglementation en matière d’importation d’alcool, notamment en établissant une quantité maximale de spiritueux.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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